Alors qu’il s’intéressait à l’Asie Centrale, Elliott Verdier découvre le Kirghizstan, un pays dont peu de gens ont entendu parler. Sa curiosité est piquée et le jeune parisien s’envole alors à la découverte de ce pays aux airs sauvages et de ses habitants.

Le doyen de Min kush, 94 ans © Elliott Verdier

Son goût pour la photographie, Elliott Verdier le développe grâce à son entourage notamment son baby-sitter qui lui fit faire le tour de la capitale française un appareil photo à la main. Plus tard, son parrain grand collectionneur, notamment de tirages photo, l’aidera à aiguiser son regard. Finalement Elliott Verdier étudiera la photographie aux Écoles de Condé de Paris.

Mark Siniakov, 16 ans © Elliott Verdier

© Elliott Verdier

Du haut de ses 25 ans, le photographe part faire des reportages dans le monde y compris en Mongolie et son intérêt pour l’Asie grandit de plus en plus. C’est en faisant des recherches sur cette partie du monde qu’Elliott Verdier tombe sur le Kirghizstan, une zone dont il n’avait jamais entendu parler auparavant. Il se documenta alors et la vision d’un territoire si « brut » le séduisit. Mais le Kirghizstan réservait quelques surprises au jeune homme.

© Elliott Verdier

© Elliott Verdier

Elliott Verdier s’envole donc une première fois au Kirghizstan sans trop prendre de photos, un premier voyage qui sera plus de la découverte. Attiré pas ce pays, le photographe reviendra une deuxième fois pour habiter dans la capitale, Bishkek pendant quatre mois. Il y constate un paysage certes sauvage, mais une population très connectée à son grand étonnement « ma plus grosse surprise fût d’y découvrir une jeunesse moderne, connectée, ambitieuse et dynamique ».

© Elliott Verdier

Ayim, 24 ans, © Elliott Verdier

Photographiant à la fois le paysage et les habitants avec sa chambre Sinar F1 ou son Nikon D800, Elliott nous confie se sentir plus nerveux pour la réalisation des portraits : « il y a cette envie et ce devoir, d’exprimer quelque chose sur quelqu’un. J’ai toujours peur de ne pas viser juste. Il est bien plus subtil de trouver une émotion juste à travers une personne qu’un paysage figé. Pour qu’un portrait soit réussi, il ne faut pas seulement un visage intéressant, il faut une attitude, un regard, un don de la personne. »

Un chasseur à min Kush, © Elliott Verdier

© Elliott Verdier

© Elliott Verdier

C’est donc un nouveau monde qui s’ouvre au jeune homme, un monde à première vue pas si différent du nôtre, sauf peut-être dans certaines coutumes, comme nous le raconte avec humour Elliott Verdier : « J’étais à Mailuu Suu, une ville d’abord destinée à l’extraction d’uranium, qui, aujourd’hui, subsiste grâce à une importante usine d’ampoules. Un soir, après une journée nerveusement épuisante, on part se décrasser dans un sauna avec un ami photographe et le chauffeur/interprète qui nous accompagne. On est seuls avec lui qui veut nous montrer la manière locale. Nu et bedonnant, il demande à mon ami de s’allonger les fesses à l’air et commence à le fouetter avec des branches de bouleaux frais. Les gouttes de transpiration voltigent dans l’étouffante chaleur du sauna au rythme de la flagellation. Je savais que j’allais aussi y passer ! »

Une rivière non loin de Bishkek. Il fait -18°C, © Elliott Verdier

© Elliott Verdier

© Elliott Verdier

Et Elliott Verdier n’en a pas fini avec les pays peu médiatisés. Après cette série nommée A shaded path, dont il a fait un livre, il se lance dans un nouveau projet pour faire découvrir le Liberia (en Afrique de l’Ouest) et parler de sa résilience collective à la suite de la guerre civile. Un projet qui se penchera sur les formes de traumatismes. Quinze ans après, quels sont les sentiments qui emplissent encore le coeur des habitants, y’a-t-il de la vengeance dans les esprits, du pardon, comment ce passage de leur histoire est transmit ?

Le jeune homme explique enfin qu’il n’est pas tant passionné par le lieu mais plutôt par l’histoire des populations qui y vivent : « Finalement, ce n’est jamais véritablement le territoire qui me passionne, mais plus les personnes qui l’occupent, le poids de leur passé, l’incertitude de leur avenir et la fragilité qui se trouve au milieu ».

Un mineur de charbon à Min Kush, © Elliott Verdier

En attendant les nouvelles aventures de Elliott Verdier, retrouvez tous ses projets sur son site internet.