En janvier dernier, Venus Optics a annoncé un nouvel objectif macro destiné aux hybrides APS-C de Fujifilm, Canon et Sony : le Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro. Léger et compact, il doit prendre place aisément dans le sac photo de tous les amateurs de macrophotographie ou de photos de nature. Dépourvu d’autofocus, il est entièrement manuel et offre un rapport de grossissement maximal de 2:1. À 529 €, cette optique se dote d’un tarif accessible et devrait intéresser plus d’un photographe macro. Après plusieurs semaines de test, voici notre verdict sur cette optique macro de Laowa – montée sur un Fujifilm X-T2.

Présentation du Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro

Ce nouveau Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro est le premier objectif macro de la marque à être proposé pour les hybrides APS-C. Disponible en monture Fujifilm X, Sony E et Canon EF-M, il vient se placer aux côtés des autres objectifs macro proposés par la marque chinoise – mais qui sont réservées aux boîtiers plein format.

Cette optique présente une longueur focale de 65 mm – équivalente 100 mm en plein format – et dispose d’un angle de champ de 24°. Elle se démarque en offrant un rapport de grossissement maximal de 2:1, venant doubler la taille réelle du sujet. Pour autant, cette optique est également capable d’effectuer la mise au point à l’infini.

Ajoutez à tout ceci une distance minimale de mise au point de seulement 17 cm et vous obtenez une optique parée à photographier l’infiniment petit : fleurs, insectes, gouttelettes d’eau, etc. Pour isoler le sujet de l’arrière-plan, cette optique signée Laowa dispose d’un diaphragme de 9 lamelles offrant une ouverture maximale à f/2,8.

Le Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro repose sur une construction en 14 éléments répartis en 10 groupes. L’optique intègre trois lentilles à dispersion ultra-faible (Extra-Low Dispersion Glass) afin de réduire les aberrations et offrir des performances optiques optimales, même avec les boîtiers aux capteurs très définis.

Formule optique du Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro

Pensée pour accompagner les hybrides APS-C, cette optique est plutôt compacte : comptez 10 cm de long et 5,7 cm de diamètre. À ce titre, on notera son format tout en longueur, qui lui donne un aspect assez peu conventionnel. On notera aussi que Laowa n’a pas fait mention de joints d’étanchéité : prudence donc si vous envisagez d’utiliser cet objectif macro sous la pluie.

Point notable, le Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro est une optique entièrement manuelle – et qui vous rappellera peut-être les sensations de la photographie argentique. De ce point de vue, cet objectif m’a fait penser à mon Minolta MD 100 mm f/4, que j’utilise de temps à autre pour de la macrophoto avec un Minolta SRT 101.

De même, cette optique est dénuée de mécanisme de stabilisation. Monté sur un hybride Canon ou Fujifilm, l’ensemble ne sera donc pas stabilisé – sauf avec le X-H1 ou X-T4 – tandis que les propriétaires d’un boîtier Sony pourront toujours se reposer sur la stabilisation du capteur sur 5 axes.

Cette absence de mécanisme d’autofocus – et de stabilisation optique – permet à cet objectif d’être à la fois beaucoup plus léger… mais aussi très abordable. En effet, il ne pèse que 335 grammes sur la balance et pourra donc vous accompagner dans toutes vos sorties photos – qu’elles soient dédiées à la macrophoto ou non. Enfin, son prix de 529 € se montre suffisamment doux pour être attractif.

Caractéristiques techniques de l’objectif Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro :

  • type d’objectif : focale fixe
  • monture : Fujifilm X
  • format couvert : APS-C
  • longueur focale : 65 mm
  • construction : 14 éléments répartis en 10 groupes dont 3 lentilles à dispersion ultra-faible
  • ouverture maximale : f/2,8
  • ouverture minimale : f/22
  • nombre de lamelles du diaphragme : 9
  • rapport de grossissement maximal : 2:1
  • angle de champ : 24,4°
  • autofocus : non
  • distance minimale de mise au point : 17 cm
  • stabilisation optique : non
  • diamètre du filtre : 52 mm
  • tropicalisation : non
  • poids : 335 g
  • dimensions : 10 x 5,7 cm (longueur x diamètre)
  • accessoires fournis : pare-soleil, bouchon arrière, cache objectif
  • montures disponibles : Fujifilm X, Canon EF-M, Sony E

Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro - Jean-Nicolas Lehec

Prise en main du Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro

Nous avons été très agréablement surpris par la qualité de construction de ce Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro.

