Après un an de suspens, Sony vient de lancer officiellement son Xperia Pro. Basé sur le Xperia 1 II, ce smartphone très haut de gamme s’affiche au tarif très salé de… 2500 $. Toutefois, il vise avant tout les photojournalistes et les vidéastes professionnels, qui ont besoin d’envoyer rapidement et simplement les images de leurs boîtiers à leur rédaction. Dès lors, il pourrait bien être l’un des seuls smartphones à mériter son appellation « Pro ». Explications.

Sony Xperia Pro : un smartphone d’ultra-niche

En février 2020, Sony avait dévoilé un nouveau terminal, baptisé Xperia Pro. Ce dernier repose sur la base technique du Xperia 1 II (que nous avions testé l’été dernier), et reprend donc un certain nombre de ses caractéristiques.

Toutefois, le Xperia Pro a peu en commun avec un smartphone « grand public », comme ceux proposés par Apple, Samsung (ou le Xperia 1 II, justement). Un iPhone 12 Pro vise à offrir une expérience globale extrêmement cohérente à tout point de vue, quel que soit son utilisateur. À l’inverse, le Xperia Pro vise une cible tellement restreinte que l’on peut parler « d’ultra-niche ».

En effet, il vise avant tout les photojournalistes et les vidéastes sur le terrain, qui capturent leurs images avec une caméra professionnelle ou un hybride, et qui ont besoin d’envoyer instantanément leurs images à leurs rédactions.

Grâce à un Xperia Pro, un vidéaste peut diffuser en live les images capturées avec sa caméra 4K, ou les transférer quasi instantanément à sa rédaction, sans devoir passer par un ordinateur et un réseau filaire.

Un moniteur externe compatible 5G

On vous l’accorde : extérieurement, le Xperia Pro ressemble à (presque) n’importe quel autre smartphone. Il dispose d’un grand écran au format 21:9 de 6,5 pouces et d’un processeur Snapdragon 865 – comme le Xperia 1 II. Il dispose de 12 Go de RAM et de 512 Go de stockage interne en UFS 3.0.

Toutefois, il se distingue par son port Micro HDMI, placé au bas de l’appareil. Ainsi, vous pouvez brancher un appareil ou une caméra professionnelle au Xperia Pro à l’aide d’un câble HDMI. Grâce à une application spécifique, le terminal se transforme en moniteur externe, et affiche l’image et l’interface du boîtier. L’écran tactile permet également d’opérer un zoom sur l’écran ; en revanche, il n’est pas possible de modifier les paramètres de prise de vue directement avec l’écran tactile du terminal.

De plus, le Xperia Pro dispose d’une connectivité 5G bien plus évoluée, compatible avec la 5G mmWave, pour une vitesse de connexion ultrarapide. Sans oublier une conception en polycarbonate, bien plus perméable aux ondes. Dès lors, vous pouvez utiliser des services pour diffuser en live des images filmées en 4K, capturées avec un boîtier doté d’un capteur et d’une optique infiniment plus qualitatifs que ceux d’un smartphone.

Par ailleurs, en branchant un boîtier Sony au port USB-C du Xperia Pro, il devient possible de l’utiliser pour transférer des photos via FTP vers un serveur distant. D’autant que la batterie du Xperia Pro (4000 mAh) peut servir comme batterie externe pour recharger le boîtier photo.

Xperia Pro : l’arme ultime des journalistes de terrain ?

Dès lors, le Xperia Pro peut être vu comme un outil incontournable pour les photojournalistes et les vidéastes sur le terrain – aux Jeux olympiques de Tokyo, par exemple. À ce titre, il n’est pas surprenant que le Xperia Pro soit lancé au même moment que l’hybride professionnel Sony Alpha 1.

Le Xperia Pro peut ainsi être vu comme une passerelle entre le photographe/vidéaste et sa rédaction, lui évitant d’utiliser un moniteur externe et un ordinateur pour la visualisation et l’envoi de ses images.

Sony A1 : capteur 50 Mpx, vidéo 8K, rafale 30 i/s, l’hybride plein format professionnel de tous les superlatifs

Face à un moniteur externe « traditionnel », le Xperia Pro conserve également une longueur d’avance. On est ici en présence d’un moniteur 4K, doté d’une dalle OLED, pesant seulement 1 cm d’épaisseur. Mieux encore, sa batterie peut durer toute une journée, et peut même recharger un appareil branché en USB. Et, contrairement à tous les appareils de la concurrence, il dispose d’une puce 5G. Sans oublier la puissance de calcul et les logiciels compatibles pour encoder les vidéos et les diffuser en live sur Internet.

Enfin, comme pour rappeler son appartenance au monde des smartphones (malgré tout), il hérite du bloc photo du Xperia 1 II. On retrouve donc :

  • Un capteur 12 Mpx de 1/1,7 pouce, optique grand angle 24 mm, ouverture f/1,7, Dual Pixel AF, stabilisation optique
  • Un capteur 12 Mpx de 1/3,4 pouce, téléobjectif 70 mm, ouverture f/2,4, Dual Pixel AF, stabilisation optique
  • Un capteur 12 Mpx de 1/2,55 pouce, optique ultra grand angle 16 mm, ouverture f/2,2, Dual Pixel AF

Le tout étant capable de filmer en 4K à 60 i/s et en Full HD à 120 i/s.

Un tarif justifié ?

Dès lors se pose la question du tarif du Xperia Pro. 2500 $ pour un smartphone, est-ce bien raisonnable ? Si l’on compare le Xperia Pro à n’importe quel autre smartphone haut de gamme du marché, ce tarif paraît « légèrement » excessif.

En revanche, si on compare le Xperia Pro à certains moniteurs externes équivalents, son tarif paraît « presque » raisonnable. Ainsi, le SmallHD 703 UltraBright, est affiché à 3195 € – et il n’est pas compatible 5G. Mais du côté d’Atomos, le Shogun 7″, proposé à 1519 €, reste plus abordable.

SmallHD 703 UltraBright

Aussi, si l’on considère le Xperia Pro comme un véritable complément aux hybrides et caméras professionnelles Sony, et destiné aux photographes et vidéastes professionnels sur le terrain, ce tarif de 2500 $ ne paraît pas totalement hors de propos.

Destiné aux grandes rédactions – celles-là mêmes qui pourraient être séduites par les performances d’un Sony A1 – le Xperia Pro semble être un véritable allié de choc. À ce titre, il s’agit donc de l’un des rares smartphones à mériter pleinement son appellation « Pro ».

Prix et disponibilité du Sony Xperia Pro

Le Sony Xperia Pro est proposé au tarif de 2500 $ (environ 2070 €) hors taxe. Il est pour le moment uniquement disponible aux Etats-Unis, et nous ignorons si ce modèle professionnel sera proposé en Europe.