Le festival Visa pour l’image revient avec sa 33e édition à Perpignan à partir du 28 août prochain. Événement international du photojournalisme, ce festival offre une place de choix à la photographie de presse, en proposant, à travers expositions, projections, rencontres et récompenses, une fenêtre ouverte sur le monde actuel et les événements écoulés durant l’année.

En 2021, l’édition ne peut faire l’impasse sur la crise sanitaire qui a impacté toutes les populations, mais rappelle que la Covid-19 n’a pas empêché nos sociétés de subir de nombreux conflits, de la Birmanie au Haut-Karabakh en passant par l’Éthiopie ou la Colombie. Le photojournalisme, sous ses différentes facettes, sera à l’honneur le temps d’un mois à Perpignan, jusqu’au 26 septembre 2021.

25 expositions photo au coeur de Perpignan

Les lieux d’expositions de Visa pour l’Image sont répartis dans le centre-ville de Perpignan.

À l’Église des Dominicains, vous pourrez retrouver 4 expositions aux sujets divers. La photographe égypto-canadienne Nariman El-Mofty documente le quotidien de réfugiés de la région du Tigré (Éthiopie) qui ont fui la guerre pour se réfugier au Soudan. Le reportage sur le peuple arménien en danger, réalisé par Antoine Agoudjan pour Le Figaro Magazine et lauréat cette année du Visa d’or humanitaire du CICR 2021, est également à découvrir.

Visa pour l'Image 2021

À Hamdayet, au Soudan, les organisations humanitaires qui n’ont pas ou peu d’accès à la région du Tigré ont mis en place un centre de transit. © Olivier Jobard / MYOP

Deux autres expositions sur l’Éthiopie seront présentées à Visa : celle d’Eduardo Soteras qui s’est rendu en novembre 2020 dans la région du Tigré pour l’AFP et a dévoilé le chaos dans lequel se trouvait la région, alors que le gouvernement indiquait que le conflit était minime. Olivier Jobard, lauréat du Prix Camille Lepage 2020, a quant à lui posé son objectif sur les migrants d’Éthiopie en exil. Giles Clark réalise un travail photographique pour l’ONU / OCHA au Yémen, pays ébranlé par la guerre.

Visa pour l'Image 2021

Au large de l’Alaska, les baleines à bosse se nourrissent de harengs. Ensemble, sous l’eau, elles soufflent pour créer un rideau de bulles qui encercle les poissons, avant de remonter la gueule ouverte au centre du filet à bulles. © Brian Skerry / National Geographic

Dans un tout autre registre, le photographe de National Geographic Brian Skerry présente « Les secrets des baleines », une série de photos cherchant à montrer les traditions et structures sociales des différentes espèces de cétacés. De son côté, Guillaume Herbaut de l’Agence Vu’ se penche avec « La Ve » sur la constitution et la représentation de la République aujourd’hui.

Sénateur durant la séance des questions d’actualité au Gouvernement. Sénat, Palais du Luxembourg, Paris, 24 juin 2020 – © Guillaume Herbaut / Agence Vu’

Au Couvent des Minimes, vous pouvez retrouver une grande partie des expositions de Visa pour l’Image. Vous y découvrirez l’exposition sur les migrants climatiques au Bangladesh photographiés par Abir Abdullah, une rétrospective sur une décennie de guerre en Syrie par 32 photographes de l’AFP ou encore la « révolution du printemps » en Birmanie photographiée par un photojournaliste birman indépendant qui doit rester anonyme pour sa sécurité.

Pendant une tempête de sable, des enfants jouent dans l’ancien quartier rebelle de Karm al-Jabal. Alep, 10 mars 2017. – © Joseph Eid / AFP

Valérie Baeriswyl a quant à elle parcouru Haïti pendant 5 ans pour s’intéresser aux mariages comme révélateur du pays. Gabriele Galimberti, avec sa série « The Ameriguns », s’intéresse à la culture des armes à feu aux États-Unis alors que Darcy Padilla, lauréate de la Bourse de production pour les femmes photojournalistes du ministère de la Culture 2021, s’est rendu dans la plus grande laverie automatique du monde située à Chicago, avec 300 lave-linge disponibles 24 heures 24, 7 jours sur 7. Véritable lieu social, la « World’s Largest Laundromat » est bien plus qu’une simple laverie.

Visa pour l'Image 2021

Dans une banlieue populaire de Chicago, la plus grande laverie automatique du monde est un espace social sûr. © Darcy Padilla / Agence VU’

Pour Patricia de Melo Moreira, basée à Lisbonne, le Portugal est souvent éclipsé de l’actualité en dehors de son tourisme, à tort. Elle revient sur les aspects sociaux et culturels de ce pays avec « Mon Portugal ». Le reportage « Les seniors du sport » du photographe David Burnett nous fera découvrir les compétitions sportives réservées aux seniors aux États-Unis.

L’ancienne église hébergera également une exposition du photographe animalier Vincent Munier ainsi qu’une grande exposition rétrospective sur les 40 ans de photographie d’Éric Bouvet. Notre dernier Zoom Photographe lui est consacré à cette occasion.

