Stavros Stamatiou est un photographe grec, il pratique la photographie de rue et de paysage depuis près de 30 ans. Dans sa série « Black and White Streets » ses photographies sont en noir et blanc, empreintes d’un fort contraste et caractérisées par un travail sur les ombres et la lumière, avec des silhouettes, des impressions fugitives ainsi qu’un oeil pour le détail. Stavros Stamatiou capture les images comme il voit le monde, il s’en sert pour parler de lui-même et communiquer sa vision, ses rêves et ses cauchemars.

Découvrez notre interview.

© Stavros Stamatiou

Avant tout peux tu te présenter ? Qui es-tu et d’où viens-tu ?

Je suis professeur d’école primaire et passionné de photographie. Je vis actuellement à Peraia, un quartier de Thessaloniki en Grèce.

Tu pratiques la photographie depuis 30 ans maintenant, comment as-tu commencé ? Quel est ton parcours et quelles ont été les étapes importantes de ton apprentissage ?

J’ai toujours pensé la photographie comme un moyen fort de préserver la mémoire. J’aimais la littérature et les arts visuels, alors l’Histoire de l’art est devenu mon sujet favori. Mais la flamme qui a allumé ma passion pour la photographie a été une rétrospective de Andre Kertész. Finalement, j’ai étudié le travail de beaucoup de grands photographes et j’ai assisté à des séminaires et des workshops sur la photographie d’art. En même temps je pratiquais la photo sur une base quasi-quotidienne. Tout au long des six dernières années, j’ai tenu un blog sur lequel je publiais une photo par jour, comme une sorte de journal photographique.

© Stavros Stamatiou

Tu fais à la fois de la photographie de rue et de paysage. Pourquoi t’être tourné vers ces spécialités ?

Les genres ne sont pas important pour moi. Je vois la photographie comme un moyen de parler de moi-même, peu importe ce que peut être le sujet. Je prends des fragments de la réalité pour construire mon cosmos personnel. J’ai longtemps pensé que seulement la photographie de rue en valait la peine mais à présent je ne me mets plus de barrières. Que ce soit de la photographie de rue ou des mises en scène, mes photos parlent toujours de moi. La seule restriction personnelle que je m’impose est de ne pas altérer mes images. Je trouve plus créatif et plus fun de prendre une photographie pure, directement sortie de l’appareil.

Comment se porte la photographie en Grèce ?

Il y a un grand intérêt en Grèce pour la photographie d’art. Il me semble que le niveau est plutôt haut dans beaucoup de genres de photographie. Du coup, c’est un plaisir pour moi de rencontrer des gens qui ont la même passion, de partager des connaissances et d’échanger sur des idées. C’est inspirant de beaucoup de façons.

© Stavros Stamatiou

Dans ta série « Black and White Streets », tu travailles beaucoup sur les détails et les ombres. Ca recrée presque un monde différent, plus poétique et mystérieux. Est-ce que c’est ton but ?

J’appréhende la photographie comme une sorte de poésie visuelle. C’est la relation de base que j’entretiens avec la photo. Et cette approche fonctionne avec les arts en général : littérature, cinéma, ou peinture. Ils ont tous modelé ma vision et se reflètent dans mon travail.

Pourquoi avoir choisis de travailler en noir et blanc pour réaliser la série Black and White streets ?

Parce que le noir et blanc est souvent la couleur la plus appropriée au genre de photographie que j’aime faire. Ca me permet d’utiliser la réalité comme un prétexte.

© Stavros Stamatiou

© Stavros Stamatiou

Tu travailles à la fois en couleur et en Noir et Blanc, quel procédé préfères-tu finalement ?

J’aime travailler les deux. C’est le sujet en lui-même qui m’impose le procédé à utiliser. Avec un appareil photo numérique, je shoote toujours en couleur. Dans certaines de mes séries, la couleur est essentielle, alors je la garde. Dans d’autres, je dois convertir les photos en noir et blanc pour représenter ce que j’avais en tête à l’origine.

Quels sont tes sujets de prédilection ?

Ce sont les animaux et les arbres qui m’attirent principalement. Mais la chose la plus importante, pour n’importe quelle occasion, c’est la lumière qui « tourne l’ordinaire en magique » comme l’a dit Trent Parke. Sous la lumière appropriée, tout devient un sujet intéressant à shooter.

© Stavros Stamatiou

© Stavros Stamatiou

Quels sont les autres thèmes que tu aimerais explorer ?

Quand le temps sera venu, j’aimerais expérimenter le portrait.

Quelle est ton approche de la photographie de rue ? Comment procèdes-tu pour capturer les scènes du quotidien avec ce point de vue personnel ?

Je garde les yeux ouverts et transporte ma caméra quelque soit l’endroit où j’aille. Quand je trouve un sujet intéressant, et si la lumière est bonne, je prend directement une photographie ou j’attends jusqu’à ce que quelque chose d’intéressant se produise. Les fois où je me retrouve dans un endroit où l’action a déjà commencé, j’essaie de trouver le meilleur point de vue, en donnant toujours une importance à la lumière et à l’arrière plan.

Quel matériel utilises-tu ?

La plupart des photos de cette série sont prises avec le Pentax K10d et le K30. En ce moment je me sers du Sony A6000. J’utilise des optiques avec zoom pour ne pas avoir à porter un sac encombrant, mais la plupart du temps — surtout quand je fais de la streetphotographie — j’utilise un objectif grand-angle (souvent un 27 mm).

© Stavros Stamatiou

Quels seraient tes conseils pour les débutants en photographie de rue ?

D’être sincère et d’avoir l’intention de dire quelque chose. La photographie de rue de nos jours est pleine de mauvaises et fades imitations, d’images superficielles. Un débutant qui souhaite faire de la photographie de rue doit développer sa personnalité et ses esthétiques en étudiant, pas seulement la photographie mais tous les aspects de la culture et des arts. Et, bien sûr, je lui conseillerais d’être très présent sur le terrain à prendre des photos.

As-tu une anecdote sur une de tes photos à nous raconter ?

Je peux vous dire quelques mots sur la photographie des danseurs. Elle vient d’une série sur laquelle j’ai travaillé dans le passé alors que j’accompagnais ma fille, qui est une jeune danseuse athlétique, aux évènements « DanceSport ». Nous avons passé de nombreuses heures là-bas, j’ai donc eu la chance de pouvoir explorer par le biais de la photographie ce groupe spécial de personnes, en capturant des moments de leurs activités en coulisses.

© Stavros Stamatiou

Quels sont tes projets pour le futur ?

J’ai quelques expositions à venir et je travaille sur un livre rassemblant mes séries qui s’intitulera « A raven’s dream ».

Le mot de la fin ?

La photographie, comme tout art, requiert de l’engagement. Le talent est utile, mais ce n’est pas assez. Il faut être passionné et travailler dur pour en tirer le maximum.

Merci à Stavros Stamatiou d’avoir répondu à nos questions. Vous pouvez retrouvez son travail sur son site.