Embarquez au-delà de l’atmosphère terrestre pour un instant, avec les plus belles photographies de l’espace sélectionnées par le concours Astronomy Photographer of the Year. Pour sa 12ème édition, la compétition internationale récompense des regards sur les galaxies, planètes, nébuleuses et corps célestes en passant par les aurores polaires et les éclipses lunaires. Le tout avec une descente en douceur vers les cieux de nos paysages. Cette année le gagnant du grand prix est Nicolas Lefaudeux, pour sa vision de la Galaxie Andromède. À découvrir, les lauréats des 11 catégories.

Astronomy Photographer of the Year, téléportation dans la Beauté de l’univers

Organisée par les Musées royaux et l’Observatoire royal de Greenwich, à Londres, en partenariat avec BBC Sky Night Magazine, l’Astronomy Photographer of the Year, a reçu cette année un nombre record de 5200 participations en provenance de 70 pays du globe. Plus grande compétition internationale en son genre, elle propose de combiner regards photographiques et mystère de l’univers. L’occasion également de questionner la relation entre l’Humain et l’Espace.

Des images se sont distinguées auprès du jury, pour la force de la vision qu’elles proposaient au sein des 9 catégories et des 2 prix spéciaux du concours. Inclusifs et innovants, ces derniers sont le Prix Sir Patrick Moore et le Prix Annie Maunder pour l’Innovation de l’image. Le premier est dédié aux participants qui ne pratiquent l’astrophotographie que depuis Janvier 2019 et participent à la compétition pour la première fois ; le second aux images traitées, provenant de sources déjà existantes (elles n’ont pas été capturées par les candidats). Sans plus attendre, voici le palmarès.

1er Prix et Prix Galaxie : Andromeda Galaxy

Andromeda Galaxy à distance © Nicolas Lefaudeux

Nicolas Lefaudeux a remporté le 1er prix et le Prix Galaxie avec sa photographie de la Galaxie Andromède. Plus grande et plus proche voisine de notre Voie lactée — découverte en 1923 par l’astronome Hubble — elle est tout de même située à 3 millions d’années-lumière. Prise à Forges-les-Bains,  en Île-de-France, elle remporte le 1er prix de 10 000 £.

Réalisée grâce au télescope Black Diamond 100 mm à une focale de f/9, et un appareil Sony ILCE-7S modifié, à 2000 ISO, elle laisse transparaître la poussière et les gaz interstellaires de la galaxie.

Prix Skyscape (Vues du Ciel) : Painting the sky

Painting The Sky © Thomas Kast

Finaliste du Prix Skyscape, qui dévoile les cieux depuis nos paysages terrestres, Thomas Kast est féru des photographies de phénomènes célestes lumineux — comment en témoigne son Instagram. Painting The Sky porte bien son nom. Alors que la blancheur poudreuse de la neige répond aux tons irisés des cieux, son harmonie picturale est saisissante. La photographie a été réalisée avec un Nikon D850 à f/16, ISO 64 et 1/40 s de temps d’exposition.

Steve Marsh, membre du jury et critique d’art pour le BBC Sky at Night Magazine a été séduit par les teintes qu’il compare à celles de la peinture à l’huile. « Ce photographe a parfaitement capturé [ces couleurs nacrées reflétées par les nuages]. Avec à un traitement subtil, elles révélent les vibrantes teintes qui peuvent parfois être aperçues dans nos cieux » a t-il commenté.

Prix « Our Sun » : Soleil Liquide

Liquid Sunshine © Alexandra Hart

Alexandra Hart a été nommée lauréate du Prix Sun avec sa photographie « Liquid Sunshine« . Sa photographie permet de discerner des détails incroyables des fusions nucléaires à la surface du Soleil. Cela grâce notamment au télescope Celestron C11 XLT Schmidt-Cassegrain à une focale de f/50, elle. Pour réaliser cette performance technique, elle a utilisé un temps d’exposition de 8,431 millisecondes avec l’appareil ZWO-ASI174MM.

Prix « Our Moon » : La région du cratère Tycho en couleurs

Tycho Crater Region with Colours © Alain Paillou

Livrant une vision d’un cratère de 86 km de large — une des structures lunaires les plus visibles lorsque la lune est pleine — Alain Paillou remporte le Prix Our Moon. Plusieurs clichés de 15 millisecondes ont été nécessaires pour capturer ce cliché de la surface de la Lune. Avec ses couleurs pastel et la profusion de ses détails, la Lune dévoile ici une part de sa complexité et de son mystère.

« Cette image vibrante extrait les légères couleurs à la surface de la Lune. En plus d’être saisissante, cette composition met l’accent sur les différents matériaux qui composent la Lune, le tout en sécurité depuis la Terre. » a réagit Emily Drabek-Maunder, membre du jury et astrophysicienne, astronome et communicante en Sciences au Royal Observatory de Greenwich.

Prix « Aurorae » : The Green Lady

The Green Lady © Nicholas Roemmelt

Avec leurs déclinaisons de couleurs et de luminosités impressionnantes et leur aspect grandiose, les aurores polaires — boréales et australes — sont un des sujets de prédilection des photographes.

