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Bob (Robert) Holmes est un photographe documentaire et de voyage (travel photographer) reconnu qui a notamment travaillé pour National Geographic, Geo, Life, Time, etc. Il a déjà remporté plusieurs fois le prix “Travel photographer of the year” et a publié plus d’une quarantaine de livres photo. Dans cette vidéo (disponible en anglais, avec sous-titres anglais seulement), il nous livre ses connaissances et ses conseils sur la lumière naturelle, la plus importante pour un photographe documentaire avec peu d’équipement, en s’appuyant sur son expérience et ses observations au cours de ses voyages.

Il insiste sur l’importance d’être conscient des effets de lumière, de ses changements, de son évolution, et surtout de son traitement en photographie : il conseille ainsi, en plus de bien connaître son appareil et ses réglages, de “voir la lumière comme la voit l’appareil photo”. Il explique que l’oeil humain peut voir plus de nuances dans le noir, puisqu’il est capable de faire plus de différences entre les températures de couleurs (vous pouvez lire pour cela notre article sur la résolution de l’oeil). L’appareil photo, selon lui, distingue moins de détails dans les zones sombres. Il est donc indispensable de s’entraîner à shooter dans des conditions de luminosité très variables afin de mieux comprendre le jeu de la lumière.

© Bob Holmes Photography - www.robertholmesphotography.com/

© Bob Holmes Photography – www.robertholmesphotography.com/

Il énumère ensuite trois types de lumière naturelle existantes. La première est appelée la lumière (ou l’éclairage) Rembrandt en hommage au peintre qui a réalisé de nombreuses toiles caractérisées par ce type de luminosité. Cette lumière est contenue tout entière dans le cadrage de l’image, sans aucun autre éclairage externe. L’exemple de Bob Holmes montre des personnes se réchauffant autour d’un feu de camp, le feu étant ici l’unique source de lumière de la photo ce qui donne des contours beaucoup plus sombres et de plus forts contrastes.

La seconde est appelée la lumière Vermeer, faisant écho au “maître de la lumière hollandaise” qui cherchait à représenter la réalité (et ses nuances de luminosité) le plus fidèlement possible, devenant ainsi une grande source d’inspiration pour les photographes. C’est une lumière naturelle douce, largement diffuse et harmonieuse, comme provenant d’une fenêtre. Bob Holmes l’illustre avec le portrait d’un producteur de tabac de Trinité à Cuba. Il explique ainsi que bien que le photographe ne peut pas toujours choisir la lumière du jour, il peut choisir l’emplacement de son modèle. Dans le cas de ce portrait, il a demandé au cultivateur de se déplacer dans un coin de la grange qui offrait une lumière douce et uniforme.

© Bob Holmes Photography - Two smoking women in Myanmar

© Bob Holmes Photography – Two smoking women in Myanmar

Le troisième et dernier type de luminosité est la lumière du jour, en plein soleil, celle que vous pouvez faire “rebondir” sur un bout de papier (journal, pour Bob) ou un réflecteur. Provenant d’une plus grande source de lumière (le soleil direct, en fait !), elle est plus forte que la Vermeer mais elle est malléable. Ainsi, il est tout à fait possible de photographier de bons portraits en milieu de journée, même avec le soleil à son zénith (situation que tout photographe de voyage rencontre régulièrement). La solution peut être de déplacer le sujet dans une zone où la lumière pourra rebondir sur une surface derrière le photographe. Photographier en contre-jour n’est pas non plus interdit et peut donner un certain effet aux images, en renforçant des détails et des contrastes.

Mais la lumière ne fait pas tout ! Bob Holmes met un point d’honneur dans la vidéo à rappeler l’importance de ne jamais se précipiter pour une photo, en particulier pour un portrait. Il est nécessaire d’apprendre à connaître les modèles, de créer un lien avec eux et de prendre son temps, d’attendre ou de suggérer la bonne expression ou pose, ce qui permettra de donner une certaine essence ou énergie à l’image. Son ultime point repose sur l’importance de toujours avoir les yeux du modèle illuminés.

© Bob Holmes Photography - Trinidad (Cuba)

© Bob Holmes Photography – Trinidad (Cuba)

Bob Holmes conclut cette vidéo en expliquant sa préférence pour la Blue Hour (lumière bleutée du crépuscule), devant même la tant vénérée Golden Hour. Sa photographie représentant un salon de coiffeur pris de l’extérieur dans une rue de Trinité illustre bien la mixité contrastée entre cette lumière froide naturelle et la lumière artificielle provenant de l’intérieur du bâtiment.

Pour plus de photos de Bob (Robert) Holmes, voici son site internet.