Test Nikkor Z 35 mm f/1,4 : une focale fixe lumineuse et abordable qui bouscule la monture Z

Lancé en juin 2024, le Nikkor Z 35 mm f/1,4 est un objectif qui bouscule les codes de la monture Z. Plus lumineux et moins cher que le 35 mm f/1,8 S, cet objectif a un positionnement étonnant qui mérite qu’on s’y attarde.

Avec sa construction allégée et son tarif contenu, cette focale fixe pour hybrides plein format vise les amateurs de reportage, de portrait et de street photography. Ses performances sont-elles à la hauteur de nos espérances ? Voici notre test complet du Nikkor Z 35 mm f/1,4.

Présentation du Nikkor Z 35 mm f/1,4

Lorsque Nikon a dévoilé sa gamme d’appareils hybrides plein format Z en 2018, la marque a fait le choix audacieux de lancer une gamme d’objectifs f/1,8 premium, baptisée « S-Line », délaissant les traditionnelles focales fixes f/1,4 qui avaient fait sa renommée. Puis sont arrivés les optiques ouvrant à f/1,2, toujours en version S, à des tarifs stratosphériques (sans même parler de leur encombrement). Les nikonistes attendaient donc avec impatience une gamme f/1,4 plus accessible.

C’est donc chose faite avec ce Nikkor Z 35 mm f/1,4 – mais pas comme beaucoup l’imaginaient. Contrairement au Nikkor Z 35 mm f/1,8 S, ce nouveau venu n’arbore pas le prestigieux badge « S » synonyme de formule optique haut de gamme. En contrepartie, Nikon propose un objectif plus lumineux à un tarif inférieur. Un positionnement pour le moins inattendu.

Le 35 mm est une focale classique, appréciée pour sa polyvalence. Ni trop large, ni trop serrée, elle convient aussi bien au reportage qu’à la street photography, en passant par le portrait environnemental. L’ouverture à f/1,4 est synonyme de meilleures performances en basse lumière et d’un bokeh plus intense.

Le Nikkor Z 35 mm f/1,4 repose sur un total de 11 lentilles réparties en 9 groupes – comme le Nikkor Z 35 mm f/1,8 S, d’ailleurs. Cependant, il se distingue par un nombre réduit de lentilles asphériques (2 contre 3 pour la version f/1,8) et l’absence de verre ED.

Test Nikkor Z 35 mm f/1,4

L’objectif offre une ouverture à f/1,4 grâce à un diaphragme circulaire à 9 lamelles. Enfin, la distance minimale de mise au point est relativement courte, à seulement 27 cm. Mais Nikon a-t-il réussi son pari de proposer une optique lumineuse et abordable sans trop de compromis ? C’est ce que nous allons voir.

Voici la liste des caractéristiques techniques du Nikkor Z 35 mm f/1,4 :

  • focale : 35 mm (équivalent 52,5 mm en APS-C)
  • objectif pour capteur : plein format
  • ouverture max : f/1,4
  • ouverture min : f/16
  • angle de champ : 63°
  • construction optique : 11 lentilles réparties en 9 groupes, dont 2 lentilles asphériques
  • diaphragme : circulaire, 9 lamelles
  • distance minimale de mise au point : 27 cm
  • grossissement max : 0,18x
  • mise au point : 2 moteurs AF Dual STM
  • stabilisation d’image : non
  • tropicalisation : construction résistante à l’humidité et à la poussière
  • diamètre du filtre : 62 mm
  • dimensions : ø 74,5 x 86,5 mm
  • poids : 415 g
  • prix au lancement : 729 €

Prise en main et ergonomie

Au premier abord, le Nikkor Z 35 mm f/1,4 se révèle étonnamment compact et léger. Avec ses 415 g pour 8,65 cm de long et 7,45 cm de diamètre, il se montre à peine plus imposant que le Nikkor Z 35 mm f/1,8 S (370 g, 8,6 cm), malgré son ouverture plus généreuse. Le gabarit est aussi très similaire au Nikkor Z 50 mm f/1,8 S.

L’objectif mise sur un fût en polycarbonate qui inspire assez confiance. Les finitions sont assez soignées, même si, à l’instar des autres optiques Nikkor Z (même les plus haut de gamme), le toucher très « plastique » ne rend pas toujours hommage au savoir-faire de Nikon.

Ce 35 mm f/1,4 dispose de deux bagues distinctes : une bague de mise au point à l’avant, et une bague de contrôle personnalisable à l’arrière. Cette dernière peut être assignée au diaphragme (par défaut), à la compensation d’exposition ou à la sensibilité ISO.

