Avec la série des Ricoh GR, la marque japonaise porte en elle une pièce iconique qui depuis des années touche le cœur des photographes amateurs et plus particulièrement celui des photographes de rue. Cette nouvelle version du compact expert , troisième du nom, dénommée GR III se pare de solides arguments pour non seulement continuer à séduire mais aussi s’ériger en maîtresse incontestée de la photographie de rue.

Si esthétiquement le boîtier change peu (on reviendra un peu plus loin sur les modification esthétiques) c’est surtout à l’intérieur que les évolutions sont les plus notables, à commencer par un capteur CMOS APS-C qui passe de 16 à 24,24 millions de pixels. Cette augmentation de presque 50% de la définition ne pouvait s’accomplir sans la présence d’un nouveau processeur, le GR Engine 6, capable non seulement de digérer la définition accrue sur des RAW 14 bits (12 bits initialement) mais aussi de gérer un nouvel autofocus et la stabilisation du capteur.

Le Ricoh GR III se dote en effet d’une réduction des vibrations par déplacement du capteur sur 3 axes pour gagner 4 EV. Mais en plus, son autofocus hybride par corrélation de phase et détection du contraste gagne en vélocité. Une vélocité qui se retrouve aussi dans le démarrage puisqu’il ne lui faut que 0.8 secondes pour se réveiller.

Aussi supposé performant que ce nouvel AF soit, n’oublions pas cependant qu’un des atouts formidables de la série des Ricoh GR est sa fonction Snap, laquelle permet de court-circuiter l’autofocus en jouant sur l’hyperfocale ou tout simplement l’échelle de profondeur de champ en fonction de l’ouverture du diaphragme. Ainsi on peut définir l’étendue de la zone de netteté en fonction de la distance à laquelle on se trouve du sujet. Cette méthode reste précieuse en photographie en rue ou le mythe de l’instant décisif reste vivace.

Ainsi donc le Ricoh GR III ne gagne toujours pas de viseur mais son écran LCD TFT de 3 pouces et d’une définition de 1,037 millions de points passe enfin au tactile. Une avancée réelle qui permettra de sélectionner le point sur un sujet du bout du doigt, d’autant que ce passage au tactile s’accompagne de la technologie air gapeless laquelle consiste en une résine spéciale placée entre l’écran tactile et un verre renforcé pour diminuer les reflets et améliorer le confort d’utilisation en extérieur.

Notons aussi que si la longueur de focale et l’ouverture n’évolue pas, l’optique 18,3 mm (équivalent 28 mm) est en réalité nouvelle puisque la formule se compose désormais de 6 éléments répartis en 4 groupes au lieu de 7 éléments répartis en 5 groupes. Une architecture qui devrait en théorie favoriser aussi la vélocité d’autofocus.

Selon le constructeur, cet objectif se compose d’un élément en verre à forte réfraction et à faible dispersion et un élément en verre moulé pour offrir « les images les plus claires et les plus précises de l’histoire de la série GR ». Selon Ricoh toujours, la formule réduit au minimum les aberrations chromatiques et la distorsion ainsi que les images fantômes et les flares. Un joli programme que l’on peut appréhender positivement tant la série des GR a toujours su se distinguer par un couple capteur-objectif à la hauteur de ses ambitions.

Pour accroître encore la qualité d’image, le capteur est dépourvu de filtre passe-bas afin d’accentuer la sensation de netteté. Du coup, pour contrer le phénomène de moirage qui intervient lorsqu’un sujet entre en interférence avec la matrice du capteur, Ricoh utilise son système de stabilisation SR pour créer des micro-vibrations pendant l’exposition et rendre le système aussi efficace qu’un filtre optique. A tester sur le terrain si ça change vraiment quelque chose, mais en tout cas le sytème est réglable en intensité et fonctionne jusqu’au 1/1000s.

Au niveau de la qualité d’image, notez que la sensibilité passe de 25 600 ISO pour le GR II à 102 400 ISO pour le Ricoh GR III, ce qui est une bonne nouvelle pour la photo en faible lumière, mais nous reconnaissons ici une petite déception : la première série des Ricoh GR Digital était pourvu d’un objectif ouvrant à f/1,9 et nous aurions aimé retrouver cette ouverture au lieu d’encore avoir au mieux une ouverture de f/2,8.

