Interview Yoann Clemente (Wild-Forest) : trois semaines en affût hivernal pour filmer le renard roux

Photographe et vidéaste animalier basé dans le Vercors, Yoann Clemente publie aujourd’hui un nouveau film consacré au renard roux, tourné cet hiver dans les Alpes en trois semaines d’affût. L’occasion de revenir avec lui sur sa méthode, sa philosophie du terrain – et sur son passage à l’OM System OM-1 Mark II et les télézooms M.Zuiko PRO, qu’il a adopté pour une raison simple : peser moins lourd en montagne.

Quinze jours d’affût en plein hiver pour suivre le renard roux

Quinze jours sans voir un seul renard. Quinze jours d’affût, par -10°C, sous la neige et le vent des Alpes, avant que l’animal daigne enfin se montrer. C’est la réalité de la photographie animalière selon Yoann Clemente, alias Wild-Forest : une discipline qui exige tout, et qui ne garantit rien.

Cet hiver, cet ancien militaire des troupes de montagne a posé son affût dans les Alpes pour un nouveau projet : trois semaines à la recherche du renard roux, dissimulé derrière un filet de camouflage, par des températures descendant jusqu’à -10°C.

Pour ce tournage, il a troqué son Fujifilm X-H2S contre un OM System OM-1 Mark II couplé aux zooms M.Zuiko ED 50-200 mm f/2,8 IS PRO et M.Zuiko Digital ED 150-400 mm f/4,5 TC 1,25x IS PRO. Un changement de système dicté par une obsession : alléger le sac, sans sacrifier l’image. Il nous explique pourquoi.

L'HIVER DU RENARD - PHOTOGRAPHIE ANIMALIÈRE

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Tu publies aujourd’hui une vidéo tournée sur trois semaines d’affût hivernal dans les Alpes, à la recherche de renards. Qu’est-ce qui t’a donné envie de consacrer autant de temps à cet animal en particulier ?

C’est un animal que j’aime beaucoup. Je le trouve magnifique, très photogénique, autant par ses couleurs que par ses attitudes de prédateur.

Je le voyais régulièrement lorsque j’ai commencé la photographie animalière, mais je le vois malheureusement de moins en moins dans nos forêts ici, dans les Alpes.

Photo réalisée avec OM-1 Mark II + M.Zuiko Digital ED 150-400 mm f/4,5 TC 1,25x IS PRO à 400 mm

Considérés comme nuisibles, chaque année, plus de 500 000 renards sont abattus sur le territoire français. Cette vidéo, c’était une manière de lui redonner du temps et de la valeur. De lui rendre hommage, de montrer sa beauté, sa discrétion et sa place dans nos écosystèmes.

Photo réalisée avec OM-1 Mark II + M.Zuiko Digital ED 150-400 mm f/4,5 TC 1,25x IS PRO à 500 mm

Tu es passé de l’armée de terre à la photographie et au film animalier : est-ce que l’expérience militaire (patience, terrain, conditions extrêmes) t’a préparé à cette pratique plus que tu ne l’imaginais ?

Oui, clairement. À l’armée, j’ai été formé à l’art du camouflage. On utilisait d’ailleurs un moyen mnémotechnique : FOMECBLOT pour Fond/Forme, Ombre, Mouvement, Éclat, Couleur, Bruit, Lumière, Odeur, Traces. C’est quelque chose qui m’est resté et que j’utilise encore aujourd’hui dans mon quotidien de photographe animalier. Savoir se fondre dans l’environnement, maîtriser ses mouvements, anticiper ce que l’on renvoie visuellement et de manière sonore, c’est essentiel en affût.

Dans les troupes de montagne où j’ai servi, savoir lire une carte et se repérer de manière précise sur le terrain était indispensable, tout comme la préparation face aux éléments et aux climats parfois hostiles que l’on rencontre en altitude. Ce sont des situations que je retrouve aujourd’hui en tant que photographe animalier en montagne.

Mais la première chose qui me vient en tête, c’est le bivouac. Je prends énormément de plaisir à dormir dehors, et surtout à le faire sereinement. Je suis persuadé que les nombreux bivouacs réalisés à l’armée y sont pour beaucoup.

