Pour sa série « Visible/Invisible, les 10 000 esprits », Flore-Aël Surun est partie en Corée du Sud afin d’y photographier les rites chamaniques dans le cadre du projet Korea On/Off lancé par Tendance Floue en 2015. La série est exposée au festival Chroniques Nomades jusqu’au 17 décembre 2017.

Naerim gut. Rituel d’initiation d’un jeune chamane, Jo Chan Ik.
Séoul, Corée du Sud  © Flore-Aël Surun

Pour photographier ces rites de transe spectaculaires, la photographe a mis la technique au service de l’imaginaire. Fascinée par la lumière des esprits, elle y photographie des chamanes dits « Mudangs » (le chamane) pendant qu’ils communiquent avec les esprits. Si elle met en image le caractère spectaculaire des rituels durant lesquels les chamanes entrent en transe, la photographe s’interroge également sur l’univers invisible auquel ils ont accès.

Flore-Aël Surun, se caractérise comme une photographe des « sur-vivants ». Depuis 2002, elle a travaillé sur un projet documentaire sur la paix dans le monde en photographiant l’adolescence de Bucarest, la jeunesse à Pékin, les Tibétains en exil, l’identité à travers la transexualité, les refuges canadiens de déserteurs américains, en passant par le village de « la Nouvelle Paix » en Israël, où cohabitent trois religions. Elle revient avec la série Visible/Invisible toujours aussi étonnante, et très visuelle, dans laquelle elle tente de représenter cet invisible « monde des esprits » avec lequel communiquent les chamanes.

Portrait d’un chamane du groupe Jamsutgut.
Region de Gimnyeong.Ile de Jeju.
Corée du Sud. © Flore-Aël Surun

Si la photographe néerlandaise Desiree Dolron avait retranscrit cette dimension en utilisant le noir et blanc et en étant très proche des pèlerins fanatiques qu’elle photographiait, Flore-Aël Surun a choisi de représenter l’envers du décor. En utilisant des procédés photographiques, comme la pose longue, le light painting ou encore le flou de bougé, elle met la technique au service de cet invisible spirituel.

Portrait des aides de la chamane Soonshil SUH, la mudang principale du groupe Jamsutgut.
Region de Gimnyeong.Ile de Jeju.
Corée du Sud  © Flore-Aël Surun

En apposant un filtre sur lequel elle dessine les contours du monde réel, la photographe française établi une limite entre mondes réels et irréels. Utilisant un contraste affirmé, elle joue sur le clair/obscur, la pose longue qui décompose les mouvements et sur une lumière très blanche presque mystique.

Naerim gut. Rituel d’initiation d’un jeune chamane, Jo Chan Ik.
Séoul, Corée du Sud  © Flore-Aël Surun

Flore-Aël Surun crée une dimension imaginaire qui interroge l’invisible. Fantômatiques, ses photographies mêlent l’imaginaire au visible. L’image est travaillée et réfléchie à la croisée du documentaire, de la recherche artistique et de l’abstraction.

Pour découvrir les travaux de la photographe du collectif Tendance Floue, vous pouvez visiter sa page.