Entièrement fabriqué en aluminium, le fût dégage une impression de solidité et inspire confiance. De même, les bagues de réglage de l’ouverture et de la mise au point sont toutes deux en métal. L’objectif est livré avec un pare-soleil, lui aussi en métal. Seul le pourtour de la lentille frontale et de celle à l’arrière de l’objectif sont en plastique.

Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro - Jean-Nicolas Lehec

Entièrement noir, l’objectif se pare seulement d’une bague bleue située tout à l’avant. On remarquera toutefois le logo de la marque qui est assez visible. À l’image des objectifs macro accompagnant les appareils argentiques, le Laowa 65 mm se pare de nombreuses inscriptions sérigraphiées indiquant l’ouverture, la distance de mise au point (en mètres et en pieds) et le rapport de grossissement de l’objectif. À l’arrière, une simple inscription vient rappeler la fabrication en Chine de l’objectif.

L’objectif s’avère particulièrement équilibré et offre une bonne prise en main globale. De par sa longueur (10 cm), il fait toutefois pencher vers l’avant le boîtier sur lequel il est monté. Cela étant, il forme un duo très bien assorti avec notre Fujifilm X-T2 – l’ensemble ne pesant que 842 grammes.

Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro - Jean-Nicolas Lehec

La lentille frontale est quasiment plate et ne viendra donc pas gêner le montage d’un filtre. L’objectif est à encombrement constant : seuls les éléments optiques internes avancent ou reculent en fonction de la mise au point.

La bague de mise au point, située à l’avant de l’objectif, se montre très large et offre donc une très bonne prise en main. Mais surtout, sa course est très souple, la rendant extrêmement confortable sur le terrain.

Par ailleurs, elle offre suffisamment de latitude pour effectuer précisément la mesure du point – un point essentiel vu que cette optique est dénuée d’autofocus. Pour un plus grand confort, vous pourrez vous aider du zoom de visée et du focus peaking.

Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro - Jean-Nicolas Lehec

La bague d’ouverture, quant à elle, fonctionne de manière totalement linéaire. Il vous sera donc possible de régler l’ouverture à des valeurs « intermédiaires » – entre f/2,8 et f/4 notamment. On notera cependant le petit « clic » à chaque ouverture. La course de cette bague est suffisamment courte pour être confortable.

Néanmoins, on constatera le très faible écart entre les valeurs d’ouverture f/16 et f/22. En conséquence, il est parfois difficile sur le terrain de « pousser » la bague d’ouverture à f/22 et cette dernière tend à revenir vers f/16.

Enfin, on notera l’absence complète de contacts permettant à l’objectif de communiquer avec le boîtier. Sur le terrain, vos images n’auront donc aucune information EXIF relative à l’objectif.

En fermant le diaphragme de l’optique, on constatera également que l’image reproduite par le viseur ou l’écran devient un peu plus sombre. Cette non-communication entre le boîtier et l’objectif n’est pas sans conséquence dans la manière de capturer les photos en macro, comme nous aurons l’occasion de l’aborder dans le chapitre suivant de ce test.

Qualité d’image du Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro

Ouvrons à présent la partie consacrée à la qualité d’image de cette optique Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro. Ici, point de mire, de graphiques ou de courbes à décortiquer mais un véritable test des performances de l’objectif sur le terrain.

À quelle qualité d’image pouvons-nous nous attendre avec cette nouvelle optique signée Laowa ? Pour en juger, n’hésitez pas à cliquer sur les images pour les voir en qualité optimale.

Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro - Jean-Nicolas Lehec

Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro – 65 mm – f/2,8 – 1/100s – 1000 ISO

Comme nous l’indiquions précédemment, nous avons testé le Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro monté sur un Fujifilm X-T2 en capturant une série de photos au quotidien. L’optique permet de plonger vers l’infiniment petit et fera la joie des photographes d’insectes, de fleurs ou de feuilles – même si sa mise au point à l’infini ne le cantonnera pas à la photo en macro et lui permettra d’être employé pour bien d’autres usages, de la photo de rue au portrait.

Mettons fin au suspens : la première optique macro pour hybrides APS-C de Laowa permet d’obtenir de très belles images, qui fourmillent de détails.

Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro - Jean-Nicolas Lehec

Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro – 65 mm – f/3,2 – 100s – 2500 ISO

Même à f/2,8, le piqué de l’image est très bon, avec une faible différence entre le centre et les bords de l’image. À f/4 ou f/5,6, les résultats sont tout simplement excellents et offrent une impeccable restitution des détails. En revanche, on constate une légère mollesse des photos à partir de f/11 lorsque la mise au point tend vers l’infini – le phénomène de diffraction faisant alors son œuvre.

