Jusqu’au 15 juillet 2018, vous pouvez admirer sur les grilles du Jardin du Luxembourg les photographies impressionnantes de la série Origines d’Olivier Grunewald et de Bernadette Gilbertas. Immersion immédiate dans les entrailles de la Terre.

Bisons dans le parc national du Yellowstone dans le Wyoming. © Olivier Grunewald & Bernadette Gilbertas

Ainsi, le photographe et sa femme journaliste ont souhaité exposer 30 ans de photographie pendant 5 mois au: somptueux jardin du Luxembourg où les touristes, les Parisiens et les étudiants viennent admirer les premiers bourgeons du printemps.

Le but de l’exposition est non seulement de montrer les plus beaux clichés du photographe, mais également de sensibiliser le public aux origines de notre planète, d’où le nom de l’exposition : « Il y a cette satisfaction personnelle, mais il y a vraiment une démarche de sensibilisation. » La Terre a mis des millions d’années à se créer et à nous donner vie, il ne faut pas tout gâcher en si peu de temps.

Arc-en-ciel à Balanced Rock au cœur du parc national des Arches, dans l’Utah. © Olivier Grunewald & Bernadette Gilbertas

Après une formation de prise de vue publicitaire à l’école des Gobelins, Olivier Grunewald s’est réorienté rapidement vers la photographie de sports de montagne. Souhaitant travailler à l’air libre, le photographe élabore donc des studios photo à même la montagne pour pouvoir immortaliser l’ascension des alpinistes, des cascadeurs, des grimpeurs et des skieurs.

Après 10 ans dans cette spécialité, Olivier Grunewald commence à photographier des paysages grâce à une chambre photographique grand format dans le désert américain. Avant la naissance de l’appareil photo reflex, la prise de vue était longue et minutieuse, ne permettant pas à l’artiste de capturer plusieurs photographies en un laps de temps réduit.

Inspirés par le livre « La Création » du photographe autrichien Ernst Haas traitant de l’origine de la Terre et de la Vie, Olivier et Bernadette ont souhaité mettre en avant la Genèse de l’univers grâce à des espaces vieux de plusieurs milliards d’années comme les lacs salés de Dallol, mais également les phénomènes extraordinairement opposés qu’abritent notre planète, entre la beauté des aurores boréales et la fascinante puissance destructrice des volcans. « Quoi de mieux pour illustrer le chaos originel que de photographier les volcans ? » s’est exclamé le photographe lors du vernissage.

Fasciné depuis tout petit par les volcans, Olivier parcourt le globe à la recherche d’images époustouflantes et rares. Difficile à trouver ? Pas du tout, puisqu’au moins 20 à 30 volcans sont en éruption chaque jour. Bien qu’ils soient en permanence à la recherche de nouvelles destinations depuis des dizaines d’années, ce couple de passionnés n’a pas encore pu voir tous les volcans tant ils sont nombreux.

Pour comprendre un peu mieux l’objet des expéditions du photographe, une vidéo de présentation a été mise en ligne pour expliquer le projet au public.

Les phénomènes qu’ils recherchent sont nombreux, mais souvent peu prévisibles et toujours différents. Un lac de lave, un puits de magma, une coulée de lave, une rencontre entre la glace et la lave en Islande, un effondrement de terrain dû à la lave, un jet de cendres de plusieurs kilomètres de haut… « Quand on part dans la nature, il y a les choses prévues, les choses qu’on imagine et les choses exceptionnelles », affirme Olivier Grunewald.

Quant à sa passion pour les volcans, elle a commencé lors d’une excursion avec un ami qui souhaitait filmer les volcans. Les appareils photo numériques faisaient déjà de meilleurs films que les caméras de l’époque, c’est donc Olivier qui a commencé à filmer puis photographier ces forces de la nature. « Quand on photographie, il faut donner la sensation de mouvement, il faut être inventif. »

Le mouvement, on peut le ressentir dans les clichés du photographe. En effet, grâce à des poses longues, les photos laissent s’envoler lentement la fumée et voient s’échapper progressivement des jets de lave du cratère.

