Présent au dernier festival Circulation(s) en 2018, Arnold Veber est un jeune photographe russe qui a travaillé sur sa génération et ses dérives. Il en ressort une série sombre et humaine intitulée Last Night I’m Done.

Last Night I'm Done © Arnold Veber

Last Night I’m Done © Arnold Veber

Arnold avait 23 ans quand il a commencé cette série pour sa dernière année d’étude l’école d’art Rodchenko. Né en Russie, il a vécu sa crise d’adolescence dans un contexte totalement différent des autres européens.

C’est la photographie qui lui a donné les moyens de s’exprimer et de se découvrir en tant qu’artiste : « Je me vois maintenant comme un gars qui essaye de comprendre la réalité. »

Last Night I'm Done © Arnold Veber

Last Night I’m Done © Arnold Veber

Certains m’appellent le photographe, d’autres l’artiste, alors je pense que c’est au spectateur de décider qui je suis.

Last Night I'm Done © Arnold Veber

Last Night I’m Done © Arnold Veber

Il a découvert cet art dans son enfance, quand il avait besoin de se trouver une place dans la société : « La photographie a d’abord était un moyen de socialisation, je voulais être nécessaire, de faire partie du monde autour de moi. Donc j’ai donné aux gens de belles photographies, et en retour j’ai le sentiment d’être utile. »

En rentrant à l’école d’art, beaucoup de questions se bousculaient dans la tête de ce jeune artiste. Il voulait avant tout comprendre comment il pouvait photographier les jeunes, de quelle façon les immortaliser pour en ressortir leurs doutes et leurs certitudes.

Last Night I'm Done © Arnold Veber

Last Night I’m Done © Arnold Veber

C’est ainsi qu’est né le projet Last Night I’m Done pendant les dernières années de ses études, entre 2014 et 2015. Arnold Veber avait alors 23 ans et il a photographié des amis de son âge, mais également des personnes plus jeunes. Loin des photographies visibles sur les réseaux sociaux embellies par des filtres SnapChat, le photographe a voulu montrer la noirceur de ces nuits alcoolisées.

Toutes les photographies de la série montrent donc des jeunes moscovites en train de s’enivrer dans la capitale russe, que ce soit dans les rues ou dans des appartements. Un sujet difficile a traité, mais qui passionne notre artiste : « J’aime les gens fous qui boivent presque jusqu’à la mort et qui ont un comportement étrange. Je vois leurs actes comme une expérimentation de l’Homme sur lui-même. »

Last Night I'm Done © Arnold Veber

Last Night I’m Done © Arnold Veber

Les projets pour moi sont une manière de répondre à des questions que je me pose dans ma vie.

Last Night I'm Done © Arnold Veber

Last Night I’m Done © Arnold Veber

Pour lui, cette série est une « critique voilée de la politique ». En effet, ces jeunes adultes comblent le vide social de la Russie en buvant à outrance pour oublier leurs problèmes et leurs angoisses face à l’avenir. Plus qu’une documentation de la société postcommuniste, l’artiste a souhaité se « photographier à travers eux. »

Les interprétations sont diverses, et Arnold souhaite aussi que le spectateur se fasse lui-même sa propre idée du projet. Son but est donc d’inspirer des choses à des individus, pas seulement faire passer un message.

Last Night I'm Done © Arnold Veber

Last Night I’m Done © Arnold Veber

Sans juger ses sujets, le photographe tente de les comprendre et de percer leurs pensées : « Toutes ces beuveries sont comme des rituels qui nous rendent humains, comme si ce jeu soutenait une sorte d’humanité en nous faisant faire certaines choses. »

Et c’est avec un Canon 5D Mark III et un objectif 16-35mm f/2.8 qu’il a photographié ces fêtards. Pour l’éclairage, des lumières LED à distance étaient nécessaires dans cette nuit noire.

N’hésitez pas à explorer le travail de ce jeune talent sur le site du Collectif Cargo.