La bague de contrôle offre une course fluide et décrantable, même si on regrettera toujours qu’elle manque un peu de résistance : il est facile de modifier accidentellement une valeur. Un système de verrouillage ou clic aurait été le bienvenu.

Côté commandes, on ne retrouve aucun bouton programmable ou autres commutateurs, contrairement à des optiques plus premium. L’essentiel est là toutefois, et l’ergonomie générale reste très satisfaisante.

Nikon annonce une construction résistance aux poussières et à l’humidité avec plusieurs joints d’étanchéité. Nous n’avons pas testé l’objectif sous la pluie battante, mais cette protection offrira une tranquillité d’esprit appréciable aux photographes qui travaillent dans des conditions météo variables.

En résumé, le Nikkor Z 35 mm f/1,4 offre une construction sérieuse et une ergonomie très correcte, avec quelques compromis attendus au vu de son positionnement tarifaire. Le rapport poids/encombrement est particulièrement réussi pour une optique f/1,4.

Qualité d’image du Nikkor Z 35 mm f/1,4

Nous avons testé ce Nikkor Z 35 mm f/1,4 sur un Nikon Z8 équipé d’un capteur plein format de 45,7 Mpx, ainsi que sur un Z6 III et un Zf (24,5 Mpx) pour observer son comportement sur différentes définitions.

N’hésitez pas à cliquer sur chaque image pour l’afficher en qualité optimale.

Nikon Z ƒ – Nikkor Z 35 mm f/1,4 – 1/640 s – ƒ / 4,0 – ISO 400
Nikon Z ƒ – Nikkor Z 35 mm f/1,4 – 1/3200 s – ƒ / 1,4 – ISO 50
Nikon Z ƒ – Nikkor Z 35 mm f/1,4 – 1/1000 s – ƒ / 5,0 – ISO 100

Sensation de piqué et netteté

C’est probablement le point le plus important : le piqué du Nikkor Z 35 mm f/1,4 est plutôt bon dès la pleine ouverture au centre de l’image, malgré des contrastes un peu en retrait.

Nikon Z ƒ – Nikkor Z 35 mm f/1,4 – 1/320 s – ƒ / 1,4 – ISO 100

Les bords sont logiquement moins piqués à f/1,4, avec une netteté correcte, mais pas exceptionnelle. C’est le prix à payer pour concilier grande ouverture et prix contenu. Fermer à f/2 améliore sensiblement l’homogénéité, et à f/2,8, la netteté devient excellente sur toute l’image.

Nikon Z ƒ – Nikkor Z 35 mm f/1,4 – 1/200 s – ƒ / 2,8 – ISO 400

Entre f/4 et f/8, le piqué est au maximum, ce qui sera idéal pour le paysage ou l’architecture. À f/11, la diffraction commence à se faire sentir, mais les résultats demeurent tout à fait acceptables. On évitera dans toute la mesure du possible de « fermer » davantage.

Nikon Z ƒ – Nikkor Z 35 mm f/1,4 – 1/800 s – ƒ / 4,0 – ISO 400

Le rendu global est classique et équilibré, avec de beaux contrastes et une bonne restitution des détails. On est loin de la « perfection clinique » de certaines optiques S, mais cette légère douceur n’est pas désagréable et confère un petit style aux images.

Nikon Z ƒ – Nikkor Z 35 mm f/1,4 – 1/160 s – ƒ / 1,4 – ISO 100

Distance minimale de mise au point assez courte et bokeh esthétique

L’ouverture à f/1,4 et le diaphragme à 9 lamelles promettent un beau flou d’arrière-plan, et c’est effectivement le cas. Le bokeh est doux et agréable, avec de jolies transitions entre le sujet et l’arrière-plan. La distance minimale de MAP raccourcie (27 cm) permet de jouer aisément avec la profondeur de champ.

Nikon Z ƒ – Nikkor Z 35 mm f/1,4 – 1/40 s – ƒ / 1,4 – ISO 110

Les bulles de l’effet bokeh sont bien rondes au centre de l’image, même si on observe un petit effet d’œil de chat en périphérie. La plupart du temps, ce phénomène reste discret.

Nikon Z ƒ – Nikkor Z 35 mm f/1,4 – 1/400 s – ƒ / 1,4 – ISO 50

Dans l’ensemble, le caractère du bokeh est l’un des points forts de cet objectif, lui conférant une vraie personnalité.

