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Vous avez sûrement déjà vu une vidéo d’un champignon ou d’une fleur qui pousse de manière accélérée, mais savez-vous quelles sont les techniques utilisées pour produire ces images ? Wired a interviewé Louie Schwartzberg, un producteur et réalisateur américain qui a fait des films en accéléré sa spécialité. Sa thématique principale : la nature, et plus spécialement les fleurs ou les champignons. Dans cette vidéo, vous allez découvrir comment Louie a créé les timelapses utilisés dans le dernier documentaire Fantastic Fungi pour Netflix.

Filmer le développement d’un champignon nécessite une technique bien spécifique. Et la première chose que l’on ignore, c’est que ces plans de champignons qui poussent à vitesse grand V ne sont quasiment jamais réalisés en extérieur. Pour quelles raisons ?

La première raison concerne les éléments : le vent fait bouger le champignon ou la fleur, ce qui donne une image finale qui tremble et n’est pas très belle à voir. En pleine nature, les insectes et autres animaux peuvent également venir déranger le tournage – même s’ils sont dans leur droit. Ainsi, il n’est pas rare qu’un escargot vienne grimper sur un champignon.

Enfin, pour obtenir un timelapse de qualité, la lumière doit être constante, même si elle fluctue en intensité. En pleine nature, les nuages et l’alternance jour / nuit fait que la lumière n’est jamais vraiment idéale, surtout lorsqu’une journée de prise de vue se résume à quelques secondes une fois le time lapse réalisé.

En effet, Louie explique qu’il prend une photo toutes les 15 minutes, ce qui donne 4 images par heure et donc 96 images en 24h. Une fois transformées en vidéo, ces images ne représentent que 4 secondes (à 24 fps).

Pour cette raison, Louie Schwartzberg a créé un studio dans son garage dans lequel il peut réaliser ses prises de vue et maîtriser son éclairage. Il utilise notamment un intervalomètre conçu sur mesure qui permet de contrôler l’appareil (mise au point et déclenchement) ainsi que les lumières. Pour obtenir un rendu cinématique, le réalisateur utilise des sources de lumière blanches ainsi que des LED colorées roses afin de simuler le lever et le coucher de soleil pour les champignons.

Chaque matin, Louie met en place son shooting pour la journée, puis contrôle le résultat le soir. Au fil de ses expériences, celui-ci n’hésite pas à parler de la photographie de champignons timelapse comme une pratique spirituelle, dans laquelle il se met à la place du champignon. « Je dois imaginer le cadrage et la composition de mon image pour le lendemain », explique-t-il. En effet, les plans étant très serrés et réalisés avec des objectifs macro, il est nécessaire d’anticiper les mouvements et la pousse des champignons pour ne pas rater sa capture.

Dans les faits, le taux d’échec est assez important : seulement 1 shooting sur 10 est une réussite.

Le réalisateur a créé un mini-set contenant de la mousse et des morceaux de bois où les champignons peuvent pousser. Si la majorité des images sont réalisées à l’aide d’optiques macro (notamment un 100 mm et un 180 macro de chez Canon et un 35 mm Micro de chez Nikon, il n’est pas rare que des plans plus larges soient utilisés. À ce moment-là, un écran avec une image de forêt est utilisé en arrière-plan pour un résultat assez réaliste.

Afin de donner de la dynamique à ses vidéos, Louie utilise le contrôle du mouvement : les déplacements de la caméra sont programmés afin d’être répétés et ajustés de manière très précise.

Voici la bande-annonce du film Champignons fantastiques dans lequel vous pouvez retrouver certains plans réalisés par Louie Schwartzberg :

Louie Schwartzberg a également donné plusieurs TED Talks sur la façon de photographier ou filmer la nature.