Présenter de grands reportages photo au public via une plateforme de diffusion moderne et innovante, c’est ce que propose World Photo Report, lancé en début du mois après avoir réalisé une campagne KissKissBankBank.

Nous avons rencontré son co-fondateur, Vincenzo Corleto, durant le Salon de la Photo où World Photo Report (WPR) était présent. Derrière cette idée, une réelle volonté de partager des reportages photo professionnels comme nous vous l’avions présenté lors de la campagne KissKissBankBank.

Si la campagne n’a pas été un succès – seuls 54% des fonds de l’objectif de 25000€ ont été rassemblés – cela n’empêche pas World Photo Report d’avancer avec un lancement au début du mois.

Pour rappel, World Photo Report propose à la consultation de grands reportages photo qui marquent notre époque, aussi bien dans le passé avec des reportages historiques comme les premiers pas sur la Lune (1969, photos de l’AFP) ou le débarquement des alliés en Normandie photographiés par Robert Capa qu’au présent avec des sujets de photojournalistes contemporains.

Page d'accueil de World Photo Report

Page d’accueil de World Photo Report

6 reportages au lancement, des grands noms du photojournalisme

À son lancement, World Photo Report propose 6 reportages immédiatement accessibles :

  • Norilsk, ville polaire par Elena Chernyshova (reportage gratuit)
  • Kobané, à la frontière syrienne par Bülent Kiliç
  • Objectif Lune, AFP
  • Les pêcheurs acrobates, par Suteph Kritsanavarin (Cosmos)
  • Une rétrospective 2015 par les photographes de l’AFP
  • The Misfits, les coulisses du tournage du dernier film de Marilyn Monroe par Eve Arnold (Magnum)

Au fil du temps, de nouveaux reportages seront mis en ligne sur la plateforme : 4 nouveaux reportages par mois (1 par semaine) avec de grands noms comme Robert Capa, Steve McCurry, Kate Brooks, Christophe Calais, mais également des photojournalistes dont les sujets intéressent WPR.

Reportages au long cours

Sur World Photo Report, la décision a été prise de diffuser des reportages au long cours. « On est les seuls à raconter l’histoire avec une prise de recul et une narration dans le temps » explique fièrement Vincenzo Corleto. Sur WPR, il n’y a ainsi pas qu’une seule photo ou un bout de reportage, mais l’histoire complète. Avec ces reportages, WPR permet une « prise de recul pour une meilleure lecture des événements ». C’est par exemple le cas avec le reportage sur Kobané de Bülent Kiliç qui nous propose une lecture du conflit syrien jusqu’à la crise migratoire.

Photo plein écran d'un reportage

Photo plein écran d’un reportage

Chaque reportage est composé de 30 à 40 photos présentées en mode plein écran. L’architecture du site nous indique également que loin de se cantonner à une couverture de l’actualité chaude ou des grands sujets, World Photo Report souhaite s’ouvrir à de nombreuses thématiques : conflits, culture, histoire, nature, science, société et voyage.

Vue grille du reportage

Vue grille du reportage

À la consultation d’un reportage, il est possible de choisir si l’on souhaite avoir les légendes ou pas et lancer de manière automatique le défilement des images, à la manière d’un diaporama.

Page de texte à l'intérieur du reportage

Page de texte à l’intérieur du reportage

WPR est consultable sur ordinateur, tablette ou mobile, mais sans application dédiée. Il s’agit d’un site responsive qui s’adapte à toutes les tailles d’écran, à condition d’avoir une connexion Internet.

Une formule d’abonnement ou à la carte

Hormis un reportage gratuit permettant de découvrir la plateforme, World Photo Report est payant. Trois formules permettent d’en profiter :

  • le reportage à la carte : 1,99€ par reportage
  • l’abonnement classique sans engagement : 5,50€ par mois
  • l’abonnement premium d’un an 8,25€ par mois, engagement d’un an)

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Avec cette formule, World Photo Report se rapproche du modèle économique des plateformes de streaming audio comme Deezer ou Spotify, mais en l’appliquant au reportage photo. Chaque photojournaliste ou agence de presse sera ainsi rémunéré en fonction du nombre de personnes ayant visionné le reportage (nous n’avons pas de détails supplémentaires).

À noter que l’abonnement classique permet d’accéder aux reportages publiés durant le mois d’achat et non à l’ensemble des reportages publiés sur la plateforme. Une fois votre abonnement terminé, vous pourrez continuer à consulter les reportages pendant 30 jours.

Pour lutter contre le vol d’images, le site propose un outil intitulé « mon portfolio » et qui permet de sélectionner ses images préférées au sein d’un reportage afin de les conserver sur une page du site. Cela ne découragera sûrement pas toutes les personnes n’ayant aucun respect pour le droit d’auteur, mais c’est déjà une voix. On imagine également que par la suite cette sélection puisse permettre de commander facilement des tirages photo de ses photos préférées.

Notre avis sur World Photo Report

Disponible en français et en anglais, WPR est une nouvelle plateforme intéressante pour mettre en avant les photoreportages produits par les photojournalistes indépendants ou les agences de presse. À l’annonce, nous nous sommes posé la question de l’intérêt d’une telle plateforme face aux photos publiées dans la presse ou les médias spécialisés, mais World Photo Report apporte une seconde lecture de l’actualité complète et enrichissante.

La plateforme est fonctionnelle et simple d’usage et permet aux amoureux de reportages photo de supporter le métier via leur abonnement. Nous aimerions à ce sujet un peu plus de transparence sur la part reversée aux auteurs et journalistes, même s’il y a sûrement des accords différents selon les photographes et les reportages.

Sur mobile, une application mobile serait également la bienvenue afin de pouvoir consulter de manière hors ligne les reportages, mais cela viendra sûrement dans un second temps.

Pour en savoir plus, je vous invite à découvrir le site de World Photo Report.