Le Festival Brestois Pluie d’Images revient pour sa 16ème édition. Sa vocation ? Soutenir la photographie contemporaine, les pratiques amateurs et l’éducation à l’image. 2021 sera l’année des projets photo sur le thème « Décalé ». Une programmation riche qui parcourt des séries hors cadre : parfois satiriques, quelquefois révélatrices et clairvoyantes, toujours déconcertantes. À découvrir du 16 janvier au 27 février 2021.

Le rendez-vous brestois, un incontournable de la photographie

Il est le rendez-vous incontournable de la photographie à Brest et sa métropole. Cette année, le Festival Pluie d’Images réunira 37 expositions au coeur des structures culturelles ou encore éducatives (bibliothèques, écoles…) de la ville.

Fondé en 2004 par le Collectif Armoricain des Photographes Auteurs Brestois (CAPAB), l’évènement réunit photographes de renommée nationale ou internationale et photographes amateurs. Vous pouvez le découvrir du 16 janvier au 27 février 2021 à Brest et dans sa métropole, à Saint Renan, Daoulas et Loperhet.

Néanmoins, vous remarquerez cette année l’absence d’évènements clés en raison des mesures sanitaires en vigueur. C’est le cas notamment des rencontres photographiques en présence des photographes. Un empêchement déstablisant, qui n’arrête pas l’engagement des organisateurs pour la création et l’accompagnement des auteurs. « Alors que les lieux culturels demeurent fermés, le festival a dû se réinventer pour proposer une programmation accessible au plus grand nombre et c’est ainsi que de nombreuses expositions sont présentées en extérieur », indiquent les organisateurs.

Ainsi, ce sont 20 photographes et clubs photo qui sont représentés, aux côtés des 6 photographes invités sur la thématique « Décalé ».

Focus sur les 6 photographes invités et leurs projets « Décalés »

Six photographes invités, à l’affiche du Festival. Guillaume Rivière, Pierre Gély-Fort, Didier Olivré, Céline Diais, Kourtney Roy et Nicolas Portnoi ont relevé le défi avec des séries teintées d’humour. Elles explorent les écarts, les sens dissonants, les unités contradictoires, en empruntant des tons décalés pour révéler d’autres vérités.

Guillaume Rivière, « La traque »

La traque © Guillaume Rivière

Guillaume Rivière voyage aux quatre coins du monde depuis 15 ans. Il réalise des reportages définis et millimétrés pour la presse. Ses projets font notamment l’objet de publications dans Courrier International, Télérama, Libération ou encore Ateliers d’Art.

Alors, avec sa série « La Traque », présentée dans le cadre du Festival, il renoue avec une totale liberté de prise de vue et de timing. Car son projet est original, décalé, à l’affût des panthères urbaines. « De la combinaison de bébé au sac d’une vieille dame, de la monture de lunette au sac à main, du maillot de bain aux chaussures à talon », le projet de Guillaume Rivière est devenu une véritable traque aux motifs de fourrures que les passant(e)s arborent dans la rue. 

Voici la genèse du projet « La traque » : « Je m’en souviens très précisément, la première image de cette série a été celle d’une chaise dans le coin de ma chambre d’un hôtel des Pyrénées. Puis c’est à Arles, pendant les Rencontres de la photographie, que j’ai réalisé une nouvelle prise, une femme avec un grand T-shirt panthère. Dans la même journée, j’en ai vu deux autres, dont une femme avec une paire de chaussures léopard. Sans le savoir, je venais de démarrer une longue traque », décrit Guillaume Rivière.

Pierre Gély-Fort – The Dark LOVE BOAT

The Dark LOVE BOAT © Pierre Gély-Fort

Pierre Gély-Fort nous emmène à Miami Beach. Il nous fait découvrir cette ville, capitale mondiale des croisières (plus de 5 millions de passagers par an). Elle a d’ailleurs vu naître le plus grand paquebot au monde, le « Symphony of the Seas », construit en France. La série photo parodie la série TV américaine culte « La Croisière s’amuse ». Elle s’étend de l’annonce de mise en service par les chantiers de Saint-Nazaire en 2018 (avec près de 9 000 personnes à bord) à mars 2019 alors que le photographe embarque à bord de la croisière. 

Au travers de cette série intitulée « The Dark LOVE BOAT », Pierre Gély-Fort propose un point de vue d’auteur interrogeant l’existence ou l’inexistence de lien entre les croisiéristes, la vie à bord, et la mer. Une série drôle, en noir et blanc qui démystifie la croisière.

