Les collections du Musée national d’Histoire naturelle américain ne servent pas qu’à montrer au public les extraordinaires échantillons de la vie naturelle qui ont traversé les temps. En fait, dans les espaces d’exposition, seulement 1% des collections est présenté. La preuve avec ces photos stupéfiantes, capturées dans les réserves des collections du Musée d’Histoire naturelle des États-Unis par Chip Clark.

© Natural History Museum, États-Unis

Ces photographies ont été réalisées dans les archives de stockage du Musée administré par la Smithsonian Institution— groupement de musées et de centres de recherches des États-Unis — qui compte pas moins de 20 musées et autres institutions à travers le pays, ainsi que le parc zoologique national.

Gérée par le gouvernement, l’Institution a été établie en 1846 tandis que le Musée d’Histoire naturelle a ouvert ses portes au public en 1910. Ces photographies ne sont qu’une fraction des millions de créatures et objets qui sont stockées hors de la vue du public dans le Musée d’Histoire naturelle de Washington.

Photographies loufoques et visuellement recherchées

Réalisés par le photographe Chip Clark, ces clichés sont témoins de collections impressionnantes situées dans les coulisses du Musée d’Histoire naturelle. Répétition de motifs, contraste des couleurs, disposition des tiroirs, placement du personnel ont été organisés spécialement pour la prise de vue.

Les photographies ont été capturées sur une période de 20 ans. « Avant de mourir en 2010, Chip Clark a organisé les quelques dernières images de la collection pour les présenter lors de la cérémonie de célébration des 100 ans du musée », déclare Carol Butler, l’assistante de direction des collections du Musée.

« Ces images viennent de la volonté de montrer aux gens, d’une façon magnifique et intéressante, une vue de la richesse des collections. Ce sont les collections de l’Amérique — nous voulons en donner un aperçu aux gens même si nous ne pouvons pas inviter chacun d’entre eux à venir dans les zones de stockage. »

Carol Butler, assistante de direction des collections du Musée.

Au coeur des images, une diversité impressionnante d’échantillons : animaux naturalisés, objets témoins de toutes sortes, coquillages de toutes tailles et épaisseur, papillons séchés… la science n’a pas fini de nous étonner. Chip Clark a passé environ 8 heures à mettre en place les prises de vue de la collection d’oiseaux, dérangeant consciencieusement le système de classification appelé « taxionomique ». Il s’est également demandé en amont quels aspects de la science avaient besoin d’être exprimés par le biais de la photographie.

©Natural History Museum, États-Unis

© Natural History Museum, États-Unis

« Clark pensait que les collections étaient fabuleuses et il voulait montrer la vie du Musée de l’intérieur tout comme la richesse des collections. »

Carol Butler

© Natural History Museum, États-Unis

Une ressource inestimable pour les scientifiques

Car si les collections du Musée d’Histoire naturelle servent à conserver un héritage et à le rendre visible au public, elles sont aussi une ressource importante pour beaucoup d’études scientifiques.

Témoins des changements et de notre relation avec le monde naturel à travers le temps, ces instantanés peuvent aider les scientifiques « à reconstruire l’environnement, les écosystèmes, à porter un regard sur la façon dont les animaux et les plantes interagissaient et nous aider à se figurer comment le climat influence les plantes et les animaux actuels », explique Carol Butler. D’où l’importance de la conservation de ces collections.

« Nous les utilisons aussi de différentes façons avec le temps. Qui aurait pu se douter dans les années 1930 qu’on pourrait faire du travail moléculaire avec les collections ? Que nous allions développer le type d’imageries et d’analyses chimiques que nous sommes capables de produire aujourd’hui ? Alors que les technologies changent, les anciennes collections ont de nouveaux usages. »

© Natural History Museum, États-Unis

© Natural History Museum, États-Unis

« Une ancienne collection peut (sinon) être issue d’un endroit qui n’existe plus. » Carol Butler se réfère aux îles qui sont proches du niveau de la mer dans le Pacifique. « Une fois disparues, les spécimens conservés dans le Musée peuvent être la seule représentation que nous ayons de la biodiversité et de la géologie d’une île. Et le monde change autour de nous, très rapidement. »

Il peut s’agir également de spécimens d’espèces disparues comme le pigeon migrateur ou le dodo. « Nous voulons que les gens voient comme c’est cool et peut-être que ça les inspirera » conclut-elle.