Jonathan Jimenez alias Jonk, est un photographe français qui a réalisé deux road trips dans les Balkans pour photographier des monuments à l’architecture tranchée commémorant la Seconde Guerre Mondiale appelés les Spomenici. Il leur dédie le livre Spomeniks paru en août 2018 et édité par la maison d’édition anglaise Carpet Bombing Culture et nous compte leurs histoires.

Amoureux des lieux abandonnés, c’est en faisant des recherches sur Internet pour son premier voyage qu’il découvre l’existence de ces monuments datant des années 60. Il décide de partir à leur découverte pour les photographier et en faire un livre photo. Il le baptisera Spomeniks pour « ajouter une touche artistique » au mot Spomenici (qui signifie « monument » en yougoslave) explique-t-il dans son livre.

« One Hundred for One » – Nandor Glid (1980) Sumarice Park, Kragujevac en Serbie

À travers les sept pays de l’ex-Yougoslavie – le Monténégro, la Bosnie-Herzégovine, la Slovénie, la Serbie, le Kosovo, la Macédoine et la Croatie – il parcourt en tout pas moins de 4 500 kilomètres pour cette « chasse au trésor » comme il l’appelle dans son introduction.

« The Flower of Freedom » – Jordan Gradul (1969) Mrzenski Hill, Gevgelija en Macedoine

Après deux ans (2016-2017) de voyage et de shooting, Jonathan Jimenez publie enfin son livre Spomeniks dans lequel il dévoile les cinquante monuments qu’il a pu photographier. Un livre simple et clair mais totalement rédigé en anglais. Jonk nous montre ces monuments impressionnants aujourd’hui abandonnés, parfois cachés et tente de nous raconter tant bien que mal leur histoire.

« Pour chaque monument je voulais donner des informations, même les plus basiques qu’il soit comme le nom de l’architecte ou la date de fabrication mais pour certains c’était vraiment dur de trouver ».

Pour chaque photo, vous trouverez donc une page d’explication sur le monument et son contexte historique. Car ces monuments ont été érigés pour célébrer la résistance yougoslave communiste contre les fascistes au temps de Tito. Ces sculptures et chefs d’oeuvres architecturaux faits de béton et aux formes angulaires ont un sens politique et étaient très populaires dans les années soixante-dix.

Aujourd’hui, le peuple semble avoir tourné la page, en ne se rendant que très rarement sur ces lieux qui rappellent un pan de l’histoire communiste de la région. Comme on peut le voir sur les photos de Jonathan Jimerez, le public a déserté les lieux, même si l’ensemble reste entretenu et n’est pas laissé à l’abandon.

Dans ce livre on découvre des monuments impressionnant comme le Seagull Wings Monument à Podgora en Croatie, qui est l’un des plus grands monuments présentés du haut de ses 60 mètres. Avec deux bras qui s’élancent vers le ciel, il est élégant et impression. En Serbie, c’est un tout autre style qu’offrent les sculptures Slobodište Memorial Complex, un ensemble qui ressemble à de lourds papillons sortant du sol.

Ce livre, au format paysage de 29,7 x 21 cm comprend 200 pages. Il offre un bel aperçu de l’architecture de ces monuments massifs ainsi que des détails instructifs (en anglais). Contrairement à ce que l’on pourrait attendre, les photos ne semblent pas classées, ni par pays ni par un ordre quelconque, ce qui donne peut-être du fil à retordre pour comprendre le sens global de lecture du livre, qui s’apparente plus à un répertoire photographique qu’un récit.

Le livre Spomeniks de Jonathan Jimenez est disponible dans certaines librairies spécialisées et à la Fnac pour 28€.

Revue de livre : Spomeniks, les monuments oubliés de l'ex-Yougoslavie par Jonathan Jimenez
7.8Note finale
Contenu du livre7.5
Mise en page et impression7.5
Rapport qualité / prix8.5