Dans la vidéo, on te voit pister des traces dans la neige avant de poser ton affût. À quel point le pistage est déterminant dans ta pratique. Est-ce que c’est ce qui fait la différence entre rentrer bredouille et vivre un moment fort ?

Oui, le pistage est déterminant. Le temps passé en amont sur le terrain, le repérage, l’analyse des traces, la lecture des indices est essentielle pour confirmer que l’espèce que l’on souhaite observer est bien présente dans le secteur. Connaître les zones de passage, les coulées, ces chemins que les animaux empruntent régulièrement, permet ensuite de se placer correctement, à bon vent, en affût, et de composer l’image que l’on a en tête avant même que l’animal n’apparaisse.

Mais même en prenant toutes ces précautions, on rentre souvent bredouille. Et c’est aussi ça, la réalité de la photographie animalière.

Tu rappelles souvent que « dans la photographie animalière, il n’y a pas de rendez-vous », et que 80 % des sorties ne donnent rien. Sur ces trois semaines, quel a été le ratio entre attente et moments de grâce ?

Oui, 80 % peut paraître énorme, mais c’est une réalité. Pour cette vidéo, j’ai passé trois semaines complètes sur le terrain, dehors chaque matin et chaque fin de journée. Pendant près de deux semaines, je n’ai fait aucune observation significative. Ce n’est qu’au bout de quinze jours que j’ai enfin aperçu les premiers renards. Et quelques jours plus tard seulement, j’ai réussi à réaliser mes premières images en affût.

Le ratio est donc très clair : énormément d’attente, de doutes parfois, et très peu de moments forts.

Tu as longtemps travaillé avec du matériel Nikon puis Fujifilm. Pour cette vidéo, tu as tourné intégralement en OM System : OM-1 Mark II avec les 50-200mm f/2,8 et 150-400mm f/4,5. Qu’est-ce qui a motivé ce changement de système ?

Cela fait plusieurs années que je cherche à alléger l’ensemble de mon matériel. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’avais quitté Nikon et mon 400 mm f/2,8 couplé à un Z7, pour passer chez Fujifilm avec un X-H2S associé au 200 mm f/2.

Le Fujifilm X-H2S est un boîtier extrêmement complet en vidéo, avec un suivi autofocus remarquable. Sur ce point, il était difficile à égaler. Mais avec le temps, l’enjeu principal est devenu le poids et l’encombrement. J’aime l’idée de pouvoir partir marcher toute une journée en montagne avec une longue focale sans que cela devienne une contrainte. C’est ce qui m’a poussé à passer chez OM System.

Photo réalisée avec OM-1 Mark II + M.Zuiko Digital ED 150-400 mm f/4,5 TC 1,25x IS PRO à 500 mm

Aujourd’hui, partir avec un OM-1 Mark II couplé au 50-200 mm f/2,8 me donne un ensemble boîtier-objectif équivalent à un 400 mm f/2,8 pour moins de 2 kg. On est très loin des 4,6 kg de mon ancien 400 mm Nikon, uniquement pour l’objectif.

J’ai aussi découvert que j’adorais travailler à très longue distance. Avec le 150-400 mm f/4,5 et son multiplicateur intégré, j’obtiens un équivalent 1000 mm. C’est un avantage indéniable en ornithologie, mais aussi pour minimiser mon impact sur la faune sauvage.

Photo réalisée avec OM-1 Mark II + M.Zuiko Digital ED 150-400 mm f/4,5 TC 1,25x IS PRO à 500 mm

Comment s’articule le choix entre les deux zooms sur le terrain ? Tu pars systématiquement avec les deux ou tu décides en fonction de la sortie et du sujet ?

Pour moi, le choix est assez simple. Je privilégie le 50-200 mm f/2,8 dans les situations où la lumière vient à manquer : en affût tôt le matin ou tard le soir, par exemple au terrier de blaireau. Son ouverture me permet de conserver de la vitesse et de la qualité d’image dans des conditions difficiles. Ou bien, je l’utilise lorsque la sortie implique beaucoup de marche et que je dois optimiser le poids et l’encombrement de mon sac.

