Visa pour l’image, le plus important festival international dédié au photojournalisme, a débuté sa 31ème édition le 31 août et se terminera le 15 septembre 2019. Au programme, on peut y retrouver des expositions accueillant plus d’un millier de photographies, des projections, des échanges, des rencontres et conférences avec des photographes et professionnels de l’image, et les remises des prix et des fameux Visa d’or !

© Valerio Bispuri - Prisonniers

© Valerio Bispuri – Prisonniers

Le droit d’enquêter, entre protestations et environnement

Les lauréats de Visa pour l’image font état des protestations économiques et sociales, des conflits armés, des luttes pour la protection de l’environnement, et des crises humanitaires qui ont secoué les populations et leurs pays. Et cette année, à travers leurs travaux, c’est aussi un état des lieux de la profession des journalistes qui est fait : les atteintes à la liberté de la presse, les consoeurs et confrères menacés et assassinés, les conditions de travail qui empirent, et maintenant la défiance envers ces relais de l’information.

“Les politiques – même dans les grandes démocraties – reprochent de plus en plus facilement aux journalistes de faire leur travail, qui les embarrasse si souvent. Le public a de moins en moins confiance dans les médias. Il faudrait tout remettre à plat, s’interroger, afin de regagner cette confiance. Car l’information, le droit d’enquêter en toute liberté et en toute honnêteté, reste l’un des piliers de la démocratie.” –

Jean-François Leroy, directeur de Visa pour l’image, le 29 avril 2019

© Patrick Chauvel - 50 ans sur le front

© Patrick Chauvel – 50 ans sur le front

Ainsi, dans cette reconquête de la confiance, à Perpignan on met autant en avant les baroudeurs expérimentés qui ont sillonné la terre de leurs pas pendant des décennies que les jeunes reporters en herbe qui ont vu leurs premiers reportages récompensés. Les visiteurs peuvent alors se (re)plonger dans les images de Patrick Chauvel, correspondant de guerre qui a passé “50 ans sur le front” à travers de nombreux territoires. A ses côtés, ils peuvent découvrir le travail de la jeune lauréate du Prix Camille Lepage 2018, Kasia Strek, sur l’ampleur encore bien conséquente des avortements interdits et réprimés dans le monde.

© Kasia Strek - Le prix du choix

© Kasia Strek – Le prix du choix

Parmi les luttes qui ont chahuté le monde cette année, les manifestations portées par les Gilets Jaunes en France font partie du programme, notamment avec les reportages d’Olivier Coret (du collectif Divergence-Images) et d’Eric Hadj. En documentant les protestations du côté des manifestants et de la police, ils cherchent à questionner et comprendre les implications économiques, politiques, fiscales et sociales de ce mouvement fluctuant.

Enfin, dans le contexte international de prise de conscience écologique, les combats menés pour l’environnement sont mis en à l’honneur. Le photographe Brent Stirton témoigne du travail de longue haleine des “Rangers” contre le braconnage en République démocratique du Congo, quand Kirsten Luce tente de sensibiliser le public à la maltraitance animale au sein du commerce touristique de la faune (zoos, safaris, etc.).

© Olivier Coret - Gilets Jaunes

© Olivier Coret – Gilets Jaunes

© Brent Stirton – Rangers

© Kirsten Luce - La face cachée du tourisme de la faune

© Kirsten Luce – La face cachée du tourisme de la faune

Au travail reconnu… avec les “Visa d’or”

En plus de tous ces reportages sur le long cours exposés, ce qui fait Visa pour l’image ce sont aussi les nombreux prix qui permettent de reconnaître la qualité et/ou la portée de certains travaux.

Au cours de la semaine du 2 au 7 septembre 2019, lors de soirées de projections, plusieurs “Visa d’or” seront remis à des photographes pour récompenser les reportages les plus marquants, notamment le Visa d’or Paris-Match News, remis le 7 septembre, et le Visa d’or de la presse quotidienne, remis le 4 septembre. D’autres récompenses seront également attribuées, tels que le Prix de la Ville de Perpignan Rémi Ochlik, pour le meilleur reportage publié ou non de l’année 2019, et la Bourse Canon de la femme photojournaliste, en reconnaissance de la contribution au photojournalisme par une photographe.

© Laura Morton - University Avenue

© Laura Morton – University Avenue

Cette 31ème édition du festival met sur le même plan les combats environnementaux, politiques, sociaux et économiques. Ainsi, le projet “University Avenue” de Laura Morton qui met en lumière les fortes inégalités entre deux communautés voisines de la baie de la Californie, exposé aux côtés du reportage Dar Yasin dédié au long conflit du Cachemire entre les forces indiennes et pakistanaises embourbant le peuple Cachemiri dans un quotidien de tensions, nous rappelle les conséquences souvent irrémédiables des conflits, armés ou non, contre les populations, l’humanité, et la terre que l’on habite.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à aller consulter le site officiel de Visa pour l’image Perpignan.

Le festival se tient du 31 août au 15 septembre 2019 de 10h à 20h. L’entrée est libre (sauf pour les rencontres Transmission pour image soumises à inscription).

© Dar Yasin

© Dar Yasin

© Lynsey Addario

© Lynsey Addario 

© Guillermo Arias - La caravane

© Guillermo Arias – La caravane