Après Peter De Mulder et sa photographie de mode sous-marine, nous vous présentons Jose G. Cano. Ce photographe conceptuel néo-zélandais immerge ses danseuses dans l’eau pour une série tout en mouvement sur les émotions humaines « où l’eau et la danse entrent en collision » («Where water and dance collide »).

© Jose G Cano

Désormais basé en Nouvelle-Zélande, Jose G. Cano est né en Espagne et a vécu dans de nombreux pays. À douze ans il reçoit son premier appareil photo. Amoureux du voyage, il a habité sur un voilier pendant quelques temps, ce qui a probablement nourri son inspiration visuelle.

Alors qu’il travaillait dans l’industrie de la mode, Jose G. Cano change de voie et passe dix ans dans une organisation à but non lucratif en Asie. Il se consacre à la photographie pour « amener un peu de beauté dans ce monde« .

La série « Humans » est une réflexion sur notre monde inconscient. Elle fait partie d’un projet sur les questions de santé mentale, les stigmates et le silence sombre qui entourent ces questions. La masse sombre dans laquelle tombent les danseuses serait comme un miroir physique de notre moi, les ténèbres dans lesquels nous tombons lorsque notre psychisme s’enlise.

© Jose G Cano

C’est à la suite de sa série « Aqua ingravitas » qui sera exposée en octobre à la Parkers Gallery, en Nouvelle-Zélande, que Jose G. Cano se consacre à « Humans ». Son but est de travailler sur quelque chose de plus brut, de moins classique et lyrique que la série « Aqua Ingravitas » et de donner ainsi plus de places aux danseuses pour s’exprimer au sein des limites conceptuelles du projet.

Une fois libéré des contraintes techniques liées à l’eau, Jose G. Cano laisse « une part de hasard opérer car les corps, les cheveux, les tissus ont chaque fois un mouvement différent. C‘est une heureuse redécouverte de la photographie « , déclare-t-il.

Ces dernières années le photographe a été inspiré par la danse, surtout la danse contemporaine. Dans cette discipline, les mouvements s’enchainent et se succèdent, tout va très vite. Il réfléchit un jour au concept d’ « annuler ou en tous cas minimiser la gravité et le temps « . C’est ainsi que lui vient l’idée de mettre en scène des danseuses dans un monde sous-marin.

Grâce au monde aquatique et à son champs de gravité, il peut étirer le temps et construire un espace photographique dans lequel les mouvements des danseuses sont ralentis par l’apesanteur.

« Les cordes représentent la contrainte, les murs qui nous retiennent… les tissus au contraire représentent le sentiment de légèreté, l’écoulement lent des moments heureux quand nous sommes en dehors de ce monde. « 

Dans la photographie sous-marine Fine art de G. Cano, le mouvement des corps est soutenu par des éclairages sous différents angles dont prime une lumière centrale, en plongée. Elle se mêle aux bulles. Sublimant la chute, il joue sur les contrastes pour créer du relief sur les personnages.

Amour, peur, agression, pouvoir, foi, joie, espoir, avidité, générosité, altruisme, envie, appartenance, possession, désespoir, luxure, désir… Jose G. Cano a souhaité représenter ces émotions brutes avec très peu de couleurs ou de matériaux ajoutés. Pour mettre en avant le mouvement chaotique, il s’affranchit du sol ou d’un quelconque équilibre. Les corps n’ont pas d’appui mais tombent ou flottent dans cette masse obscure.

Engagé, Jose G. Cano essaie par ailleurs de faire autant de films et de photographies activistes qu’il le peut pour des organismes, personnes ou petites organisations qui travaillent à la conservation de l’environnement, et à toutes les questions qui y sont liées (pollution, réchauffement climatique, etc).

Il travaille actuellement sur le projet Sea Creatures en collaboration avec un body painter dans lequel il entend ouvrir les consciences sur la situation de détresse des créatures sous-marines causée par l’activité humaine.

Egalement aux côtés de la documentariste Christine Rene pour le documentaire Silent Killer , il défend deux causes majeures de la vie aquatique : la pêche abusive qui menace la survie des espèces et la pollution des océans. On peut y voir des photographies de poissons pris dans des filets mis en parallèle avec ses photographies de femmes au filet adoptant les mêmes positions.

Pour découvrir la suite de la série « Humans » de Jose G Cano ou ses autres séries tout aussi spectaculaires, consultez son site. En attendant, voici la vidéo d’un shooting de Jose G. Cano pour la série « Aqua Ingravitas« .