Ces dernières années, chaque fois qu’Hasselblad sortait un nouveau boîtier, c’était la même chose. La marque, en grand manque d’innovation, se contentait de proposer un clone d’un appareil photo Sony sorti souvent un an plus tôt en misant uniquement sur une apparence luxueuse, avec à la clé un prix gonflé de plusieurs centaines ou milliers d’euros pour les mêmes fonctionnalités. Le dernier en date est le Hasselblad Lusso, une version modifiée du Sony A7R.

Perry Oosting - © DPReview

Perry Oosting – © DPReview

Heureusement, cette époque est révolue, si l’on en croit le PDG d’Hasseblad Perry Oosting dans une interview accordée au site DPReview. Ce dernier indique qu’Hasselblad va arrêter de redessiner des appareils photo existants et se concentrer sur une seule mission : se reconnecter avec les valeurs fondamentales et les forces d’Hasselblad qui ont fait son succès, comme « le design, la qualité optique, le logiciel et une manipulation intuitive ».

Ces produits réalisés en partenariat avec Sony et souvent proposés avec une poignée en bois proéminente, étaient initialement dédiés au marché asiatique. Ce marché réclamait ce genre d’appareils et Hasselblad a répondu à l’appel. Le Stellar, une version Hasselblad du Sony RX100 vendu plusieurs milliers d’euros s’est d’ailleurs très bien vendu en Asie. Mais la disponibilité de ces produits sur le marché mondial et lors de salons internationaux comme la Photokina a fait du mal à la marque en terme d’image.

Hasselblad Stellar

Hasselblad Stellar

Face à la montée des appareils photo plein format qui marchent de plus en plus sur les plates bandes du moyen format, Perry Oosting répond que « ce n’est pas parce qu’une voiture peut rouler à plus de 140 km/h que cela signifie que c’est une bonne voiture, ce sont juste des spécifications techniques ». Pour lui, l’important c’est la manière dont les différents éléments jouent ensemble, et le fait que les plus grands musées du monde utilisent Hasselblad montre qu’ils sont satisfaits de la qualité et des couleurs reproduites par Hasselblad. « La question que vous devez vous poser, c’est : comment est-ce que vos objectifs gèrent un capteur de 50 millions de pixels ? comment est votre logiciel et comment est votre ergonomie ? » indique le PDG d’Hasselblad.

Nous verrons de quoi le futur sera fait pour la société suédoise qui a également décidé de recentrer son design dans son pays d’origine pour les prochains produits.

Vous pouvez retrouver l’intégralité de l’interview sur le site DPReview.