Ce midi, en allant prendre sa pause déjeuner, Cal Redback – un nom d’emprunt – a remarqué de jolies plantes. Personne d’autre n’y a prêté attention. Mais Cal Redback, c’est un obsédé de l’arbuste, de la fougère, du buisson. À force de travailler sur sa série Treebeard, il regarde la nature autrement.

« Ça a changé mon regard sur ce qui m’entoure, sur les plantes. Avant je passais devant sans les regarder. Maintenant, j’imagine ce que je peux en faire. »

Treebeard, ce sont des photomontages réalisés sur Photoshop, qui font renouer l’homme avec la nature. Et le résultat est époustouflant de réalisme.

Crédits : Cal Redback

Crédits : Cal Redback

L’idée lui est venue en essayant de créer une double exposition.

« J’ai essayé sur Photoshop de fusionner des photos. » Une fusion entre les portraits de ses amis, et des clichés de plantes vertes. « Je trouvais ça beau, tout simplement. » Une alliance entre l’Homme et la nature, non seulement esthétique, mais pleine de symboles, dont il a parfaitement conscience.

« J’ai voulu faire un truc un peu dérangeant. »

Crédits : Cal Redback

Crédits : Cal Redback

À cheval entre le manual blending et la double exposition, les montages ont eu un succès dépassant tout ce qu’il avait imaginé.

« J’ai eu beaucoup de retours. Tous les jours, je vois que les gens likent mes photos, me demandent des interviews, et partagent mes photos sur leurs blogs. Je reçois aussi beaucoup de commentaires sur les réseaux sociaux. D’ailleurs des très bons comme des très mauvais. » Car si ses photos plaisent, elles peuvent aussi choquer. Cal Redback se rappelle avoir lu « beurk! C’est dégueulasse! ». Mais les réflexions comme celles-là, il les aime autant que les compliments. « Ça me plait de ne pas laisser indifférent. Dans tout le flux de photos qui circulent, si j’arrive à interpeller, je suis content. »

Alors il a décidé de continuer, et de publier d’autres montages sur le même principe. Aujourd’hui, 6 clichés font officiellement partie de la série Treebeard.

« Mais ça prend beaucoup de temps, ça demande un grand niveau de précision. »

Crédits : Cal Redback

Crédits : Cal Redback

Un travail de longue haleine

Cal Redback n’est pas photographe à plein temps, il ne fait cette série que par passion. Alors les soirs et les week-ends, il se consacre à un travail laborieux : trouver la bonne association entre le visage et la plante. « Toutes les plantes ne fonctionnent pas avec tous les visages. Il faut que la perspective soit la même, que la lumière soit la même, que l’angle soit bien choisi. » Alors il fait parfois trente ou quarante essais avec des plantes différentes avant de trouver celle qui conviendra réellement.

Crédits : Cal Redback

Crédits : Cal Redback

Si photographier ne lui prend qu’un petit quart d’heure, il passe plusieurs semaines sur Photoshop pour choisir la bonne plante à associer avec le portrait qu’il a fait.

« Une fois que j’ai décidé, ça prend entre 10 et 15 heures pour peaufiner les détails. »

Un travail fastidieux, puisqu’il réalise un montage précis, à la feuille près. Il se souvient encore de cette photo aux épines, une réalisation longue et compliquée.

Crédits : Cal Redback

Crédits : Cal Redback

Ce pro de Photoshop s’est lancé sur les réseaux sociaux il y a seulement trois ou quatre ans. Mais grâce à cette série, il a déjà réussi à exposer au Salon de la Photo à deux reprises.

Crédits : Cal Redback

Crédits : Cal Redback

Pour exposer dans une galerie, il faudrait au moins une dizaine de photos, alors qu’il n’en a que 6 pour l’instant. Mais Cal Redback ne compte pas s’arrêter là. Il est en train de finaliser deux nouveaux montages.

« J’ai le portrait, j’ai la plante, mais je ne suis pas sûr d’arriver au bout avec cette plante. Peut-être que je ne serai pas satisfait, et il faudra que je recommence tout depuis le début. »

Pour ne pas louper les deux prochaines publications de Cal Redback, suivez-le sur les réseaux sociaux, sur Facebook, sur Flickr, ou sur Behance.