Le Festival Circulation(s), à défaut de pouvoir exposer ses artistes comme ce qui était initialement prévu au Cent-Quatre, engage une grande correspondance autour de l’image. Minsk, Berlin ou encore Rome, Helsinski, Paris et Barcelone : les artistes vont livrer par l’image et de façon quotidienne, leurs impressions du confinement et de la crise mondiale que nous sommes en train de vivre.

Dans son objectif de soutenir et diffuser la jeune photographie européenne — en connectant les artistes de diverses régions du continent — le Festival a pensé le projet STAY HOME(S) comme un projet épistolaire connecté. C’est l’occasion de parcourir la correspondance — en lien avec l’actualité — de la jeune photographie européenne depuis son canapé.

Les photographes ont feuilleté leurs archives photo pour nous livrer leurs oeuvres qui reflètent la crise sanitaire mondiale et l’isolement que nous vivons actuellement — d’un point de vue artistique. Une photographie et un commentaire par jour sont à découvrir sur le Facebook, Instagram et Twitter de Circulation(s).

© Anton Shebetko, Amsterdam

Repenser son rapport au monde

Explorer les conséquences de l’enfermement amène de nouvelles perspectives comme celle d’une ouverture mentale sur le monde, d’un examen approfondi sur soi, ou encore la possibilité de revisiter ses liens et ses souvenirs. C’est l’occasion de repenser sa présence et son rapport au monde, d’observer la nature pour certains, ou encore d’être plus présent au passage du temps.

Cyrille Robin, photographe parisienne, a débuté la série #Télégramme du e-festival avec une photographie de famille représentant son père au parc de Bekonscot en 1976. « L’isolement #stayathome c’est aussi l’occasion d’arrêter de vivre en accéléré et de plonger dans nos photos souvenirs, véritables fenêtres sur le passé, puis de les partager avec les gens que l’on aime. Regarder ces images ou envoyer un album à un proche, c’est les utiliser pour ce qu’elles sont« , déclare-t-elle.

La définition de la maison est explorée par Joan Alvado depuis Barcelone. Alors que la Biélorussie garde ses frontières ouvertes et que le gouvernement n’a prévu aucune mesures de quarantaine, le photographe Ihar Hancharuk partage sa vision à travers une photographie issue de sa série « Pre Mortem. »

© Joan Alvado, Barcelone, Espagne

La photographe Alba Zari, basée à Londres, revenait d’un voyage de 2 mois en Inde, au Népal et en Thaïlande avant la crise. Pour le Télégramme#11 de STAY HOME(s), elle a choisi de livrer une photographie d’archive trouvée dans un album de 1921 à New Delhi.

© Alba Zari, Londres

Un tour d’Europe sur la crise : dans le Télégramme#15, dernier en date, la photographe Masha Svyagator basée en Biélorussie déclare : « Nous ne savons pas ce qui se passe réellement dans notre pays actuellement. Nous ne disposons d’aucune information fiable. » Elle a sélectionné pour sa publication une photographie de ses archives qui représente le mieux son état d’esprit actuel— une représentation de l’immobilité et de la perte de contrôle sur son environnement.

© Masha Svyagator, Biélorussie

E-Little Circulation(s) : des activités photo pour le jeune public

Chaque mercredi, le Festival diffuse Little Circulation(s) dédié aux enfants. C’est l’occasion de faire découvrir la photographie aux plus petits et de pratiquer des activités ludiques avec eux autour du médium.

Une vidéo adaptée au jeune public est postée chaque semaine. Elle explique l’univers d’un photographe et propose un jeu à réaliser à la maison. Pour l’instant l’univers de Vincent Levrat est au programme avec un assemblage d’objets — trouvés à la maison — à réaliser à la manière du photographe. Les enfants pourront également apprendre à construire leur propre appareil photo avec un papertoy à télécharger.

Appareil photo Papertoy Little Circulation(s)

Circulation(s) ne se laisse pas arrêter par le confinement et poursuit son objectif de recréer du lien par l’image. Avec ce pari d’une photographie par jour, le Festival offre des instants de partage cristallisés par les différentes impressions que provoque la crise à travers l’Europe. Chacune est accompagnée d’un lien grâce auquel on peut découvrir les séries complètes des photographes sur le site Circulation(s). Suivez cette correspondance de l’image jour après jour sur les réseaux du Festival : Facebook, Instagram et Twitter.

Vous pouvez re-découvrir la mosaïque de projets photo sélectionnés pour le Festival Circulation(s) 2020 initialement prévu et son panorama de la jeune photographie européenne, sur cet article.