Nikon Z ƒ – Nikkor Z 35 mm f/1,4 – 1/200 s – ƒ / 1,4 – ISO 100

Distorsions, vignetage et aberrations

Les boîtiers Nikon appliquent un profil de correction des distorsions qu’il est impossible de désactiver. Il fait assez bien son travail, mais il subsiste une distorsion en barillet assez notable lorsque l’on photographie certains motifs.

Ainsi, un petit passage au développement est obligatoire pour corriger les distorsions résiduelles.

Les aberrations chromatiques sont globalement bien maîtrisées. À f/1,4 et f/2, on observe de légères franges colorées dans les zones de fort contraste, notamment en contre-jour. Rien de dramatique toutefois, et ces aberrations sont facilement corrigeables à l’édition.

Dès f/2,8, les aberrations chromatiques deviennent quasi inexistantes et disparaissent à f/4. Un comportement tout à fait honorable pour une optique de cette ouverture et de ce tarif.

Nikon Z ƒ – Nikkor Z 35 mm f/1,4 – 1/8000 s – ƒ / 1,4 – ISO 100

Sans surprise, le vignettage est important à pleine ouverture. À f/1,4, la perte de luminosité dans les coins est très visible, même avec le profil de correction activé. C’est le défaut le plus marquant de cet objectif.

À f/2, le vignettage reste encore perceptible, et il faut fermer jusqu’à f/2,8 voire f/4 pour obtenir une image uniformément éclairée. Il faudra composer avec ce phénomène ou accepter de le corriger systématiquement en post-traitement.

Autofocus du Nikkor Z 35 mm f/1,4

Le système autofocus repose sur deux moteurs STM (Dual STM). Le niveau de performances est globalement élevé, avec un AF rapide et précis dans la majorité des situations.

Nikon Z ƒ – Nikkor Z 35 mm f/1,4 – 1/1600 s – ƒ / 1,4 – ISO 400

Sur les Zf, Z6 III ou Z8, l’acquisition du point est rapide et le taux de réussite est assez haut, même à f/1,4. Les modes de détection/suivi du sujet fonctionnent parfaitement avec cet objectif, ce qui en fait un compagnon pertinent pour le portrait.

Nikon Z ƒ – Nikkor Z 35 mm f/1,4 – 1/40 s – ƒ / 1,4 – ISO 720

En basse lumière, l’AF reste fiable même si on note un léger ralentissement lorsque la luminosité devient vraiment faible, ou avec des sujets aux mouvements rapides. Rien de catastrophique, mais les optiques S se montrent un poil plus véloces dans ces conditions.

Nikon Z ƒ – Nikkor Z 35 mm f/1,4 – 1/40 s – ƒ / 1,4 – ISO 220

En usage photo au quotidien, cet autofocus ne pose aucun problème et se montre à la hauteur des attentes. Il n’est peut-être pas le plus rapide du marché, mais il allie efficacité et discrétion.

Nikon Z ƒ – Nikkor Z 35 mm f/1,4 – 1/40 s – ƒ / 1,4 – ISO 200

Stabilisation du Nikkor Z 35 mm f/1,4

Le Nikkor Z 35 mm f/1,4 ne dispose pas de stabilisation optique et s’appuie donc entièrement sur la stabilisation du capteur des boîtiers. Sur les Z8 ou un Z6 III, Nikon annonce un gain de 5 à 5,5 stops.

Dans la pratique, la focale de 35 mm et l’ouverture f/1,4 permettent d’atteindre des temps de pose assez long tout en limitant le risque de flou de bougé. À main levée, nous avons pu descendre sans problème à 1/10 s avec un excellent taux de réussite.

Nikon Z ƒ – Nikkor Z 35 mm f/1,4 – 1/10 s – ƒ / 1,4 – ISO 180

Avec un peu d’attention et une bonne technique de maintien, la demi-seconde est tenable avec un taux de déchet raisonnable. À 1 seconde, les photos exploitables deviennent plus rares, mais restent possibles.

Nikon Z ƒ – Nikkor Z 35 mm f/1,4 – 0,3 s – ƒ / 6,3 – ISO 100

L’absence de stabilisation optique n’est donc pas un handicap majeur pour cet objectif, d’autant que la grande ouverture permet de compenser en montant moins haut dans les ISO.

