Le concours Nature Photographer of the Year vient d’annoncer les grands vainqueurs de son édition 2020. Chaque année le meilleur de la photographie de nature est mis en lumière grâce à ce concours international organisé aux Pays-Bas. Cette année Roberto Marchegiani remporte le 1er prix avec une photographie surprenante. Découvrez l’intégralité du palmarès 2020.

Alexander Wildlife Rescue Center, Hampton Bay, NY © Napat Wesshasartar

Au vu des conditions sanitaires actuelles – qui l’ont amené à reporter son Festival International – le Nature Photographer of the Year a finalement annoncé son palmarès en ligne.

Fondé en 2016, le Nature Photographer of the Year célèbre la photographie du vivant et de la nature par le biais de la macrophotographie, de la photographie de paysage, de la vie sauvage, et aussi de la photographie d’art.

Festival néerlandais ouvert sur l’international, il est organisé chaque année par Nature Talks, organisateur actif d’évènements dédiés à la photographie de nature. La plateforme réunit les passionnés de nature et de photographie, avec un rôle d’accompagnement, au travers de ses masterclass et activités autour de ce pan de la photographie. Elle permet aussi au public d’accéder à des images marquantes du règne animal tout comme de questionner la nature et le rapport que nous entretenons avec elle.

Pour cette nouvelle édition, le Festival a décidé de se tourner vers le numérique en réaction à cette période paralysante pour les actions culturelles. Ainsi, son organisateur, Nature Talks, prévoit un Festival en ligne les 12 et 13 Mars 2021. Plusieurs mois ont été nécessaires afin d’adapter ce Festival au numérique. Au programme, les photographies des grands gagnants, des webinars, masterclass sur la photographie de nature, des lives, et des analyses de photographies.

Palmarès 2020

Observation d’animaux sauvages, documentation de catastrophes naturelles comme les feux qui ont ravagé l’Australie en 2019 et 2020, dénonciation du mur à la frontière du Mexique voulu par le président Trump, et qui couperait la route migratoire de nombreuses espèces animales…les photographies du Nature Photographer of The Year dépeignent, dénoncent, tirent le portrait, ou encore transfigurent les phénomènes naturels en photographies d’art. Découvrez le Palmarès 2020.

Photographer of the year

À l’extrémité du tissu de feuillages d’une forêt tropicale apparait la figure de cette girafe, en prise avec son environnement naturel. Cet animal qui nous apparait toujours majestueux et immense, semble tout petit face à la nature au sein de laquelle il prend place. Le flou des feuilles au premier plan nous permet d’endosser le rôle d’observateur caché, témoin d’une scène qu’il est rare d’apercevoir dans sa vie. Avec ce cliché, Roberto Marchegiani, photographe italien, est le grand vainqueur de la compétition et remporte le titre de « Nature Photographer of the Year 2020 ».

Jurassic Park © Roberto Marchegiani

Prix du Portrait animalier

Adriana Claudia Sanz remporte le Prix du Portrait animalier. La vie se dégage de ce portrait qui fait ressortir la personnalité de l’iguane, intelligent et craintif, qui aime lézarder au sommet des arbres. Un cliché bicolore marqué par des déclinaisons de vert qui se veut résolument stylisé dans son traitement.

La photographe nous vient tout droit de Buenos Aires. Ayant vécu en Argentine et en Pantagonie, elle a développé un fort contact avec la nature. Son objectif ? Partager des émotions avec le spectateur, sublimer ses modèles et rechercher ces moments de connexion privilégiés avec l’animal.

©Adriana Claudia Sanz

Catégorie oiseaux

© Andreas Geh

Andreas Geh remporte le 1er Prix de la catégorie « Oiseaux ». Muni de son Olympus OM-D E-M1X il a arpenté la « Black Forest », ce massif montagneux du sud-ouest de l’Allemagne, à la frontière de la France, pour y capturer un phénomène rare. Durant des jours, il a étudié l’un des plus vieux miracles au monde, les nuées d’oiseaux en migration, survolant en rythme et de façon coordonnée les cimes des montagnes. La balance entre mouvement et image, il l’a finalement trouvée grâce à une vitesse d’obturation de 1/30s.

Catégorie Autres Animaux

« Pour un moment fugace, deux salamandres mouchetées, qui sont tombées sur une Sarracénie septentoriale, sont suspendues dans la feuille de la plante carnivore remplie de liquide.  » décrit Samantha Stephens. Maillage du mystère de la nature, de couleurs artistiques et d’interprétation subjective de la nature, sa photographie contemporaine a séduit le jury. Elle remporte le 1er Prix de la catégorie « Autres animaux ».

© Samantha Stephens

Catégorie Plantes et champignons

Le photographe allemand a arpenté la forêt bavaroise en long, en large et en travers pour le 50ème anniversaire du parc national. « Le niveau d’altitude du brouillard était parfait » raconte Radomir Jakubowski, « il couvrait seulement la forêt. Aussi, les formes des arbres morts le transperçaient. » À travers cette image, il rend hommage à la forêt qu’il a vu renaitre au cours de ces 15 dernières années.

© Radomir Jakubowski

Catégorie Paysages

Ce surprenant paysage, digne d’un tableau, Stanislao Basileo l’a élaboré près du fleuve Pô, en Italie. Il remporte le 1er Prix de la catégorie Paysages. Réalisée avec un Nikon D5, elle tire profit du givre pour transfigurer la nature en un toile de maître. Passionné de photographie et de nature, Stanislao Basileo voyage aux quatre coins du monde à la poursuite de sa passion.

