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Test de l’Impossible I-1, l’appareil photo instantané Polaroid revisité

Sortir un nouvel appareil photo Polaroid en 2016 est un véritable défi. Cela n’a pas effrayé Impossible Project qui s’est lancé avec son premier appareil photo instantané, le I-1. Utilisant (presque) le même format de films Polaroid 600 que les mythiques Polaroids, cet appareil ajoute une dose de modernité avec un flash annulaire LED et le contrôle via smartphone à l’aide du Bluetooth, offrant de nouvelles possibilités.

Nouveau gadget ou véritable appareil photo instantané de qualité ? Nous avons testé l’Impossible I-1 pour vous répondre.

Retrouvez l’Impossible I-1 dans notre guide d’achat des meilleurs appareils photo instantanés

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À propos de The Impossible Project

The Impossible Project est né en 2008, à la suite de la fermeture de la dernière usine de production de films Polaroid aux Pays-Bas. À ce moment-là, Florian Kaps décide, avec d’anciens employés de Polaroid, de fonder une société capable de reprendre le flambeau de Polaroid dans la production de ces films instantanés qui ont marqué l’histoire. Pendant de nombreuses années, The Impossible Project a peaufiné sa chimie pour essayer de produire des films d’aussi bonne qualité que les classiques de chez Polaroid. The Impossible Project remet également à neuf d’anciens appareils photo Polaroid.

Aujourd’hui, huit ans après sa création, la société néerlandaise s’est fait un nom dans le monde de la photographie instantanée et ravit les puristes soucieux de ne pas abandonner leurs appareils Polaroid.

Prise en main

Avec l’I-1, The Impossible Project fait le pari de remettre l’appareil Polaroid au goût du jour. Et c’est à grand renfort de marketing, dans le même style que Lomography, que Impossible essaie de séduire.

La boîte contenant l’appareil photo s’appréhende comme un coffret : en tirant la languette, la boîte s’ouvre en fleur et laisse apparaître un écrin gris foncé. Une fois l’écrin ouvert, on tombe nez à nez avec l’appareil I-1, vissé via le support trépied au fond de la boîte pour ne pas bouger. Une fois sorti de la boîte, le fond de cette dernière révèle une seconde utilité : la boîte permet de ranger ses photos Polaroid comme un présentoir, pour un bel effet.

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Passons maintenant à l’appareil photo en lui-même. Le I-1 est un objet futuriste. L’appareil est dans les tons noir et jaune. La coque extérieure est en polycarbonate avec un revêtement caoutchouté toucher doux, mais qui attrape facilement les traces de doigt et de graisse.

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L’Impossible I-1 ressemble à un prisme obscur. La base de l’appareil (qui accueille la recharge de film) est plate et dispose d’un pas de vis pour le fixer à un trépied. Sur le haut de l’appareil, un aimant permet de fixer un viseur à doubles œilletons utilisé pour bien cadrer son sujet. Le viseur se replie lorsqu’il n’est pas utilisé et peut être retiré et rangé dans un endroit à l’abri des rayures. Cela implique aussi que la fixation aimantée pourrait servir à fixer d’autres accessoires à l’avenir.

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Le reste de l’appareil est une boîte noire, comme pour renforcer l’aspect magique de la photo instantanée. Sur un côté de cette boîte, on trouve une molette/bouton à 3 positions qui permet d’allumer l’appareil ou de le passer en mode Bluetooth. C’est ce bouton qui sert de déclencheur à l’ensemble. Un autre bouton permet de forcer une sous-exposition ou une surexposition en mode automatique.

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À l’avant de l’appareil, un imposant flash annulaire LED entoure l’objectif. Ce flash, selon Impossible, adapte sa puissance en fonction de la distance du sujet et de la lumière ambiante. Sur son côté, un interrupteur on/off permet de l’activer. Le flash annulaire sert également d’indicateur pour connaître l’état de la batterie et le nombre de photos restantes : en allumant l’appareil, le nombre de LEDs qui s’affichent correspond au nombre de photos restantes. En restant appuyé sur le déclencheur lorsque l’appareil est éteint, le cadran de LED permet de connaître le pourcentage restant de batterie, intelligent.

L’objectif ne dispose pas de cache de protection, mais il est suffisamment renfoncé et protégé par le flash LED que cela en devient facultatif.

L’I-1 dispose d’une lanière en caoutchouc pour le transporter.

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Le mode automatique du I-1, pas si simple

L’appareil photo dispose de deux modes : un mode simple tout automatique et un mode connecté en Bluetooth permettant d’accéder à des réglages avancés via l’application I-1 Camera (iOS uniquement à l’heure où nous publions ce test).

