Si l’intelligence artificielle apparaît à toutes les sauces des fabricants, notre test de Topaz Sharpen AI nous a montré que l’éditeur texan savait intégré l’apprentissage profond (deep learning) dans ses logiciels avec pertinence. Topaz revient de nouveau sur le devant de la scène avec une version 4 de son logiciel de redimensionnement des images Gigapixel AI dont nous vous proposons un test rapide.

Redimensionner une image en minimisant les artefacts

En travaillant sur l’apprentissage profond comme moteur de traitement de l’image, Topaz Gigapixel AI promet de redimensionner les images en minimisant les artefacts propre au redimensionnement. En effet, si la plupart des capteurs photographiques que nous utilisons aujourd’hui offrent une définition suffisante pour la majorité des usages, nous sommes parfois amenés à recadrer notre photo et donc perdons une partie de l’information.

De la même façon, lorsqu’il s’agit de réaliser des tirages de grandes tailles ou de fouiller dans nos archives, il se peut que la définition de nos images soit insuffisante, sans parler de scans réalisés à partir de négatifs.

De nombreuses méthodes existent pour recréer cette information, l’interpolation bicubique est la plus courante et si elle est lente, elle produit des résultats parfois acceptables, souvent peu convaincants en raison de la création d’artefacts et de la génération de bruit excessif.

A lire : MP #160 : Pixels, définition et résolution d’image

Le deep learning au secours de la petite photo

Topaz Gigapixel AI promet de redimensionner l’image de 20% à 600% en minimisant la perte due à cette conversion grâce à un puissant moteur d’intelligence basé sur de l’apprentissage profond. Le traitement du logiciel opère pixels par pixels. Un réseau neuronal analyse des milliers de paires de photos pour savoir comment les détails se perdent habituellement. L’algorithme apprend à  » remplir  » l’information dans de nouvelles images à partir de ce qu’il a appris… ajoutant efficacement de nouveaux détails à votre photo.

Topaz Gigapixel AI : un logiciel gourmand en ressources

En revanche, Gigapixel AI est particulièrement gourmand en ressources, raison pour laquelle, selon l’éditeur, le logiciel n’est proposé qu’en version autonome. Pour fonctionner efficacement il faudra au minimum 8 Go de Ram et une carte graphique indépendante dont 2 Go seront alloués au traitement du calcul.

Pour faire un simple upscaling 2x, l’ordinateur fait environ 1,4 million d’opérations par pixel. Une fois que vous passez à l’upscaling 4x le nombre passe à 2,4 millions d’opérations par pixel. Plus votre image est grande et plus le suréchantillonnage est important, plus votre machine devra effectuer de calculs.

A titre d’exemple pour passer d’une photo de 12 millions de pixels ( 4000 x 3000 ) à 24 millions de pixels ( 8000 x 6000 ) il aura fallu au logiciel plus de 30 minutes de calcul sur notre machine équipé d’une configuration standard avec 8Go de Ram et une carte graphique Nvidia GTX 1050.

Un fonctionnement intuitif et simple

Proposé en version d’essai gratuite pendant 30 jours, nous avons téléchargé le logiciel en version Windows. Le fonctionnement est intuitif grâce à un simple glisser-déposer de l’image (il est possible d’effectuer du traitement par lot) et une fenêtre sur la droite permet quelques réglages comme le taux de mise à l’échelle ou encore la dimension personnalisée en fonction de la résolution souhaitée. Avec cette nouvelle version 4, en plus de l’upscalling x6 il est aussi possible d’ajuster le bruit et le flou. La gestion de la résolution et du format de sortie existant déjà.

Pour tester le logiciel nous avons dans un premier temps utilisé un extrait d’image zoomé à 200%.

Puis nous l’avons passé dans Gigapixel AI :

Le résultat est intéressant. Si du bruit fait son apparition nous récupérons beaucoup de détails dans les ombres.

Même résultat avec le zoom à 50% de cette image :

Avant

Après

Non seulement on gagne en définition mais en plus l’image est clairement plus nette après être passée dans le logiciel.

Enfin, un peu vicieux, nous nous sommes amusés à voir ce que Gigapixel AI serait capable de nous sortir avec des photos d’archives issues de Google Images.

Image originale ( 267 x 189 px) directement téléchargée de Google Images :

Après un dimensionnement x6

Le résultat est bluffant. Après un autre essai, là encore le logiciel récrée des pixels là où ils n’étaient même pas à la base, puisque la photo originale est une vignette issue de la recherche Google.

Avant ( image directement téléchargée depuis Google Image en 400 x 262 px)

Après en 1920 x 1080 px

Là encore le résultat est étonnant. Si on s’attendait à obtenir de bons résultats avec des photos tirées directement de nos archives puisque les images étaient, si ce n’est soignées, au moins réalisées avec un reflex et un bon objectif, nous étions loin d’imaginer obtenir de tels résultats avec de simples vignettes directement tirées du web et dans d’aussi basses définitions.

Topaz Gigapixel AI : une réussite, mais gourmande en ressources

Au final le logiciel Topaz Gigapixel AI est une réussite et se distingue par sa simplicité d’utilisation. Le véritable reproche que l’on pourra lui faire est sa forte gourmandise en ressources, mais si vous avez besoin d’un outil permettant un ré-échantillonnage de qualité il est sans doute parmi ce qui se trouve de mieux sur le marché en ce moment

Topaz Gigapixel AI est en promotion jusqu’au 5 avril et est proposé au tarif de 79,90 €. Passé cette date il passera à 99,90 € et la mise à jour est gratuite pour les possesseurs de versions antérieures. Une version d’essai est disponible sur le site de Topaz.

Mise à jour : OuiOuiPhoto a réalisé un test en vidéo du logiciel, et son retour est également très positif :