Photo réalisée avec OM-1 Mark II + M.Zuiko ED 50-200 mm f/2,8 IS PRO à 200 mm

Pour la plupart des autres situations, je privilégie le 150-400 mm f/4,5. Il me permet de travailler à grande distance, notamment pour photographier les vautours ou lorsque je veux rester très loin de l’animal, comme au terrier de renard lorsqu’il y a des petits. Cela réduit considérablement le risque de dérangement.

En réalité, je ne pars pas systématiquement avec les deux : je décide en fonction du sujet, du terrain et de l’intention de la sortie.

Concrètement, en termes de poids de sac et d’encombrement, ça représente quoi comme différence ?

Si je reprends l’exemple du matériel Nikon que j’utilisais il y a quatre ou cinq ans, les calculs sont simples : Nikon Z7 + 400 mm f/2,8, c’est environ 5,3 kg. Mais pour obtenir des images stables en vidéo, je devais systématiquement ajouter un trépied avec tête pendulaire, soit environ 3 kg supplémentaires. On arrivait donc à un ensemble de 8,3 kg.

Aujourd’hui, un OM-1 Mark II couplé au 50-200 mm f/2,8 représente environ 1,8 kg. L’ensemble est si léger, et la stabilisation si efficace, que le trépied n’est plus indispensable dans beaucoup de situations. On parle donc d’une différence d’environ 6,5 kg dans le sac à dos.

En montagne, ce n’est pas anodin : cela change la manière de se déplacer, la fatigue en fin de journée, et même les décisions que l’on prend sur le terrain.

En termes d’encombrement, le 400 mm Nikon mesurait environ 36 cm de long sans pare-soleil. Le 50-200 mm d’OM System mesure environ 22 cm, et sa longueur ne change pas du passage de 50 à 200 mm puisque le zoom est interne. Là aussi, la différence est considérable.

Pour ton tournage, tu as été sous la neige et sous la pluie et tu ne sembles pas avoir protégé l’appareil. Comment le matériel a tenu dans ces conditions ? Des surprises, bonnes ou mauvaises ?

C’est vrai que je n’ai pas ménagé mon matériel pendant le tournage. Mais pour moi, il est essentiel de pouvoir me concentrer pleinement sur l’image, sans me demander en permanence si je peux sortir l’appareil à cause de la météo ou si je dois installer une protection.

Je travaille souvent sous la neige, sous la pluie, parfois dans des conditions assez rudes. La marque annonce une certification IP53 sur une grande partie de son matériel, notamment sur l’OM-1 Mark II et certaines optiques. J’ai donc choisi de leur faire confiance sur ce point, et sur le terrain, cela s’est confirmé. Aucune mauvaise surprise. Au contraire, cette tranquillité d’esprit me permet de rester concentré sur le moment.

Après le loup, le renard… quel sera le prochain sujet, la prochaine quête ?

J’aimerais pouvoir répondre, mais c’est encore un peu tôt ! Ce que je peux dire, en revanche, c’est qu’il y a déjà une nouvelle idée en préparation. Une nouvelle quête qui me tient à cœur… et qui demandera, une fois encore, du temps et de la patience.

Photo réalisée avec OM-1 Mark II + M.Zuiko Digital ED 150-400 mm f/4,5 TC 1,25x IS PRO à 400 mm

Si tu devais résumer en une phrase ce que tu cherches à transmettre à travers tes films et tes images, ce serait quoi ?

En général, je termine mes vidéos par cette phrase : « Prenez soin de vous et de la nature qui vous entoure ».

Pour moi, cela résume tout : profiter des forêts et des grands espaces que nous avons en France et en Europe, tout en gardant à l’esprit que chaque observation, chaque image ne doit jamais se faire au détriment du bien-être de l’animal ou de son environnement.


Merci Yoann d’avoir répondu à nos questions. Vous pouvez retrouver la vidéo « l’hiver du renard » sur sa chaîne Youtube et retrouve ses photos sur Instagram.