Au niveau de l’homogénéité, l’objectif se montre là aussi un excellent élève. On ne constate aucune différence de qualité entre les bords et le centre de l’image. Déjà très bons à f/2,8, les résultats sont encore meilleurs à f/4. Au final, le dernier-né de l’opticien chinois se révèle très cohérent et ses performances optiques sont excellentes.

Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro – 65 mm – f/3,5 – 1/950s – 4000 ISO

Nous serons également très élogieux quant aux aberrations chromatiques – ou plutôt quant à leur absence. Au cours de nos tests, nous n’avons tout simplement pas réussi à déceler d’apparition d’aberrations chromatiques, même sur les sujets les plus rapprochés. Une prouesse qui est peut-être liée à la présence des 3 éléments ED, qui permet à cette optique de livrer des photos extrêmement propres.

Mais la véritable particularité de cet objectif réside dans sa distance de mise au point de 17 cm mais aussi – et surtout ! – dans son rapport de grossissement maximal de 2:1, soit un grossissement maximal x2. Dans les faits, la taille des objets sur le capteur est multipliée par 2 : ainsi, un objet de seulement 8 x 12 mm remplira en entier un capteur APS-C de 16 x 24 mm.

Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro – 65 mm – f/2,8 – 1/105s – 5000 ISO

Le grossissement réel de l’optique est intrinsèquement lié à l’éloignement (ou plutôt à la proximité) du sujet ; aussi, le grossissement maximal s’obtient en photographiant un objet placé à la distance minimale de mise au point. Sur le terrain, ce facteur de grossissement – couplé à la distance minimale de mise au point de seulement 17 cm – permet de sublimer les sujets les plus petits : fleurs, insectes, feuilles, gouttelettes d’eau, etc.

Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro – 65 mm – f/2,8 – 1/100s – 1250 ISO

À noter que cette distance de mise au point est donnée par rapport au plan focal. Ainsi, la distance minimale vis-à-vis de la lentille frontale est d’environ 3 cm, permettant de se rapprocher extrêmement près du sujet… au prix d’un certain assombrissement de l’image dans les environnements les moins bien éclairés. Dans ce cas de figure, l’emploi d’un éclairage supplémentaire – comme un flash annulaire – peut être judicieux.

Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro - Jean-Nicolas Lehec

Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro – 65 mm – f/2,8 – 1/100s – 5000 ISO

Grâce à l’ouverture maximale à f/2,8 – et même à f/4 – on peut obtenir facilement un très beau flou d’avant-plan et d’arrière-plan. L’impression de bokeh est très douce et progressive et permet de séparer harmonieusement le sujet de son arrière-plan. Les sources de lumière à l’arrière-plan se transforment en bulles très esthétiques.

Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro - Jean-Nicolas Lehec

Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro – 65 mm – f/3,5 – 1/6000s – 2500 ISO

En cas d’utilisation de cet objectif pour de la photographie de portrait – grâce à sa mise au point jusqu’à l’infini – ce Laowa 65 mm permet de jouer avec un cadrage serré et offre une séparation très douce du sujet de l’arrière-plan.

Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro – 65 mm – f/2,8 – 1/210s – 2500 ISO

Seulement voilà, ce rapport de grossissement maximal de 2:1 peut s’avérer assez compliqué à maîtriser. À pleine ouverture, la zone nette fait à peine 1 mm de large et atteint environ 3,5 mm à f/4… Dans ces conditions, le moindre mouvement, même le plus infime (votre respiration par exemple), suffira à fausser la mise au point.

Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro – 65 mm – f/2,8 – 1/105s – 200 ISO

Ainsi, nous vous recommandons de capturer vos photos à l’aide d’un trépied — et de préférer des sujets totalement immobiles – afin d’éviter de vous retrouver avec des photos dont la mise au point est ratée – ce qui, aux plus grandes ouvertures, risque de vous arriver (très) souvent.

Si vous êtes habitués aux optiques (macro ou non) dotées d’un mécanisme d’autofocus, shooter avec cette optique entièrement manuelle risque de vous obliger à revoir certaines de vos habitudes…

Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro - Jean-Nicolas Lehec

Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro – 65 mm – f/2,8 – 1/320s – 8000 ISO

Dans la pratique, les photos obtenues grâce à la cellule interne de notre Fujifilm X-T2 sont correctement exposées ; toutefois, le fonctionnement manuel de l’objectif peut s’avérer assez fastidieux sur le terrain. Ce qui, malheureusement, vient entacher la bonne impression que nous avions de cette optique au vu de la qualité des images qu’elle permet d’obtenir.

