La photographe grecque Nicki Upstairs nous présente sa série Unseen Thessaloniki, récit historique et photographique de l’ancienne cité grecque de Thessalonique.

Unseen Thessaloniki Nicki Upstairs

Lighthouse Pier © Nicki Upstairs

Nicki a emménagé dans cette ville portuaire du golfe Thermaïque il y a 18 ans. Même si elle n’a pas grandi sur place, elle s’est rapidement intéressée aux histoires et au passé de Thessalonique. « J’ai toujours eu une passion pour raconter des histoires », nous explique-t-elle. « Ma fascination pour l’histoire m’a amené à faire plus de recherches et c’est ainsi que j’ai appris tant de choses qui se cachent à la vue de tous. »

Ainsi, cette ville remplie d’histoires est devenue le terrain d’investigation et de création privilégiée de la photographe. Elle nous explique son projet : « Vivant à Thessalonique depuis 18 ans, j’ai commencé à en découvrir des aspects inconnus de la plupart des gens, même des locaux. En apprenant cette histoire secrète, je me suis sentie obligée d’en informer plus de gens. »

Équipée d’un Nikon D3100 puis D750, la photographe est allée immortaliser les différents lieux de Thessalonique avec également deux objectifs Nikkor 18-55mm et 50mm.

Pour vous permettre aussi de voyager, nous allons vous présenter quelques-unes de ses photographies avec leurs significations. La série complète et les explications en anglais sont disponibles sur son site en bas de l’article.

Unseen Thessaloniki Nicki Upstairs

The Throne Pasha’s Gardens © Nicki Upstairs

Sur tous les clichés de cette série, Nicki Upstairs est également le modèle de ses photographies. Ici, elle s’est représentée avec une robe rouge sur des pierres mystérieuses au centre des « Jardins du Pacha ». Ce lieu date de 1904 et il baigne dans un flou historique propice à de nombreuses interprétations. Qui a construit ces structures en pierre et pourquoi ? Où mène ce tunnel ? Les maçons ottomans se réunissaient-ils ici ? Le cimetière a-t-il été le résultat d’un sacrifice humain ? Tant de questions et peu de réponses.

Unseen Thessaloniki Nicki Upstairs

Pavlos Melas Camp © Nicki Upstairs

Le camp de Pavlos Melas Camp a été construit sous l’Empire ottoman vers 1830. Il a été réquisitionné pendant l’occupation allemande et servait de base et de lieu d’exécutions. En effet, dès que les nazis faisaient face à un soulèvement ou à des mécontentements, ils choisissaient quelques prisonniers et les exécutaient pour l’exemple. Le camp a été abandonné depuis quelques années et vendu à la ville de Pavlos Melas dont les habitants attendent des logements.

Dans beaucoup d’images de sa série, Nicki Upstairs utilise le surréalisme pour pouvoir raconter une histoire réelle et parfois difficile à entendre. Ici, les différents massacres sont alors imagés par les gros ballons rouges s’envolant vers le ciel. Elle-même est en lévitation, comme transportée dans un sommeil très profond. « Je trouve que le surréalisme et le symbolisme sont de grandes techniques qui aident à raconter une histoire, sans submerger le spectateur de nombreux détails. En outre, le surréalisme est étroitement lié au monde des rêves, qui est pour moi une grande source d’inspiration. »

Unseen Thessaloniki Nicki Upstairs

Byzantine Watermills © Nicki Upstairs

La Grèce a aussi été longtemps sous le joug de l’Empire byzantin, dernier héritage de l’Empire romain qui s’est effondré en 1453 par la chute de Constantinople par l’armée ottomane. De nombreux vestiges sont encore présents, notamment dans la région de Thessalonique. Ici, Nicki s’est prise en photo devant un des 12 moulins à eau construits par les Byzantins. Ce site est également un véritable trésor végétal avec plus de 194 plantes différentes.

L’originalité de cette photographie réside dans cet autoportrait modifié rendant hommage à ces plantes rares qui poussent dans ce petit bout de monde. « J’aime dire que mes images montrent un autre type de réalité. »

Unseen Thessaloniki Nicki Upstairs

Zeitenlik © Nicki Upstairs

Zeitenlik, qui signifie oliveraie en turc, est le plus grand cimetière militaire de la Grèce depuis la Première Guerre mondiale. Plus de 20 000 personnes sont enterrées ici, aussi bien des Français que des Britanniques, des Italiens, des Russes, des Serbes ou encore des prisonniers bulgares. Tous ont perdu la vie sur le front macédonien entre 1914 et 1919.

Tous à l’exception d’une femme, la seule femme de la nécropole. Katherine Harley est une infirmière britannique membre des Scottish Women’s Hospitals qui ont servi en France puis en Grèce et en Macédoine. Cette femme a aidé à établir un hôpital dans un entrepôt de tabac désaffecté, a établi une unité d’ambulance motorisée et a apporté son aide dans une ville en Macédoine. Mais le 7 mars 1917, un obus est tombé dans la rue et l’a tuée. Bien qu’elle était civile au moment de sa mort, le peuple serbe a voulu lui rendre hommage en l’enterrant dans ce cimetière militaire en Thessalonique.

Nicki Upstairs apparait en répétition sur la photographie, montrant le désarroi des différentes familles de soldats morts pendant cette guerre. Ainsi, dans toutes ses photographies, l’artiste grecque a tenté sans cesse d’innover et de proposer quelque chose de nouveau artistiquement, ce qui est très original et difficile à accomplir. « Mon but est de toujours me mettre au défi et de grandir en tant qu’artiste avec chaque projet que je poursuis », nous explique Nicki.

Pour voir plus de photographies et apprendre plus d’histoires sur la Thessalonique, n’hésitez pas à visiter son site.