Cinq26, la revue photo en ligne spécialisée dans le contenu audiovisuel sur le monde de la photographie et de l’image, propose en accès libre et gratuit la vidéo de l’interview du photographe politique français, Eric Franceschi. Sortie d’abord en 2012, cette vidéo a été remasterisée et est mise à disposition gratuitement jusqu’au dimanche 30 avril 2017 sur le site.

La vidéo est à visionner ici

Aujourd’hui Cinq26, qui partage des reportages, des documentaires et des interviews (comme celle sur le plus petit fabricant de pellicules que nous avions déjà partagée), recense 56 films qui abordent plus de 20 thèmes liés à la photo. Ces films sont accessibles si vous souscrivez à l’offre annuelle payante qui permet de soutenir les actions et les activités de la société.

Dans cette interview de 23 minutes, intitulée « Et puis s’en va », on (re)découvre le travail d’Eric Franceschi, ses conditions de métier de photographe politique des années 1980 jusque 2012, son regard unique, et surtout la réalisation de son livre photo, Et puis s’en vont… – photographies politiques.

© Eric Franceschi - Henri Emmanuel en 2005 lors de la campagne pour le non au référendum.

© Eric Franceschi – Henri Emmanuel en 2005 lors de la campagne pour le non au référendum.

Il compare les conditions de ce métier qui permettait à l’époque de capturer en photo des moments imprévus et moins mis en scène des politiques aux conditions actuelles plus contrôlées et aseptisées des photographes d’actualité. Un discours qui prend tout son sens dans notre contexte politique.

Eric Franceschi a ainsi couvert, en majeure partie pour le compte du quotidien Libération, toute l’actualité politique sur plusieurs décennies, en allant du Front national, bien présent dans les années 1980, aux Socialistes en passant par la Droite française. Il explique bien cependant avoir moins réalisé des « images d’information » que des images retranscrivant une ambiance et un point de vue.

© Eric Franceschi - Jean-Claude Gaudin, en meeting au Sofitel du Pharo, en 1982.

© Eric Franceschi – Jean-Claude Gaudin, en meeting au Sofitel du Pharo, en 1982.

Car, en effet, le photographe (ou photojournaliste) ne peut être neutre et détient forcément une opinion sur ce qu’il (et ceux qu’il) photographie, et qui peut transparaître dans ses images. Une idée à l’encontre de la neutralité journalistique mais qui a le mérite d’être plus réaliste et d’embrasser le concept de la multiplicité des opinions, qui tant qu’elles sont explicitement dévoilées et non pas cachées à demi-mot, fondent les principes de la liberté d’expression.

Son regard personnel sur la photographie politique l’amène à capturer les « à-côtés » des meetings et événements politiques plutôt que de se concentrer sur les hommes et femmes politiques uniquement. Que ce soit les partisans, le public, les passants, la rue… ou même le « rien », Eric Franceschi fait se chevaucher un arrière-plan et un premier plan riches en détail et anecdotes. L’intérêt devient un challenge puisqu’il le dit lui-même, il est plus difficile de « photographier le rien que quelque chose qui se passe […] le vide que le plein ».

© Eric Franceschi - Jean-Claude Gaudin lors d'un débat télévisé face à Gaston Defferre, avant le second tour des municipales de 1983.

© Eric Franceschi – Jean-Claude Gaudin lors d’un débat télévisé face à Gaston Defferre, avant le second tour des municipales de 1983.

Il explique aussi le travail de 6 mois nécessaire à la réalisation de son livre photo. Avec l’éditeur, il a ainsi sélectionné environ 200 photos à faire scanner et à convertir en noir et blanc pour celles qui étaient en couleur afin de donner une trame et une esthétique plus logique à l’ouvrage.

Il vous est possible de regarder cette interview jusqu’à ce dimanche 30 avril 2017 sur le site du Cinq26.