Ne gâchons pas la fête cependant : le diaphragme à 9 lamelles du GR III autorisera de beaux flou d’arrière plan. En revanche la pilule risquera de beaucoup moins bien passer pour les amateurs de fill-in puisque le flash intégré disparaît. Que les fans de Bruce Gilden se rassurent, il sera toujours possible d’utiliser les flash du système Pentax entièrement compatibles. Mais …. il dépannait bien ce flash intégré.

Cette disparition est-elle dûe aux quelques millimètres gagnés ça et là sur son prédécesseur ? En effet, par rapport aux dimensions du GR II , le GR III passe de 6,3 x 11,7 x 3,47 cm à 6,19 x 10,94 x 3,32 cm. La différence n’est pas énorme mais dans la main, le gain de taille est là. En fait, le Richo GR III devient plus dense puisqu’il gagne cependant en embonpoint, passant de 251 grammes à 257 grammes. Notons aussi que le sélecteur AF / AFL / AF-C, la touche Fn2 et le mode Tav disparaissent, Ricoh souhaitant garder un boîtier minimaliste.

Au rayon des regrets c’est aussi la drastique baisse d’autonomie qui risque de faire hésiter certains utilisateurs du GR II à passer au GR III puisque l’autonomie passe de 320 à 200 photos avec la nouvelle batterie DB-110 pourtant plus puissante que la précédente de 100 mAh.

Lancer un appareil photo en 2019 c’est aussi l’inscrire dans l’ère de la communication. Si le Ricoh GR II avait déjà le Wi-Fi , le Bluetooth fait son apparition et surtout la possibilité de transférer directement les images et les transférer sur les réseaux. Par contre, clairement, la vidéo n’est pas le point fort du Ricoh GR III : même s’il permet tout de même de filmer en Full HD 1080 60p, oubliez la 4K. Par rapport au prédécesseur, la stabilisation est active en vidéo et la cadence est augmentée.

Enfin, pour accompagner le GR III, Ricoh propose plusieurs accessoires optionnels dont l’intéressant complément optique grand-angle GW-4 qui permet de passer d’un équivalent 28 mm à un 21 mm, idéal pour les photos de paysage.

Prix et disponibilité du Ricoh GR III

Le Ricoh GR III sera proposé au tarif de 899€ à partir de la fin mars 2019.

Notre premier avis sur le Ricoh GR III

Finalement ce GR III n’est pas une révolution. A notre goût il manque toujours un viseur pour venir chasser sur les terres du Fujifilm X-100F et dans un monde idéal nous aurions souhaité en plus une déclinaison 35 mm et à tout le moins une optique plus lumineuse.

Cependant le Ricoh GR III marque un véritable progrès par rapport à son prédécesseur. Quasiment tout l’électronique progresse : l’autofocus passe à l’hybride et gagne en vélocité, le capteur désormais stabilisé fait un bond en définition, la sensibilité augmente, l’écran devient tactile et même la vidéo passe en 60p.

Cependant des zones d’ombres persistent à commencer par la disparition du flash intégré et surtout une autonomie en forte baisse. Pourquoi ces choix ? Pour véritablement vous le recommander il faudrait que nous le testions, mais sur le papier cette nouvelle itération marque une belle évolution et surtout signe la maîtrise de Ricoh dans un domaine où la concurrence a bien diminué, celui des compacts experts à focale fixe.

La lignée des GR garde en tout cas de solides arguments pour convaincre et ce dernier-né semble bien pourvu. Sa plus grande difficulté sera finalement non pas de s’imposer comme un bon appareil photo mais de faire face à de nouveaux usages. Aujourd’hui la plupart des photographes, même pro, réservent leur matériel haut de de gamme pour des commandes ou une démarche spécifique et sortent dans la rue avec uniquement …. leur smartphone. Évidement la démarche est différente mais l’usage a prit le pas sur la qualité. En tout cas il reste pour ce Ricoh GR une construction et surtout une ergonomie considérée pour certains comme exemplaire.