Le dernier des Mohicans s’est éteint. Presque en catimini, Nikon vient d’annoncer la fin de la commercialisation de son F6. Il s’agissait du tout dernier appareil argentique de la marque japonaise.

Après 16 années de production, le vénérable Nikon F6 tire sa référence. Pour Nikon, cette annonce clôt le vaste chapitre de l’argentique, mettant fin à plus de 70 ans d’activités centrées autour de la pellicule.

Le Nikon F6 voit le jour en 2004, alors que les appareils numériques commencent à nettement supplanter les boîtiers argentiques. Il est issu d’une commande de l’armée américaine, et doit son design à Giorgetto Giugaro, célèbre designer italien de voitures. Résolument haut de gamme, il succède au Nikon F5, particulièrement apprécié des photojournalistes dans les années 1990.

Le Nikon F6 (2004) aux côtés du Nikon F (1959) – © Nikon Classics

Vendu plus de 2 000 €, il représente la quintessence des boîtier argentiques. Il doit ainsi répondre aux exigences des professionnels ne souhaitant travailler qu’avec ce support. Entièrement tropicalisé, il doit pouvoir résister aux pires conditions météo.

Cependant, son ergonomie est très proche des boîtiers numériques de la marque. Seule différence (et non des moindres), l’absence d’écran arrière en couleur, remplacé par un petit écran monochrome indiquant le collimateur AF utilisé et la sensibilité ISO, par exemple.

Crédit photo : Michel Lefrancq

Pour mémoire, le premier boîtier professionnel numérique de Nikon avait été dévoilé en 1999, soit 5 ans avant le Nikon F6. Ainsi, le Nikon D1 se pare d’un capteur de 2,7 Mpx, affiche une vitesse d’obturation maximale de 1/16000s et hérite de la mesure matricielle couleur du… Nikon F5.

EOS 1V : clap de fin pour le dernier appareil argentique de Canon

Nikon était la toute dernière grande marque de la photographie à commercialiser un appareil argentique. Canon, de son côté, avait cessé de vendre son EOS-1V en 2018 – dont la production avait été stoppée dès 2010. Pour celles et ceux voulant acheter un boîtier argentique, le marché de l’occasion est donc à privilégier – d’autant plus que l’offre est pléthorique.