A quoi ressemble une photo republiée de nombreuses fois sur Instagram ? Le jeune photographe Janick Entremont a chargé un autoportrait sur le réseau social, l’a téléchargé et a répété l’opération plus de 300 fois pour voir le résultat de la compression appliquée par les algorithmes de l’application. A la fin, le portrait est méconnaissable.

« La perte de qualité et la déformation de l’image sont les conséquences d’une compression algorithmique ». Voilà ce qu’a observé Entremont qui cherche à savoir ce que peuvent devenir nos données numériques et comment elles vont durer dans le temps. Visiblement altérées et changées par la compression. C’est en tout cas ce qui se passe lorsqu’on soumet son autoportrait a plus de 300 chargements sur Instagram.

Photo originale / Après 80 rechargements / Après 340 rechargements

Un gif illustre l’effet de le compression numérique appelée « Generation loss » :

Pour le photographe, le projet est révélateur du traitement de nos données numériques souvent maltraitées, en ligne ou hors ligne et du flot d’images générées par ce type d’application. Cela montre également comment une mauvaise utilisation des réseaux sociaux peut modifier notre apparence et notre bien-être.

Photo originale / Photo après 90 rechargements

En 2015, l’artiste Pete Ashton avait déjà tenté cette expérience intitulée  » I am Sitting In Instagram « qui comptabilisait 90 retéléchargements. La compression et le résultat sont assez différents de ceux obtenus avec l’image de Janick Entremont, mais il est difficile d’en connaître les raisons et de s’avoir s’il s’agit de l’image initiale ou de l’algorithme de compression de l’application qui a pu évoluer.

Reste que cette petite expérimentation est là pour nous rappeler une chose : à chaque fois qu’une image JPEG est enregistrée, elle est compressée et résulte dans une perte de données, d’où l’importance d’utiliser des fichiers sources sans les modifier directement, comme ce que propose le format RAW en photographie.