Céline Diais, Voir la mer

Voir la mer © Céline Diais

« Voir la mer ». Céline Diais a exploré les plages urbaines, ce nouveau concept qui se développe en France. Dans les banlieues et les grandes villes éloignées de la Côte, ou bien dans la capitale avec Paris Plage, la photographe a compté une cinquantaine de communes en France s’étant dotées de plages urbaines. Elle joue de ce contraste entre ville et plage, et explore la rencontre entre l’urbain et la nature artificielle — créant parfois des décalages dignes du photomontage. 

« Comment joue-t-on à être à la plage sans la mer ? Comment les plages urbaines modèlent-elles la ville et s’intègrent-elles au paysage ? Comment ces lieux sont-ils détournés, habités et vécus par les plagistes ? Comment font-ils lien social ? Ces photos tentent d’éclairer ces multiples aspects », déclare la photographe basée à Rennes.

Ses photographies sont surprenantes par leur décalage et leurs éléments disparates et bigarrés. À la croisée de la photographie documentaire et de l’oeil satirique de Martin Parr.

Kourtney Roy, The Tourist 

The Tourist © Kourtney Roy

En partenariat avec le Centre d’Art Passerelle et le Festival Européen du Film Court, Kourtney Roy a créé une série contextuelle aux airs cinématographiques. « Certains contextes indiquent si clairement nos intentions que nous n’avons même pas besoin de les exprimer pour être compris », ainsi débute la présentation de sa série.

Car, dans « The Tourist », la photographe canadienne met en scène une touriste particulière. Celle-ci est à la recherche d’un mari, et poursuit sa quête avec ardeur. Mêlant autoportrait, mise en scène cinématographique, décors naturels et humour entre le sinistre et l’absurde, sa série revisite le cliché de vacances.

Didier Olivré, Pêches d’enfance

Pêches d’enfance © Didier Olivré

Didier Olivré est né à Brest. Il a suivi une formation à l’École Nationale Supérieure Louis Lumière. Ses photographies sont publiées dans Vogue, Marie-Claire ou encore Marie-France. Il réalise également des photographies pour l’Opéra de Paris. En parallèle, Didier Olivré travaille sur des projets d’auteur.

« Pêches d’enfance » nait d’un souvenir, celui des parties de pêches avec son père dans la presqu’île de Plougastel, dans le Finistère. À travers ses photographies, il cherche à « retrouver les formes, montrer les lignes de chaque animal, en les posant simplement sur un fond blanc ». Sorti de son environnement naturel, dépeint selon le souvenir, le fruit de sa pêche évoque des impressions inhabituelles. Il en résulte des enchevêtrements de formes, nous plongeant dans l’univers du souvenir et un grand hommage à la beauté de la nature.

Nicolas Portnoi, Carolofornie

Carolofornie © Nicolas Portnoi

Et puis, Nicolas Portnoi présente son voyage en « Carolofornie ». La ville de Charleroi, en Belgique, réputée pour ses faits divers sordides, a attisé la curiosité du photographe. Pour contrer les stéréotypes véhiculés sur la ville, les habitants l’ont surnommée « Carolofornie ».

Les clichés de Nicolas Portnoi sont décalés, à l’affût de l’étrange et de l’improbable qu’il capture avec humour et bienveillance. Mêlant portraits, photographies de rue et photographie documentaire, il explore l’amour de ses habitants qui considèrent comme la « Carolofornie » cette ville surnommée « la plus laide du monde » en 2008 par le magazine hollandais De Volkskrant.

Le photographe parisien ancien musicien de jazz, présentera également sa série « Dunkirk ». Réalisée lors du festival de Dunkerque, qui depuis 300 ans est réputé pour mélanger les genres. Il a zoomé sur la vie parallèle qui se déroule dans les différents quartiers de Dunkerque durant son renommé festival. Le photographe appelle cela « une immersion dans le hors champs ».

Ainsi, pour l’année 2021, c’est sur l’humour et la légèreté qu’a parié le Festival Pluie d’Images. Un parcours décontracté dans la ville de Brest et sa banlieue mettant en lumière les décalages de nos sociétés et de nos représentations. 20 photographes sélectionnés et 6 photographes invités, à découvrir en ce moment.

Informations pratiques :
Festival Pluie d’Images – Brest

du 16 janvier au 27 février 2021.
dans la métropole de Brest, à Saint Renan, Daoulas et Loperhet
Entrée libre

Visites virtuelles et conférences sont également diffusées sur les réseaux sociaux du festival. Pour plus d’informations , rendez-vous sur le site du Festival Pluie d’Images.