Zoom photographe : Éric Bouvet

Une exposition collective de cinq photographes MYOP (Guillaume Binet, Agnès Dherbeys, Olivier Laban-Mattei, Stéphane Lagoutte et Pascal Maitre) pour la Commission européenne s’intéresse à l’impact de la pandémie sur les réfugiés et déplacés des pays en développement. Alors que les frontières ont été fermées et qu’un repli sur soi s’est opéré, cette pandémie s’apparente à une double peine.

Mélanie Wenger présente avec « Sugar Moon » un travail au long cours sur les chasseurs de trophées, qui pensent que tuer un animal est le moyen d’aider à les conserver. Fatima Shbair, jeune photojournaliste palestinienne autodidacte, est lauréate du Prix de la Ville de Perpignan Rémi Ochlik 2021 et présente son travail sur sa ville natale, Gaza.

Nina, une Hollandaise de 31 ans (sur le flamant rose à droite), a réuni des amis dans une villa de Bali pour une session de travail. © Jérôme Gence

De son côté, le photographe Jérôme Gence, lauréat du Prix Pierre & Alexandra Boulat 2020, s’intéresse à l’impact des nouvelles technologies dans nos sociétés. Avec son reportage « Télétravail : Allô bureau bobo », il documente cette nouvelle pratique de travail avant et après la pandémie.

À l’ancienne Université de Perpignan, une exposition collective réunit 16 photographes syriens et ouvre une fenêtre sur la vie de leur compatriote durant les 10 années de guerre, dévoilant à la fois le drame du conflit et l’espoir d’un avenir en paix.

Visa pour l’Image présentera également le travail de Danish Siddiqui, photojournaliste indien pour Reuters récemment décédé sur le terrain en Afghanistan alors qu’il couvrait les combats entre les forces de sécurité afghanes et les talibans. Son reportage présente la crise sanitaire en Inde alors que la deuxième vague de Covid-19 a violemment touché le sous-continent indien.

À la chapelle du Tiers-Ordre, le grec Angelos Tzortzinis présentera son reportage sur les derniers jours du camp de réfugiés de Moria, sur l’île de Lesbos.

Projections nocturnes et rencontres

Du 30 août au 4 septembre à 21h30, six soirées de projection seront organisées au Campo Santo pour retracer les événements les plus marquants de l’année, entre septembre 2020 et 2021 ainsi qu’à chaque fois une chronologie de deux mois d’actualité de l’année passée. Des rétrospectives sur des faits et personnages majeurs de l’histoire seront également proposées.

© Visa pour l’image

Pour les visiteurs qui n’auront pas pu participer à ces projections, le Théâtre municipal permettra de revoir les projections toutes les heures, du mardi 31 août au 12 septembre. Enfin, jusqu’au 30 septembre, des modules seront disponibles gratuitement en ligne sur le site internet du Festival (inscription à partir du 28 août).

Des rencontres, conférences et tables rondes seront également proposées pour cette édition 2021 : le programme complet est à retrouver sur le site du Festival.

Lectures de portfolios

Pour le public professionnel, Visa pour l’Image est également un moment privilégié pour participer à des lectures de portfolio durant la semaine Pro (du 30 août au 4 septembre). Ainsi, l’Association Nationale des Iconographes acceptera les lectures de 10h à 13h et de 15h à 18h au Palais des Congrès et de nombreux directeurs photo internationaux ou autres acteurs de la photographie participeront à des lectures, en ligne ou à Perpignan. Inscription obligatoire via ce formulaire.

Visa pour l’image à Paris La Villette

Pour la quatrième fois, Visa pour l’Image s’installera à Paris à partir du 15 septembre prochain dans la Grande Halle et au Parc de La Villette. Une sélection de photos seront exposées jusqu’au 31 octobre sur l’esplanade et deux projections seront organisées les vendredi 8 et samedi 9 octobre à 20h avec une sélection de reportages projetés sur écran géant, avec la présence de Jean-François Leroy et Pauline Cazaubon.

Se battre contre la désinformation avec un festival en accès libre

Comme le résume le directeur du festival Jean-François Leroy : « Dans cette époque en proie aux nouveaux obscurantismes, où l’indignation fait rage et où nous sommes à la fois acteurs et victimes d’une désinformation anxiogène, ces reportages nous permettent de réfléchir et de mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons. »

Comme à son habitude, le festival Visa pour l’Image propose ses expositions photo en accès libre dans les différents lieux situés au coeur de la ville de Perpignan. Pour cette édition, le passe sanitaire et le port du masque seront cependant obligatoires pour accéder aux expositions.

Les expositions sont accessibles du 28 août au 12 septembre, tous les jours de 10h à 20h. Ensuite, deux week-ends supplémentaires les 18-19 septembre et 25-26 septembre. En semaine, du 13 au 17 et du 20 au 24 septembre, les expositions de Visa pour l’Image sont réservées aux scolaires.

Infos pratiques
Visa pour l’image, 33e festival international du photojournalisme
Du 28 août au 26 septembre 2021
Dans la ville de Perpignan et en ligne
Accès libre

Plus d’informations sur le site de Visa pour l’Image