Pour le Prix Aurorae, à taille presque humaine, c’est le photographe Nicholas Roemmelt que le jury a souhaité récompenser. Enchanteresse, à la lisière du féérique, ce cliché sublime l’aspect imposant de l’aurore qui vient partiellement illuminer un paysage rare et reculé.

« Une image majestueuse et aérienne, comme si elle avait été prise aux confins de l’au-delà. C’est une vision tellement pleine d’espoir, émouvante et inspirante. » a décrit Jon Culshaw, membre du jury.

Prix Planètes, Comètes et Astéroïdes : L’Espace entre nous.

Space Between Us… © Łukasz Sujka

« L’espace entre nous » naît de l’expérience de la perspective d’une planète en relation avec des satellites naturels — ici en l’occurence, de Jupiter et de la Lune. Le cadre est posé par le photographe polonais Łukasz Sujka grand lauréat du Prix Planètes, Comètes et Astéroïdes.

Par le biais de la simple amorce de Jupiter, on a le sentiment d’adopter son point de vue. C’est ainsi que « 700 millions de kilomètres environ » sont rassemblés sur la même image, comme le rappelle l’astrophysicienne et astronome Emily Drabek-Maunder . Impressionnant !

Prix Humanité et Espace : La Prison de la Technologie

The Prison Of Technology © Rafael Schmall

Le photographe hongrois Rafael Schmall a remporté ce Prix qui explore le lien entre l’Humanité et l’Espace. Dépeignant le mouvement des satellites commerciaux, la photographie révèlent des traces de passage imprimés dans la galaxie. Au sein de cette prison technologique, du point de vue où nous nous trouvons, notre connexion avec l’univers semble rencontrer un bug.

Ce cliché laisse apparaître des rayures à la manière d’un écran dysfonctionnel et entrave notre lecture de la beauté du ciel de nuit. On doit également ce cliché au télescope Sky-Watcher Quattro 200/800, couplé à un Canon EOS 6D grâce à une monture Sky-Watcher EQ6 Pro.

« Parfois, la beauté peut révéler une vérité déplaisante. Cette image est autant agréable esthétiquement qu’elle est choquante. Jusqu’où allons-nous aller dans notre quête du « plus » avant de réaliser que nous sommes en train d’altérer de façon irrémédiable notre précieuse connexion avec la nuit étoilée ?«  a commenté Melanie Vandenbrouck, membre du jury et Curatrice d’Art au Musée Royal de Greenwich.

Prix Étoiles et Nébuleuses : L’enfer Cosmique

Cosmic Inferno © Peter Ward

Avec ce sublime cliché aux teintes de l’Enfer, Peter Ward remporte le Prix Étoiles et Nébuleuses. Cette nébuleuse lumineuse a été capturée dans la zone du bras Sagittaire-Carène de la Voie lactée — une région de formation d’étoiles. L’image est remplie de références : en plus d’être un hommage du photographe aux feux de brousses qui se sont déclarés en Australie, elle rappelle la création de l’Univers et renvoie aussi à la représentation de l’Enfer chrétien.

Les deux prix spéciaux et compétition jeunes photographes

Prix Sir Patrick Moor du meilleur espoir : Vagues

Waves © Bence Toth

Bence Toth remporte le Prix Sir Patrick Moor du meilleur espoir avec son image intitulée Waves (vagues). Le dégradé de tons rouges et rosés sur la texture nébuleuse parsemée d’étoiles révèle l’aspect vaporeux et aérien de la vague.  « Le traitement est excellent, amenant à révéler les détails et à augmenter la structure, pour donner une impression 3D de la crête d’une immense vague prête à s’écraser. » a commenté Mandy Bailey, du Secrétariat d’Astronomie de la Royal Astronomical Society.

Prix Annie Maunder pour l’Innovation de l’Image : Rivière Noire

Dark River (detail) © Julie Hill

Le Prix Annie Maunder pour l’Innovation de l’Image a été attribué à Julie Hill pour le détail de sa « Rivière noire ». À travers cette image, elle a réinventé l’observation de 84 millions d’étoiles en la déplaçant dans un espace 3D.

Compétition Jeune : Les Quatre Planètes et la Lune

The Four Planets And The Moon © Alice Fock Hang

Enfin, Alice Fock Hang, âgée de seulement 10 ans, remporte la Compétition Jeune avec sa photographie Les 4 planètes et La Lune. Une victoire prometteuse pour cette jeune photographe, qui a déjà l’art de la photographie dans les gènes.

« Une vaste étendue de ciel, capturée avec des détails raffinés qui incluent une large gamme d’objets célestes. La balance du contraste est juste sur les parties douces de l’image, et ce serait une image fantastique pour n’importe quel groupe d’âge » a affirmé Steve Marsh, membre du jury et du BBC Sky at Night Magazine.

Une traversée impressionnante de l’espace, cette année encore, qui nous montre que la photographie peut s’appliquer à des champs très vastes, et nous livrer des images de zones situées à des années-lumières du globe.

Si vous souhaitez expérimenter l’astrophotographie, consultez notre Mercredi pratique. Il regorge d’astuces, de conseils et d’informations pour bien débuter dans la discipline.