Carbonatite Lava, Ol Doinyo Lengai, Tanzania © Olivier Grunewald & Bernadette Gilbertas

Face au volcan, le photographe nous avoue qu’il a « souvent eu l’impression d’être le témoin des premiers matins du monde. » Il y a plus de 4 milliards d’années, la Terre apparaissait et créait une multitude de phénomènes surprenants que l’on ne trouve peut-être pas ailleurs dans l’univers : des aurores boréales, de la vie, des éruptions volcaniques, des plantes de toutes les couleurs…

Olivier se rend compte de la puissance et en même temps de la fragilité de notre planète quand il est face à ce genre de phénomène : « Ce qui est fascinant c’est de voir que la Terre vit », nous avoue le photographe, qui fait partie d’une poignée de spécialistes dans ce domaine.

Malheureusement, il voit aussi la dégradation progressive de ces lieux protégés à cause notamment de l’afflux de touristes qui laissent par exemple des amas de détritus sur place.

Voyant le désastre que pouvait causer l’être humain sur notre planète, Olivier Grunewald a souhaité aider les populations locales à garder un environnement sain en organisant par exemple des collectes de déchets au volcan Erta Alé en Éthiopie. Il ne peut pas voir ces lieux magiques être dégradés par les humains qui ne sont là que depuis quelques millions d’années.

Vague sur les icebergs de Jokulsa au sud de l’Islande
© Olivier Grunewald & Bernadette Gilbertas

Certains diront qu’il est facile de prendre ce type de photo : on reste devant une éruption et on prend des photos. Cependant, ce n’est pas aussi simple que ça. Il faut arriver à être au bon endroit au bon moment pour pouvoir capturer la plus belle photo. Il faut attendre d’avoir une belle lumière et d’avoir un phénomène impressionnant sous les yeux. Ainsi, l’artiste peut rester plusieurs jours au même endroit sans que rien ne se passe, mais également rester seulement quelques heures et avoir la chance de voir plusieurs évènements rares et exceptionnels.

Comme le dit l’artiste, « la photographie est autant un but qu’un prétexte. » En effet, le but est de ramener de belles photos pour pouvoir les montrer au public, mais c’est également un prétexte pour voyager dans les plus beaux endroits de la planète. Ainsi, en plus des volcans, Olivier nous rapporte des images de la nature et des créatures qui vivent proches de ces lieux millénaires et qui n’ont pas encore été envahis par l’humanité.

Cependant, ces expéditions peuvent être dangereuses, et seuls les experts ou les personnes accompagnées peuvent s’aventurer proche du volcan. Lui-même a déjà été exposé aux vapeurs toxiques d’un volcan en Indonésie à cause d’une mauvaise préparation. Voulant à tout prix photographier rapidement des flammes bleues extraordinaires, son équipe et lui-même ont été obligés de revenir à cause des gaz qui leur obstruaient la vue.

Au niveau du matériel, Olivier doit également avoir des protections sur mesure pour ses appareils. Ambassadeur Fujifilm, il utilisait jusque-là les boîtiers hybrides professionnels de la marque et est passé au X-H1 récemment. Il est en ce moment en train de trouver un moyen pour pouvoir protéger son drone afin de le faire descendre dans le cratère sans que ses ondes GPS ne soient perturbées et sans que la chaleur ne fasse fondre les composants. Son objectif est de pouvoir faire des modélisations 3D du cratère afin d’aider la science. Ainsi, le prochain départ de ces amoureux de la nature sera surement Stromboli, le volcan installé sur une île au nord de la Sicile.

Cactus en fleurs au sud de la Californie.
© Olivier Grunewald & Bernadette Gilbertas

Pour suivre cette équipe d’aventurier en fusion, n’hésitez pas à visiter le site du projet. Un beau livre photo a également été tiré pour pouvoir regarder à l’infini ces magnifiques clichés terrestres. Il est en vente dans toutes les bonnes librairies ainsi qu’en ligne.

Le 7 avril 2018, une session dédicace est prévue avec les auteurs à la Galerie Argentic où sont exposées également les photos de ce projet, en plus petit format.