Tirant sur la fin de l’entre-deux-tours, cette semaine se place sous le signe de la politique, et plus spécifiquement de la photographie politique. Cette spécialité dans le monde de la photo a connu une évolution certaine qui a modifié les règles du jeu. Car, bien que les photos des hommes et femmes politiques, sinon mises en scène, sont soumises à des stratégies de communication, il était plus simple pour les photographes avant les années 2000 d’obtenir des images plus quotidiennes, moins segmentées.

© Séverine Courbe

© Séverine Courbe

Dans la nouvelle réédition du livre John F. Kennedy édité chez Taschen et consacré à la campagne de 1960 et à la vie électorale du plus jeune président américain, les photos officielles se mêlent aux photos de « backstage », moins formelles. Ces dernières participent toujours de la stratégie de communication, mais sont plus capturées sur le vif, chez lui, dans un cadre plus intime ou d’un point de vue non imposé par une équipe de communication.

Mais l’analyse des photos de presse réalisées dans le cadre de notre campagne électorale actuelle pour la présidence de la République qu’en a fait le magazine Polka met en lumière les mutations du monde de la photographie politique. Dans deux articles, l’un dédié à Emmanuel Macron, l’autre à Marine Le Pen, les photographes de presse partagent leur avis et impressions sur la couverture médiatique de la campagne, extrêmement encadrée selon eux.

© Philippe Wojazer

© Philippe Wojazer

Ils expliquent ainsi que peu de candidats étaient facilement accessibles et qu’ils devaient se cantonner aux zones restreintes réservées à la presse lors des meetings, ce qui limite leur liberté de mouvement et standardise les prises de vues qui ne peuvent être qu’identiques. Cette campagne étant très balisée, peu de photographes politiques ont pu capturer les candidats ailleurs que dans des meetings et conférences officielles. Et même lorsque des photos à l’allure plus authentique, comme celle du couple Emmanuel-Brigitte en balade dans la campagne, sont prises, elles n’existent que parce que l’événement a été organisé par l’équipe de communicants et d’attachés de presse.

Si vous souhaitez en savoir plus, n’hésitez pas à lire les deux articles sur Polka, ici et .

Photo de couverture : © Eliot Blondet (via Polka)