Depuis les années 70, André Carrara immortalise la beauté féminine au travers de ses photographies de mode. Le photographe français partage son amour pour la femme au fil des pages des éditions internationales des magazines de mode. Cette déclaration est désormais éternelle grâce à Regards, son premier livre rétrospectif publié aux éditions Hemeria : il fallait au moins cela pour célébrer près de 40 années de carrière. Les photos sont accompagnées par les textes d’Isabelle-Cécile Le Mée.

Un photographe discret à la renommée internationale

Côtoyant dès la fin des années 50 des photographes de renom comme Willi Rizzo ou Guy Bourdin, André Carrara devient rapidement accro à l’effervescence des agences de publicité, mais surtout à la photographie. Discret, André Carrara n’en est pas moins un habitué des plus prestigieuses publications de mode. Il signe ses premiers reportages pour l’édition française de Vogue avant qu’Hélène Lazareff fasse appel à ce jeune talent pour illustrer les pages du magazine qu’elle a elle-même créé en 1945 : ELLE.

Sous l’objectif d’André Carrara, la photographie de mode se modernise, mais surtout sort des studios. De l’Europe aux États-Unis, le photographe repère les scénographies et les paysages naturels qui se prêteront le mieux à ses images et photographie durant quatre décennies ses modèles sous toutes les latitudes. D’une plage de galets comme d’un aéroport américain abandonné où s’alignent les avions saisis aux narcotrafiquants, André Carrara fait un décor glamour.

Une photographie de mode incarnée

Ses modèles sont des noms confirmés, de Laetitia Casta à Natalia Vodianova, mais aussi des visages immortalisés pour la toute première fois. À travers elles, André Carrara sublime une femme tantôt séductrice implacable tantôt ingénue et sans fards. Ses photographies mettent en scène une photographie de mode bien vivante et touchent parfois au portrait tant la femme capte son objectif, son regard profondément ancré dans celui du spectateur.

André Carrara joue avec la lumière d’un matin crû comme avec les dernières lueurs du jour qui viennent doucement souligner les courbes féminines. Sa photographie de mode est avant tout celle d’une femme plus que de l’étoffe qui l’habille. Si la couleur lui sied, il reste un photographe du noir et blanc, comme un clin d’œil aux films qui l’inspirent tant.

Des inspirations empruntées aux classiques du cinéma

Ses photographies rendent hommage à un autre de ses amours : le cinéma. Stromboli, Casablanca, Persona, Belle de Jour… les mises en scène d’André Carrara font écho aux chefs-d’œuvre romantiques de Roberto Rossellini, Luis Buñuel ou d’Ingmar Bergman. Devant son objectif, à son tour, le mannequin devient héroïne.

La spontanéité a aussi sa place, des rues de Paris aux détours des marchés de Marrakech, André Carrara saisit des scènes de mode, mais surtout de vie, sa photographie se teinte alors d’une touche documentaire. Le photographe évoque alors « un hasard convoqué », résultat d’une mise en scène soignée rencontrant la fugacité d’un instant et d’un regard.

Regards, premier livre d’André Carrara (144 pages, 24,5 x 33 cm) est vendu sur le site des éditions Hemeria, à la Fnac ainsi qu’auprès d’une sélection de libraires au prix de 59 euros.