Quelles sont les alternatives au Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro ?

La question des alternatives à cette optique Laowa est épineuse, car elle s’avère plutôt atypique. En effet, le dernier-né de l’opticien chinois est l’un des rares objectifs macro à offrir un rapport de grossissement maximal de 2:1 – là où la quasi-totalité de ses concurrents ne va pas au-delà de 1:1.

De ce point de vue, les seules optiques à offrir un tel rapport de grossissement viennent justement de chez… Venus Optics avec les Laowa 60 mm macro f/2.8 et Laowa 100 mm f/2.8 2x Ultra Macro APO. Seulement voilà, ces deux optiques sont uniquement proposées pour les reflex APS-C de Canon et Nikon (60 mm) et les boîtiers plein format de Canon, Nikon et Sony (100 mm).

 

Pour aller encore plus loin dans l’infiniment petit, il vous faudra vous tourner vers le Laowa 25mm f/2.8 ultra macro 2.5-5x, qui offre un rapport de grossissement maximal de 5:1. Mais elle est uniquement compatible en monture Canon EF, Nikon F, Sony FE et Pentax K et ne vise donc pas la même cible d’utilisateurs. Pour cette même raison, nous ne nous attarderons pas sur le Canon MP-E 65 mm f/2,8 Macro 1-5x, uniquement compatible avec les reflex Canon.

Laowa 25mm f/2.8 ultra macro 2.5-5x

Du côté de la monture Fujifilm X, vous pourrez vous orienter vers l’objectif Fujifilm XF 80 mm f/2,8 R L OIS WR. Offrant une longueur focale similaire, elle mise elle aussi sur une ouverture maximale à f/2,8. Cependant, l’approche de Fujifilm est complètement différente, puisque son optique est équipée d’un mécanisme d’autofocus et de système de stabilisation interne.

D’une manière assez prévisible, cette optique haut de gamme signée Fujifilm est donc deux fois plus lourde que celle de Laowa (750 g contre 335 g)… mais aussi deux fois plus chère, puisqu’elle est proposée aux alentours de 1150 €. Enfin, son rapport de grossissement maximal est de 1:1. Elle ne vise donc à répondre ni aux mêmes usages ni aux mêmes budgets que notre Laowa 65 mm… et la comparaison entre ces deux optiques n’est pas réellement pertinente.

Fujifilm XF 80 mm f/2,8 R L OIS WR

Au final, la seule véritable alternative à notre Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro vient du côté de la Corée du Sud. En effet, l’approche du Samyang 100 mm f/2,8 macro ED UMC se révèle très similaire à celui de l’optique de Laowa… malgré une longueur focale plus importante — 100 mm pour l’objectif Samyang. Même form factor, même ouverture à f/2,8 et même absence d’autofocus et de stabilisation. Son tarif de 470 € lui donne même l’avantage d’être moins onéreux que l’objectif de Laowa.

Samyang 100 mm f/2,8 macro ED UMC

Cependant, l’optique de Samyang s’avère plus lourde (705 g) et sa distance minimale de mise au point est de 30,7 cm, là où celle du Laowa descend à seulement 17 cm. Enfin, son rapport de grossissement maximal est de « seulement » 1:1, donnant ainsi au Laowa un avantage décisif.

Au final, le Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro est une optique qui n’a pas vraiment d’équivalent sur le marché, tant en termes de prix, de grossissement maximal ou de poids. Autant d’atouts qu’elle peut ainsi faire valoir pour séduire les aficionados des hybrides APS-C de Fujifilm, Sony et Canon.

Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro – 65 mm – f/2,8 – 1/100 – 2500 ISO

À qui s’adresse le Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro ?

Avec sa longueur focale de 65 mm (équivalent 100 mm en full frame), sa distance minimale de mise au point de 17 cm et son grossissement 2x, cette optique signée Laowa s’adresse prioritairement aux photographes souhaitant photographier l’infiniment petit. Insectes, fleurs, feuilles, gouttelettes d’eau, infimes détails d’objets du quotidien… les amateurs de macrophotographie devraient être ravis.

Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro - Jean-Nicolas Lehec

Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro – 65 mm – f/2,8 – 1/400s – 5000 ISO

Grâce à sa mise au point pouvant aller jusqu’à l’infini, cette optique pourra aussi servir dans d’autres scénarios, par exemple pour de la street photography.

Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro – 65 mm – f/11 – 1/2500s – 250 ISO

Grâce à l’ouverture maximale à f/2,8 et à son diaphragme linéaire, cette optique permet de bénéficier d’un bokeh doux et progressif, qui met harmonieusement en valeur le sujet en l’isolant efficacement de l’arrière-plan. À ce titre, cette optique pourra aussi se révéler très utile pour de la photographie abstraite en jouant sur la profondeur de champ.

Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro - Jean-Nicolas Lehec

Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro – 65 mm – f/2,8 – 1/70s – 6400 ISO

Mais cette optique est entièrement manuelle et, à ce titre, offre une prise en main radicalement différente des optiques « modernes » auxquelles nous sommes aujourd’hui habitués. Ainsi, de par son grossissement maximal 2x, son absence d’autofocus et de stabilisation, cette optique nécessite une certaine maîtrise et ne sera pas forcément facile à appréhender, surtout par les néophytes. Laowa signe ici une optique exigeante mais qui permet de gagner énormément en expérience photo.

Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro - Jean-Nicolas Lehec

Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro – 65 mm – f/2,8 – 1/1100s – 5000 ISO

Conclusion

Au terme de ce test du Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro, trois adjectifs viennent à l’esprit : atypique, exigeant… et gratifiant.

Atypique, cette optique l’est à plus d’un titre. Légère et compacte, elle pèse seulement 335 grammes – mais opte pour un design tout en longueur assez intrigant. Entièrement manuelle et dépourvue de contacteurs électroniques avec le boîtier, elle vous obligera à vous passer des informations EXIF liées à l’optique. Si vous souhaitez disposer des informations liées à l’ouverture (par exemple), il vous faudra donc l’écrire… à la main.

Atypique, cette optique l’est aussi de par sa distance minimale de mise au point de seulement 17 cm et son rapport de grossissement x2. Insectes, fleurs, feuilles, gouttelettes… ce Laowa 65 mm offre de plonger dans l’infiniment petit. Il pourra aussi vous inciter à (re)découvrir votre environnement en le voyant sous un jour totalement différent, où chaque micro-détail peut prendre une dimension artistique insoupçonnée.

Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro

Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro – 65 mm – f/2,8 – 1/100 – 1600 ISO

Mais il peut aussi faire la mise au point jusqu’à l’infini (contrairement à bien d’autres de ses concurrents) et pourra donc être mis à profit pour des portraits ou des scènes de rue où le sujet se distingue harmonieusement de l’arrière-plan.

Exigeant, cet objectif l’est indéniablement. Il offre une très bonne qualité d’image. La sensation de piqué est excellente et l’homogénéité remarquable. Et ce, quelle que soit l’ouverture ou la distance de mise au point. On regrettera seulement une certaine sensibilité à la diffraction à partir de f/11 et avec les sujets les plus lointains.

Mais cette optique n’est pas forcément la plus facile à appréhender. Dénuée d’autofocus et de stabilisation, elle oblige à (re)prendre des habitudes héritées des objectifs argentiques. Elle vous forcera aussi à vous montrer extrêmement rigoureux dans le cadrage et dans la mise au point.

Mais ne vous laissez pas effrayer par cette apparente complexité : avec un peu de pratique, vous pourrez accroître vos connaissances et votre savoir-faire photographique et capturer d’excellentes photos. Car c’est là que réside la principale force de cet objectif : une fois maîtrisé, il s’avère extrêmement gratifiant et vous permettra de capturer de belles, voire de très belles images.

Au final, la recette de ce Laowa 65 mm macro lui permet de ne pas avoir de réel concurrent en monture Fujifilm X. Disponible au tarif de 529 €, il présente un rapport qualité-prix très intéressant – d’autant qu’il offre une très belle qualité de fabrication et de finition. Aussi, il devrait séduire les amateurs de macrophotographie et complète avantageusement le parc optique des hybrides APS-C Fujifilm, Sony et Canon.

Test Laowa 65 mm f/2,8 2x Ultra Macro : l'infiniment petit pour hybride APS-C
Qualité de fabricationOptique légère et assez compacteExcellent piqué, qualité d'image remarquableAbsence d'aberrations chromatiquesDistance minimale de MAP de 17 cm seulementGrossissement max 2xTrès bon rapport qualité-prixBague de MAP très soupleBague d'ouverture linéaire
Aucune communication entre le boîtier et l'objectifL’absence d’AF et de stabilisation impose un certain temps d’adaptation et demande une utilisation (très) rigoureuseDiffraction à partir de f/11Confusion entre f/16 et f/22 très facile à faire sur la bague d'ouverture
8.3Note finale
Fabrication / finitions9
Qualité d'image9
Ergonomie générale / praticité7