La 17e édition du festival photo La Gacilly a ouvert ses portes jusqu’au 31 octobre ; l’occasion de découvrir le travail de talentueux photographes. Parmi eux, Tomás Munita qui présente sa série Les Cow-boys de Patagonie.

© Tomás Munita

Un village dans les images

Au cœur du village breton, 1 000 photos grands formats sont à admirer in situ au fil des 19 expositions à ciel ouvert. Chaque année, le festival engagé met à l’honneur un thème environnemental et un lieu ; cette année, Viva Latina ! rend hommage à l’Amérique latine. Préserver la biodiversité est le second mot d’ordre du festival : deux sujets qui se croisent à travers le regard d’artistes engagés.

© Sophie Meyer

Le photographe brésilien Carl de Souza présente ses images de la révolte des Indiens d’Amazonie, Pedro Pardo dévoile la face sombre du Mexique, tandis que la célèbre série de Sebastião Salgado révèle l’enfer des anciennes mines d’or brésiliennes. Les clichés de Martin Bernetti montrent quant à eux l’urgence d’une transition écologique face aux déchets toxiques déversés dans les eaux chiliennes.

Une chevauchée aux confins des temps et de la Patagonie

Tomás Munita nous invite à le suivre pour une chevauchée en Patagonie. Pour cette épopée, le photographe chilien a suivi une troupe de gauchos, les cow-boys du Chili. Des hommes en quête de bétail, prêts à tout pour capturer des bagualeros, des taureaux sauvages peuplant les steppes et montagnes de la Terre de Feu.

© Tomás Munita

Vivant de façon traditionnelle, ces cow-boys veillent à faire perdurer leurs traditions. Leur volonté de domestiquer l’animal est toutefois consciente et respectueuse de la nature environnante. Le témoignage en images de Tomás Munita semble hors du temps face à la standardisation des pratiques d’élevage à travers le monde.

Le photoreportage révèle à la fois la beauté époustouflante des paysages comme la dangerosité de la capture pour laquelle les gauchos risquent leur vie.

Le rapport complexe de l’Homme à l’animal

© Tomás Munita

Les Cow-Boys de Patagonie met en avant la relation complexe entre l’Homme et l’animal. Les gauchos vivent entourés de leurs chevaux et de leur meute de chiens, sans hésiter à faire usage de leur force et de la violence pour parvenir à leurs fins.

Un rapport ancestral à l’animal que l’artiste définit comme « une relation à la fois tendre et cruelle puisque l’homme et l’animal travaillent et tuent ensemble ». Une aventure risquée pour un objectif inchangé au fil des décennies : la viande. « Tout cela se résume à produire de la viande dans un environnement majestueux, un cadre unique où le courage, la peur, la tendresse, l’amitié, mais aussi la solitude et le sacrifice se succèdent constamment ».

© Tomás Munita

Un témoignage journalistique

Pour Tomás Munita, la photographie lui permet de mieux voir et « lire », ce qui l’entoure. Contributeur régulier du New York Times, le photographe demeure un photojournaliste impartial, témoin juste et intègre de son époque. Tomás Munita ne se considère ni activiste ni artiste ; pour lui, plus qu’un art, la photographie est un langage.

Le photographe recherche l’authenticité la plus brute dans ses images : « Je ne dirige jamais, je viens du journalisme et je ne peux donc être qu’un témoin ; j’ai pour cela appris à respecter la réalité de façon quasi religieuse ». Sa vision documentaire de la photographie est directe, une vérité qui transparait à La Gacilly.

À la fois local et international, le festival photo La Gacilly participe à la diffusion de l’art photographique et à la renommée de ses photographes. Une édition jumelle est organisée à Baden (Autriche) une année après celle de la Gacilly.

Tomás Munita continue aujourd’hui de développer ses séries patagoniennes, une immersion initiée il y a 6 ans en parallèle d’autres projets, notamment consacrés à Cuba. Pour découvrir son travail rendez-vous sur son site ou à La Gacilly.

Le festival photo de La Gacilly se tiendra en Bretagne jusqu’au 31 octobre 2020, catalogue des expositions et informations sont disponibles sur le site du festival.