Les images spectaculaires ramenées par l’équipage d’Artemis II ne doivent rien au hasard. Derrière les clichés de la Lune et de la Terre qui ont fasciné le monde entier, il y a un programme d’entraînement photographique rigoureux, piloté par deux formateurs de la NASA : Paul Reichert et Katrina Willoughby, tous deux diplômés du programme de sciences photographiques du Rochester Institute of Technology (RIT).
Dans un reportage publié par Reuters, les deux instructeurs reviennent sur la préparation de l’équipage avant le lancement du 1er avril, premier vol habité vers la Lune depuis plus d’un demi-siècle.

20h de formation photo pour les astronautes d’Artemis II
On pourrait penser que les astronautes sont des photographes professionnels, mais ce n’est pas le cas. La plupart d’entre eux ont très peu d’expérience en photographie à leur arrivée dans le programme.
Chaque nouvel astronaute reçoit une formation de base à la prise de vue en arrivant, mais une fois assigné à une mission, le programme passe à la vitesse supérieure. Avant le décollage, les astronautes ont reçu environ 20 heures de formation spécialisée en photo.

Car à la NASA, « assez bien » ne suffit pas. « La plupart des gens savent utiliser un appareil photo et obtenir une image correcte, mais « correct » n’est pas ce que nous recherchons d’un point de vue scientifique », explique Katrina Willoughby.
L’astronaute Victor Glover a aussi précisé que la préparation incluait des exercices grandeur nature dans une maquette de la capsule Orion, avec un globe lunaire gonflable suspendu dans l’obscurité. De quoi simuler au plus près les conditions de prise de vue dans l’espace.
Nikon D5, Z9 et iPhone 17 Pro Max
Le choix du matériel embarqué a beaucoup fait parler. L’appareil principal était un Nikon D5, un reflex lancé il y a dix ans, mais dont la fiabilité en environnement spatial est éprouvée.
« Nous avions une grande expérience de vol avec cet appareil. Nous savions qu’il pouvait supporter les radiations, au moins plusieurs années d’exposition sur l’ISS, sans aucun problème », confirme Paul Reichert. Ses excellentes performances en basse lumière constituaient un autre atout majeur pour photographier dans l’obscurité de l’espace.
L’équipage disposait également d’un Nikon Z9 hybride et de plusieurs objectifs (14-24 mm, 80-400 mm et un 35 mm). Surprise : les astronautes avaient également à leur disposition un iPhone 17 Pro Max.

Et contrairement aux missions Apollo, les astronautes d’Artemis II ont pu vérifier immédiatement leurs images sur l’écran de l’appareil, un luxe inaccessible à l’époque du film argentique où il fallait attendre le retour sur Terre pour développer les photos.
Des caméras GoPro ont aussi permis de diffuser des vidéos en direct, offrant au public une immersion en temps réel. Lors du survol lunaire du 6 avril, l’émotion était palpable dans les salles de contrôle de Houston. « L’excitation […], à mesure que les images arrivaient et étaient diffusées, c’était quelque chose. On était tous très enthousiastes », se souvient la formatrice.








