Le festival « Les Femmes s’exposent » dédié à la visibilité des femmes photographes a dévoilé ses 3 lauréates. Laurence Geia a remporté le Grand Prix avec « Le sort de Daesh en prison ». Les Prix Obs et SAIF ont sélectionné des photoreportages portant sur l’isolation des résidents d’Ehpad, grands oubliés de la gestion du Coronavirus, ou encore sur le quotidien bien rôdé de la micro-société du camping Ami-Ami, et ses drôles de paradoxes.

Malgré la Covid-19, « Les femmes s’exposent » poursuit son engagement

Avec pour vocation première de rendre visible le travail des femmes photographes professionnelles, le Festival « Les Femmes s’exposent » présente leur contribution croissante dans l’univers photo.

« Le confinement renforce les inégalités. L’absence des femmes photographes dans certains médias est alarmante. »

Béatrice Tupin, Présidente du Festival

Ce sont ainsi 14 expositions qui sont déployées par le Festival. Ce dernier a réussi à maintenir sa troisième édition malgré les restrictions liées à la Covid-19. De ce fait, ce sont des expositions en extérieur que vous pourrez découvrir du 7 août au 25 septembre 2020 dans la cité balnéaire de Houlgate, en Normandie.

3 photo-reportages en lien avec les droits fondamentaux

Si le thème 2019 était « La liberté des femmes », c’est cette année un sujet photographique « en lien avec les droits fondamentaux » qui a été le point de de départ des photo-reportages présentés. Droits individuels et droits sociaux, droits humains et droits de la nature : les projets traitent du respect de ces droits ou au contraire, des manquements, violations et contournements.

© Laurence Geia, Le sort de Daesh en prison

Grande lauréate de cette édition, Laurence Geia a remporté le Prix Les femmes s’exposent-Fujifilm, avec son sujet « Le sort de Daesh en prison ». Pour réaliser ce photo-reportage, elle s’est rendue à Hassake, dans le Kurdistan syrien en octobre 2019. Découvrant dans des salles surpeuplées, qui abritent 5 000 prisonniers « supposés » membres de l’État islamique – comptant également des enfants de 8 ans et plus – elle a documenté les droits bafoués de ces prisonniers de guerre mal nourris et en manque de soins médicaux. Elle remporte un appareil moyen-format Fujifilm GFX 50R et un objectif GF 63 mm.

Le Prix Obs-Les femmes s’exposent a été attribué à Stéphanie Lacombe pour sa série « Immobile home ». La photographe a intégré le camping Ami-Ami pour documenter cette micro-société. « Ami-Ami ce n’est pas Miami mais un lieu de repli, rassurant, modeste, où l’on retrouve ses voisins d’année en année comme si c’était sa famille » déclare t-elle. Son photo reportage fera ainsi l’objet d’une publication de 6 pages dans l’Obs et d’une exposition d’une de ses oeuvres lors de Fotofever Paris, du 13 au 15 novembre 2020.

© Stephanie Lacombe,  Immobile home

Enfin, Delphine Blast est lauréate du Prix SAIF-Les femmes s’exposent avec sa série « Les isolés d’Isabeau ». Delphine Blast s’est rendue dans les EPHAD, donnant la parole à ces seniors. Ainsi, elle réaffirme par le biais du travail du personnel soignant l’importance de leur redonner une place centrale en tant qu’individus.
Sa série sera présentée à la Maison des Photographes en octobre 2020 et elle remporte une dotation de 3 000 € et une prise en charge de la production de son exposition à hauteur de 1 500€.

© Delphine Blast, Les isolés D’Isabeau

Les lauréates ont également toutes été récompensées d’un an d’abonnement à PixTrakk, le système de traçage de photos sur le web et de protection du droit d’auteur. Vous pourrez découvrir leurs photo-reportages en exposition très prochainement. À commencer par « Immobile home » lors de la Foire internationale de photographie contemporaine Fotofever.

Pour plus d’informations sur le Festival, rendez-vous sur le site dédié.