Après avoir réalisé un Mercredi Pratique sur comment photographier la boxe et les sports de combat, le photographe Guillaume Wilmin a couvert à nouveau King of the Ring, compétition de kick-boxing au complexe sportif Saint Symphorien à Longeville-lès-Metz. Il en a tiré un reportage photo axé sur l’humain qu’il partage avec nous aujourd’hui.

J’ai eu la chance de couvrir pour la seconde année consécutive le gala de Kick Boxing “King of the Ring”. Pour cette seconde participation j’ai décidé d’utiliser le même matériel que l’an passé, un boitier reflex Canon 5DS avec trois objectifs : Sigma 85mm F/1.4 Art, Canon 35mm F/1.4 L II et un 70-200mm 2.8 L II.

J’ai eu l’occasion d’accompagner les boxeurs à la pesée officielle ainsi que dans les vestiaires.

King of the Ring 2017 - © Guillaume Wilmin

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Le vestiaire est un lieu intime, les combattants s’y retrouvent pour s’y préparer physiquement et psychologiquement : une tension et une décontraction déconcertante y règnent.

King of the Ring 2017 - © Guillaume Wilmin

Pour ce qui est des réglages, voici mon setup :

  • priorité vitesse 1/1000s – 1/2000s
  • grande ouverture
  • sensibilité réglée en plage de 100-6400 en auto
  • exposition de -2IL avec une mesure moyenne à prépondérance centrale
King of the Ring 2017 - © Guillaume Wilmin

35mm f/1.4 Canon L II

King of the Ring 2017 - © Guillaume Wilmin

70-200mm f/2.8 Canon L II

Je ne vais pas vous inonder sur la technique, tout est dans le Mercredi Pratique #174, mais je vais plutôt m’attarder sur le travail du photographe et son intention.

Le matériel est une chose non négligeable, mais cela est loin de faire tout. Même si le Canon 5DS utilisé est d’une gamme professionnelle, il n’est pas adapté à ce type de prise de vue : les fichiers sont volumineux, la rafale faible et l’AF un peu mou comparé à des monoblocs. Néanmoins la liberté offerte par la définition me permet un recadrage très important.

King of the Ring 2017 - © Guillaume Wilmin

Afin de ne pas trop perdre en définition le capteur de 50 millions de pixels vient m’épauler. J’ai une vision très cinématographique de ce type d’événement donc le format 16:9 s’impose, avec un recadrage dans ces 50 Mpx.

King of the Ring 2017 - © Guillaume Wilmin

King of the Ring 2017 – © Guillaume Wilmin

Il est très important de comprendre l’influence de la technologie sur l’esthétisme de son image. On n’achète pas un boitier parce qu’il est performant, mais parce qu’il apporte une plus-value à son travail.

Mais toute la technologie de la terre ne remplacera jamais les rapports humains : les meilleurs reportages photographiques se sont faits en immersion ou sur des conflits armés, car le point commun est l’accès à des émotions brutes.

Il faut ainsi des mois voire des années pour se fondre dans un groupe de personnes avec son appareil photo.

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Eliyas Tepeli (organisateur et créateur de l’événement King of the Ring) m’a renouvelé sa confiance lors de cette édition. Avant cela, j’avais réalisé plusieurs projets photo dans leur salle d’entraînement pendant près d’un an.

King of the Ring 2017 - © Guillaume Wilmin

Au début, lorsque vous pointez votre objectif sous le nez d’un inconnu, la démarche est complexe pour lui comme pour vous. Le plus compliqué pour le photographe est de faire oublier cette machine paradoxale qu’est l’appareil photographique conçu pour capter des émotions et qui en même temps crée de la distance avec les personnes photographiées.

Un vidéaste de talent les suit depuis plusieurs années : Stéphane Benini, il n’hésite plus à coller son objectif 50mm à quelques centimètres de leur nez et là réside le travail du photoreporter : pouvoir coller son appareil à quelques centimètres du visage de quelqu’un, ne créer aucune interférence et capter des émotions brutes comme si l’appareil et le photographe étaient devenus invisibles.

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Robert Capa a dit : “Si vos photos ne sont pas assez bonnes, c’est que vous n’êtes pas assez près.” Je pense que cette citation devrait raisonner dans la tête de chaque photographe de reportage.

Parfois il est bon de poser son appareil, de parler avec les gens, de trouver une solution dans l’humain plutôt que dans la technologie.

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Je tiens à remercier Eliyas Tepeli ainsi que tous les combattants (Mehdi Bouanane, Mimoun Jazouli, James Benal, Amine Zitoune et tant d’autres) du Fight Club de Metz Borny et un remerciement tout particulier à Stéphane Benini pour être une source d’inspiration dans mon travail de photographe.

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Merci à Phototrend de me permettre de diffuser mon travail depuis plus d’un an.


Retrouvez toutes les photos de Guillaume Wilmin sur son site et sur Instagram.