Gisèle Freund

Ce Sud si Lointain, Gisèle Freund à la Maison de l’Amérique latine

La Maison de l’Amérique latine présente actuellement Ce Sud si Lointain, une exposition de photographies prises en Amérique latine par Gisèle Freund (1908 – 2000), une des figures fondatrices de l’agence Magnum. Fuyant l’occupation nazie, la photographe met en image les paysages et les habitants, célèbres ou inconnus, de son continent d’adoption. À découvrir jusqu’au 7 janvier 2023.

Gisèle Freund
Femmes de Tehuantepec, Mexique © Gisèle Freund

L’évènement, nommé en hommage à un poème de Luis Cernuda, met en valeur 72 images d’une grande diversité. Ces tirages réalisés à titre posthume à partir des négatifs de Gisèle Freund sont, pour 14 de ces images, des clichés inédits encore jamais montrés.

Si la majeure partie des photos présentées dressent le portrait des personnalités culturelles de l’époque rencontrées par la photographe, paysages, scènes de villages et de marchés font également partie de son héritage artistique. 

Gisèle Freund
Marché Otavalo © Gisèle Freund

L’Amérique latine, nouvel eldorado pour la photographe

Dès son arrivée à Buenos Aires en 1941, la photographe fuyant l’occupation nazie est accueillie par l’écrivain Victoria Ocampo. Ce sont ses portraits d’écrivains phares du XXe qui feront la réputation de Gisèle Freund mais aussi son attrait pour ce continent d’adoption qu’elle n’aura de cesse de mettre en image.

La Patagonie, la Terre de Feu, le Pérou, le Chili, l’Uruguay, l’Équateur, le Mexique et l’Argentine donc deviendront son eldorado artistique. Contributrice de multiples publications sud-américaines ou américaines (Life, Time Magazine) elle fera partie de l’agence Magnum dès sa fondation en 1947.

Frida Kahlo Coyoacan © Gisèle Freund

Instantanés d’un monde rural et portraits des célébrités artistiques de l’époque cohabitent sur la pellicule de Gisèle Freund et à la Maison de l’Amérique latine. À Coyoacán, la photographe est reçue à la Casa Azul où l’attend Frida Kahlo. Mais au travers de ses images, la photographe en exil nourrit un dessein plus profond que l’aboutissement artistique ou esthétique.

J’ai pensé que la photographie était un moyen merveilleux pour que les peuples se connaissent entre eux… J’ai cru à cette utopie : la connaissance des autres, de leurs différences, comme langage de paix entre les hommes. Ma tâche était donc, pensais-je, de participer à la paix du monde à travers la photographie.

Gisèle Freund
Diego Rivera devant sa fresque Histoire du Monde © Gisèle Freund

Un regard artistique, une approche sociologique

Réalisées entre 1941 et 1952, les photographies témoignent du talent de Gisèle Freund et de sa démarche mêlant photographie, sociologie et journalisme. Ses plans serrés et sa maitrise de coloriste mettent en lumière les expressions et la personnalité de celles et ceux, connus ou inconnus, qu’elle photographiait sur le continent sud-américain ou en France.

En intégrant à son corpus des paysages et scènes de la vie locale, l’artiste germano française apporte un nouvel éclairage à ses portraits en s’intéressant à la condition et à l’entourage de ses modèles, qui qu’ils soient.

Silvina Ocampo © Gisèle Freund

Précédemment présentée à Grenade dans une version légèrement allégée, l’exposition Ce Sud si Lointain est à découvrir jusqu’au 7 janvier 2023 à la Maison de l’Amérique latine à Paris. Plus d’informations et réservations sur le site de l’institut.

Informations pratiques :
Ce Sud si lointain – Gisèle Freund
Du 21 octobre 2022 au 7 janvier 2023
Maison de l’Amérique latine
217 Boulevard Saint-Germain, 75007 Paris
Du lundi au vendredi, de 10h à 20 ; le samedi de 14h à 18h.

Advertisement