©Stanislao Basileo

Catégorie Sous-marine

Miloš Prelević, photographe serbe, remporte le 1er Prix de la catégorie Sous-marine. Immergé dans un lac proche de Bela Crkva, la ville où il a grandit, il capture cette scène du quotidien sous-marin. Un brochet qu’il surprend sur le vif. Une image à l’esthétisme prononcé, les plantes à fleurs sous-marines et les tons verts participent à la force de cette composition.

© Miloš Prelević

Catégorie Nature Art

Photographe italien, Andrea Pozzi remporte le 1er Prix de la catégorie Nature Art. Cette catégorie entend pousser l’esthétisme de la photographie de nature à son paroxysme. « J’ai pris cette image  par une froide matinée d’hiver, passée à la surface incroyable d’un lac gelé  » explique le photographe. Près du lac Baïkal, la perle de la Sibérie qui contient à lui seul près d’un quart des réserves d’eau douce de la planète, le photographe a pu capturer ce cliché d’un poisson de petite taille, pris au piège dans la glace.

Visuellement, les éclats de glace le transfigurent en une oeuvre d’art. Mais le photographe alerte également sur les minces chances de survie de l’animal habitué aux eaux glacées de cette région qui peut atteindre les -40 degrés.

© Andrea Pozzi

Catégorie l’Homme et la Nature

Durant les feux qui ont ravagé l’Australie en 2019 et 2020, la photographe canadienne Jo-Anne McArthur a ressenti le besoin impérieux d’aller documenter le cauchemar que vivaient les animaux sauvages et domestiques. Et plus spécifiquement, en photographiant leurs histoires particulières, leur souffrance alors qu’ils étaient en danger de mort. 24h plus tard, elle se trouvait dans un avion en direction de l’Australie. Aux côtés d’associations et d’équipes de secourisme, la photographe a parcouru l’Australie durant deux semaines.

Ce cliché à été capturé à Mallacoota, Victoria, l’un des endroits où les feux de forêts se sont répandus. La photographe a réussi à s’approcher assez près de l’animal pour en capturer ce cliché avant qu’il ne bondisse dans une plantation d’eucalyptus brulée. Il est l’un des rares survivants parmi les 3 milliards estimés d’animaux victimes de ces feux cataclysmiques.

© Jo-Anne McArthur

Catégorie Noir et Blanc

Des raies léopard à motifs, majestueuses dans cette photographie en Noir et Blanc, remportent le 1er Prix de la Catégorie Noir et Blanc. Le photographe franco-britannique Henley Spiers a pu créer ce cliché lors d’une plongée aux Maldives.

Leurs motifs sont renforcés par le monochrome, tout comme la perception de leurs contrastes, de leurs formes et ombres. Si la vie sous-marine regorge de couleurs — et c’est en général ce que l’on s’attend à voir dans la photographie sous-marine —Henley Spiers nous prouve que le noir et blanc la restitue d’une façon tout aussi éblouissante.

©Henley Spiers

Catégorie Animaux des Pays-Bas

Le cliché intitulé « Apocalypse » du photographe néerlandais Bart Siebelink remporte le 1er Prix de la Catégorie Animaux des Pays-Bas. Le cliché représente la nature comme un tout, où couleurs, éléments et mouvements s’entremêlent. Une façon créative de représenter un vol d’étourneaux sansonnet, de nuit, au beau milieu d’une forêt de la province néerlandaise de Friesland.

© Bart Siebelink

« Cette image transmet mes moments les plus mémorables. Elle a été prise durant les dernières minutes avant que les étourneau ne se dissipent. Durant un bref moment, les nuages ont atteint leur densité maximum et ont obscurcit le ciel. Tout cela pendant qu’ils planaient si proches du champs que l’horizon pouvait être capturé dans le cadre comme une échelle de référence. Le résultat est cette impression apocalyptique. » a déclaré le photographe.

Catégorie Jeune

La plus petite chauve-souris d’Europe. Elle a été photographiée par la jeune photographe Lili Sztrehárszki qui remporte le 1er Prix de la catégorie Jeune. La photographe hongroise a pris ce cliché à la fin de l’hiver dans le massif montagneux et volcanique de Börzsöny Hills, en Hongrie. La lumière permet de distinguer les veines et jusqu’aux plus petits détails des pattes de l’animal. 

Catégorie Fred Hazelhoff Portfolio Award

Dernier Prix du Nature Photographer of the Year, le  Fred Hazelhoff Portfolio Award récompense le portfolio d’un photographe de nature. Alejandro Prieto remporte le 1er Prix de la catégorie. Son projet incroyable autour de la frontière Mexique-États-Unis met en lumière cette région, l‘une des plus diversifiées du continent.

Son projet est également une réponse à l’initiative de Donald Trump d’ériger un mur sur cette frontière où transitent de nombreuses espèces animales, migrant entre le nord et le sud. « L’infrastructure de cette frontière ne va pas seulement restreindre les mouvements locaux d’animaux sauvages, mais aussi fragmenter leur habitat et interrompre la route migratoire qu’ils ont toujours suivie » a réagit le photographe.

© Alejandro Prieto

© Alejandro Prieto

Depuis 2016, le Nature Photographer of the Year nous permet de découvrir les plus belles photographies de contemplation de la nature, exprimant la nécessité de la préserver et dévoilant en images les histoires et enjeux actuels du règne animal. Les photographes ont reçu diverses récompenses, allant de dotations à des équipements photo de pointe. Roberto Marchegiani, Nature Photographer of the Year, a reçu le 1er prix et sa dotation une 3000 euros.

Le Festival poursuit son chemin avec le concours de la compétition 2021, qui sera lancé dès le 27 décembre 2020. En attendant, le Festival 2021 en ligne des 12 et 13 mars 2021, permettra aux photographes d’assister à de nombreuses masterclass et de recevoir des conseils photo de professionnels.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site du Nature Photographer of the Year.