Avec Terres Obsidiennes, Guillaume Noury nous tend des fragments de vie, d’enfance, tout en nous faisant conteurs et maitres du récit. Page après page, le photographe offre au regard de son lecteur des paysages, des émotions, sans en proposer une lecture unique. Chacun sera libre d’assembler ces bribes d’archives pour leur donner une nouvelle direction.

© Guillaume Noury

Sur le fil de l’intimité et de l’autofiction

Dans un jeu de va-et-vient entre ses archives personnelles et la maison d’édition Sur La Crête, Guillaume Noury a doucement construit sa monographie, plongé dans sa mémoire. Souvenirs d’enfance rêvés ou retrouvés, figures s’éloignant : la nostalgie qui se détache des images de Guillaume Noury tient autant à leur composition qu’aux noirs profonds utilisés par le photographe.

Terres obsidiennes, main dans le dos

© Guillaume Noury

Tout y est suggéré, les silhouettes nous tournent le dos, les ombres d’enfants sont projetées sur les murs et les visages semblent nous échapper, masqués par le flou, le mouvement de l’eau ou le vent. Fugitives, les impressions d’enfance du photographe se font aussi fictives : comme la roche la mémoire aussi peut s’éroder.

Terres obsidiennes, homme sur la plage

© Guillaume Noury

Capturer la douceur comme la puissance tellurique

Loin d’être un album personnel, Terres Obsidiennes met en lumière la force des éléments, la puissance de la nature, que l’objectif du photographe s’arrête sur des flammes ou un paysage de montagne où se perçoit l’imposante présence du monde minéral. À ce monde couleur d’obsidienne, comme recouvert d’un voile de suie, répondent quelques images dans une palette fauve. Comme surgit du cœur d’un volcan, ces clichés sont pour l’artiste une manière bien à lui d’évoquer la figure paternelle à la fois créatrice et destructrice.

© Guillaume Noury

Monochrome, mais jamais noir, Terres Obsidiennes fige aussi des rayons de lumière et de la douceur dans un monde fragmenté entre passé et présent, ombres et lumière, souvenirs personnels et production artistique.

© Guillaume Noury

La plume d’Amélie Samson porte la poésie des images de Guillaume Noury en enrichissant les images de ses rimes. « La vague brise et reprend / Comme les mots sur la page / Comme la photo sauvage / Un instant vole et rend. »

Terres obsidiennes, livre Guillaume Noury

Cette monographie de 88 pages est éditée en tirages limités à 300 exemplaires. Publié aux éditions Sur La Crête, le livre photo Terres Obsidiennes (16,5 x 24,5 cm) est disponible au tarif de 25 € sur le site de la maison d’édition nantaise.

Plus de détails sur le travail de Guillaume Noury sont disponibles sur son site.