Retrouvez ci-dessous une sélection d’images capturées avec le Nikkor Z 35 mm f/1,4 :

Face à la concurrence

Depuis son lancement en 2018, la monture Z de Nikon a largement eu le temps de se développer, et ce Nikkor Z 35 mm f/1,4 rencontre plusieurs concurrents sur sa route. Cependant, son ouverture lumineuse à f/1,4 et son tarif de 729 € lui permettent de tirer son épingle du jeu.

Nikkor Z 35 mm f/1,8 S

Le Nikkor Z 35 mm f/1,8 S est l’un des tout premiers objectifs de la monture Z – et demeure une très bonne référence. Il offre un excellent piqué (quitte à livrer un rendu un peu trop « clinique »), mais se montre moins lumineux. De même, on regrette que le rendu du flou d’arrière-plan manque parfois de douceur. Il est également vendu cher, étant proposé actuellement à 940 €.

Nikkor Z 35 mm f/1,2 S

Chez Nikon, le nec plus ultra des 35 mm est incarné par le Nikkor Z 35 mm f/1,2 S. Ses performances optiques sont particulièrement élevées, et son ouverture à f/1,2 offre un pouvoir de séparation des plans exceptionnel. De même, sa motorisation AF s’avère très réactive. Néanmoins, il souffre d’un encombrement très élevé (1060 g sur la balance). De même, son tarif de 3249 € le plus range dans des sphères autrement plus élevées.

Viltrox AF 35 mm f/1,2 LAB Z

Mentionnons également le Viltrox AF 35 mm f/1,2 LAB Z, décliné depuis décembre 2025 en monture Z. Il réussit à combiner une très grande ouverture, une qualité optique très élevée et une construction très premium – le tout à un prix raisonnable de 999 €. S’il se montre plus gros que le Nikkor Z 35 mm f/1,4, son ergonomie est également plus travaillée, avec de nombreux contrôles manuels.

AF-S Nikkor 35 mm f/1,4G

Enfin, pour les plus nostalgiques, il est toujours possible de monter l’optique reflex AF-S Nikkor 35 mm f/1,4G via la bague FTZ II. Lancée en 2010, elle offre de bonnes performances optiques – à condition de fermer le diaphragme. De même, son AF est un peu lent, et les aberrations chromatiques sont assez prononcées. Lancée à 1999 €, elle peut être trouvée d’occasion aux alentours de 650 € en état neuf.

Conclusion

Le Nikkor Z 35 mm f/1,4 est une belle surprise dans le catalogue Nikon. Avec son positionnement atypique – plus lumineux, mais moins premium que le f/1,8 S – il apporte une vraie valeur ajoutée pour les photographes qui privilégient le « rendu » à la perfection technique.

Les performances optiques sont au rendez-vous, avec un excellent piqué dès f/1,4 au centre, un bokeh agréable et du caractère à revendre. Oui, le vignettage est marqué et les bords sont un peu en retrait à pleine ouverture, mais ces légers défauts contribuent paradoxalement au charme de l’objectif.

Compact, léger, bien construit et agréable à utiliser, ce 35 mm f/1,4 se révèle être un excellent compagnon pour la street photography, le reportage et le portrait occasionnel. Son autofocus fiable et son tarif contenu achèvent de le rendre particulièrement séduisant.

Nikon a réussi son pari : proposer une focale fixe f/1,4 accessible, avec du caractère, qui trouve naturellement sa place entre le « trop parfait » f/1,8 S et le trop onéreux f/1,2 S. Cependant, si la monture Z continue de s’ouvrir aux constructeurs tiers, il deviendra peut-être moins pertinent.

Le Nikkor Z 35 mm f/1,4 est disponible au tarif de 729 €. Vous pouvez retrouver cet objectif sur le Nikon Store, chez Digit-Photo, MN Photo Vidéo, Digixo, Panajou, Camara, Photo-Univers, IPLN, à la Fnac et auprès des boutiques spécialisées.

Test Nikkor Z 35 mm f/1,4 : une focale fixe lumineuse et abordable qui bouscule la monture Z
Fabrication / finitions
8.2
Ergonomie
8.4
Qualité d'image
8.2
Qualité du bokeh
8.6
Vitesse de l'autofocus
8.3
Fonctionnalités
7.8
Rapport qualité-prix
8.8
Points forts
Bon piqué dès f/1,4, excellent à f/2,8
Bokeh doux et agréable
Assez compact et léger
Autofocus fiable
Bon rapport qualité-prix
Points faibles
Vignettage très marqué à pleine ouverture
Distorsion native importante
Bague paramétrable un peu trop fluide
8.2
sur 10