Au festival Circulation(s), Boris Loder expose sa série Particles, un condensé d’objets trouvés sur des lieux publics au Luxembourg.

Né en Allemagne, Boris a fait des études de littérature allemande et anglaise à l’université de Tübingen dans le sud-ouest du pays. Mais c’est au Luxembourg que ce jeune homme décide de s’installer pour exprimer son art à travers la photographie et l’écriture d’articles.

Boris Loder Circulation(s)

Terre Rouge, Dudelange, 2017 © Boris Loder

En effet, parallèlement à son activité artistique, Boris Loder collabore avec un hebdomadaire nommé D’Lëtzebuerger Land. Publié en allemand, en français et en luxembourgeois, le photographe est spécialisé dans les articles en rapport avec sa passion, la photographie.

Très inspiré par ses études, Boris aime explorer le comportement humain et matérialiser l’anthropocène, c’est-à-dire la trace de l’Homme sur la planète. Cette nouvelle ère géologique est marquée par l’influence de l’espèce humaine sur Terre, influence souvent négative comme le montre le réchauffement climatique.

Boris Loder Circulation(s)

Parking Garage, Luxembourg Gare, 2017 © Boris Loder

À l’image de la notion d’identité comme contenant présent dans la littérature, Boris a souhaité compresser l’esprit d’un lieu à l’aide de différents objets qu’il y collecte. À la façon de l’artiste César Baldaccini, des blocs de matériaux sortent de cette expérimentation artistique. Cependant, l’uniformité n’est pas le mot d’ordre du travail de Boris, mais plutôt l’individualité d’un endroit précis, comme un terrain de sport, un jardin derrière une église, un lieu abandonné ou encore une gare.

L’aspect écologique est évidemment présent dans le travail de Boris, mais il laisse beaucoup de place à l’étude de l’humain lui-même, à sa façon d’utiliser un lieu commun. Beaucoup de déchets sont en effet récupérés pendant cette performance artistique.

Boris Loder Circulation(s)

Sports Ground, Luxembourg Merl, 2016 © Boris Loder

La série Particles a débuté en 2016 et est encore en évolution grâce à la possibilité infinie de création. Chaque photographie a une histoire, un lieu, une signification. D’ailleurs, l’utilité du lieu a souvent peu de rapport avec ses visiteurs et donc ses objets laissés sur place.

Par exemple, le terrain de sport (ci-dessous) recueille principalement des restes d’un déjeuner rapide. La raison est que les étudiants prennent souvent leur pause à cet endroit initialement prévu pour faire de l’exercice.

Boris Loder Circulation(s)

Teachers’ Car Park, Luxembourg Hollerich 2017 © Boris Loder

L’usage premier d’un parking d’une école est d’accueillir les voitures des professeurs (au-dessus). Mais son usage second, qui récolte beaucoup plus de détritus est d’être le fumoir de ces mêmes enseignants d’un établissement non-fumeur.

Boris Loder Circulation(s)

Junkie Hideout, Luxembourg Hollerich, 2017 © Boris Loder

À deux pas de la Banque Internationale du Luxembourg, une maison abandonnée a été investie par des toxicomanes, d’où la quantité importante de seringues.

Boris Loder Circulation(s)

Church Wall, Luxembourg Hollerich 2017 © Boris Loder

Autour de cette église proche du Quartier de la Gare s’étend un joli parc boisé très appréciable en période estivale. C’est également un lieu très prisé pour la prostitution

Pour connaitre les histoires des autres lieux luxembourgeois, nous vous invitons fortement à faire un tour sur le site de Boris Loder. D’autres talentueux artistes vous attendent au festival Circulation(s) jusqu’au 6 mai, dont on vous parle depuis un moment.