La nuit à Hambourg. La cité vidée de ses habitants, plongée dans un épais brouillard, percé par les lumières de la ville. C’est l’univers dans lequel nous plonge Mark Broyer avec sa série What the Fog?

What the Fog? Nightcrawer – © Mark Broyer

Plongée dans le brouillard

La photographie de nuit est une discipline exigeante, mais qui peut s’avérer très gratifiante. Mais plutôt que de capturer les habituelles traînées lumineuses des phares des véhicules, Mark Broyer s’est intéressé aux jeux de contrastes entre la ville et l’épais brouillard qui avait envahi ses rues cette nuit-là.

C’est ainsi qu’est née What the Fog?, une série de photographies à l’ambiance mystérieuse, où pénombre et clarté, noirceur et taches colorées se répondent et se complètent. Mark Broyer, directeur artistique le jour et photographe la nuit (et vice-versa), en profite pour révéler sa ville sous un tout autre jour.

What the Fog? 4a.m. – © Mark Broyer

What the Fog? : plongée dans l’ambiance 80s

S’éloignant des clichés de carte postale, l’artiste explore les quartiers portuaires et industriels, mais aussi les quartiers festifs et les larges avenues du centre-ville. Aucun piéton, aucune voiture ne vient troubler l’atmosphère quasi-irréelle qui s’en dégage. Il laisse ainsi le champ libre à cette ambiance si particulière, peuplée de ponts métalliques, de conteneurs et de néons. Les larges avenues de la ville, ses établissements de nuit habituellement bondés, semblent avoir été soudainement désertés, et s’offrent à l’œil curieux du photographe.

Mark Broyer What The Fog

What the Fog? – © Mark Broyer

De cette série, il ressort un sentiment partagé, à mi-chemin entre fascination primaire pour ces taches de lumières colorées, et le mystère dans lequel ces rues semblent plongées. Pourtant, rien de glauque ni d’inquiétant dans ces images. Au contraire, elles ne sont pas sans analogie avec l’esthétique accolée aux 80s et à sa démesure à base de néons kitschs. Le photographe n’en est pas à son coup d’essai, et a décliné le concept de What the Fog? autour de plusieurs séries distinctes.

Mark Broyer What The Fog

What the Fog? – © Mark Broyer

Trouver l’inspiration près de chez soi

Avec brio, Mark Broyer démontre également qu’il est possible de capturer de superbes photographies sans avoir à traverser la moitié du globe. « Au départ, je m’étais mis au défi de capturer des clichés intéressants dans ma ville », indique le photographe. « Je pensais toujours que tous les autres lieux, et surtout les plus lointains, étaient beaucoup plus intéressants. Je n’avais juste pas regardé d’assez près pour trouver quelque chose de suffisamment intéressant à photographier », détaille Mark Broyer.

Mark Broyer What The Fog

What the Fog? – © Mark Broyer

La photo de nuit est ainsi un moyen d’explorer la beauté des scènes ordinaires. « La ville se révèle sous un tout autre aspect une fois la nuit tombée. Certaines zones peuvent devenir le plateau imaginaire d’un film, simplement grâce aux lumières environnantes », indique-t-il. « Et j’aime l’absence de gens sur les images, ce qui s’avère beaucoup plus facile à obtenir la nuit ».

Mark Broyer What The Fog

What the Fog? Harbor 2 – © Mark Broyer

Pour un plus grand dynamisme, le photographe a capturé ses images à main levée, avec une grande ouverture et une vitesse d’obturation d’environ 1/50s. Ainsi, les lumières de la ville – feux tricolores, enseignes et vitrines des magasins, éclairages publics – créent des raies de lumières colorées d’une grande douceur… et qui peuvent rappeler les travaux photographiques de Lucas Zimmerman et ses séries baptisées Traffic Lights.

Mark Broyer What The Fog

What the Fog? St.Pauli – © Mark Broyer

Au-delà du jeu de mots autour du nom de sa série, Mark Broyer nous livre une très belle leçon de photographie nocturne, et fait montre de toute sa créativité. Une série mystérieuse et inspirante, et qui nourrit notre imagination.

Retrouvez le travail de Mark Broyer sur Behance, Instagram et sur son site Internet.