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Pour le mode automatique, il suffit de mettre l’appareil sous tension puis d’appuyer sur le déclencheur et c’est dans la boîte. Lors de notre première rencontre avec l’appareil, sur le salon PhotoMatos, nous avons cependant eu la mauvaise surprise d’une photo ratée… La mise au point n’était tout simplement pas correcte, réglée sur l’arrière-plan. Pour réussir sa photo, il est donc important de respecter un point supplémentaire : appuyer à mi-course sur le déclencheur pour faire la mise au point sur le sujet (uniquement au centre, attention aux photos à plusieurs où le centre se trouve être l’arrière-plan).

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Durant nos tests, nous avons eu quelques difficultés à sortir des photos réussies à l’aide du mode automatique de l’appareil, au moins pour un temps. Sous son air de « tout automatique », l’appareil nécessite un temps d’adaptation et vous passerez forcément par des photos ratées.

L’une des raisons principales des photos ratées est liée à l’autofocus. Il s’effectue en appuyant à mi-course sur le déclencheur. Sauf qu’ici, simplicité oblige, il n’est pas possible de choisir la zone de mise au point. Si votre sujet n’est donc pas complètement centré lors de la mise au point, il y a des chances pour que la netteté se fasse sur l’arrière-plan.

De manière générale, l’autofocus se comporte de manière un peu erratique : dans certains cas, une pression à mi-course permet de le déclencher (et on l’entend), dans d’autres, il reste silencieux.

Du Bluetooth pour contrôler les modes avancés du I-1

D’un simple tour de molette, l’Impossible I-1 offre de nombreuses fonctionnalités avancées via l’application mobile du même nom (I-1 Camera). Disponible uniquement sur iOS pour le moment (et en anglais), l’application I-1 se connecte à l’appareil en Bluetooth.

L’application mobile offre les fonctionnalités suivantes :

  • le déclenchement à distance, une option que l’on retrouve finalement dans tous les autres modes de prise de vue de l’application grâce à un gros bouton jaune
  • un mode manuel complet
  • un retardateur (5, 10 et 20s)
  • un mode double exposition, pour réaliser deux prises de vue en surimpression sur la même image
  • un mode de déclenchement à l’aide du bruit : un peu comme le fait Triggertrap, on fixe un niveau sonore pour lequel l’appareil photo va déclencher.
  • un mode lightpainting : techniquement, il s’agit d’une pose longue de type Bulb. En appuyant sur le déclencheur de l’application, l’appareil commence sa pose. Il est ainsi possible d’utiliser des sources lumineuses pour dessiner sur la photo. Une fois le dessin terminé, on appuie à nouveau sur le déclencheur de l’application mobile pour terminer l’image.
  • un mode peinture de couleur : variante du mode lightpainting, il est ici possible de choisir une couleur et d’utiliser l’écran de son smartphone comme torche lumineuse pour une photo. Cela permet de réaliser des effets créatifs et il est possible de changer de couleurs durant la même pose.
  • un mode scanner : comme son nom l’indique, ce mode permet de scanner les photos réalisées afin de les enregistrer sur votre smartphone. Malgré une connectivité Bluetooth, le Polaroid reste un appareil analogique et cette option vous permettra de scanner rapidement votre photo pour la partager. Un scanner plus perfectionné sera bien sûr nécessaire pour une image haute qualité.

Pour chaque mode, un menu explicatif et des conseils pratiques viennent aider le néophyte.

Un mode manuel bien complet

Le mode manuel est particulièrement bien étudié. Sur smartphone, un écran permet de régler les paramètres suivants : ouverture, vitesse, distance de mise au point et puissance du flash. L’appareil étant doté d’une cellule de mesure d’exposition, une échelle d’exposition est visible sur le smartphone, permettant de vérifier si votre photo est exposée correctement. Dans la majorité de nos essais en mode manuel, cette échelle était assez réactive, mais nous ignorons sur quelle zone la mesure est faite, s’il s’agit d’une mesure spot ou plus pondérée.

Mode manuel de l'application I-1 Camera

Mode manuel de l’application I-1 Camera

Une version Android de l’application I-1 Camera est à venir et sera peut-être annoncée à la Photokina 2016.

Petite note pour les lecteurs : malgré l’ajout du Bluetooth sur cet appareil, il n’est pas possible de prévisualiser la photo que l’on va réaliser sur son smartphone. Ceci pour la simple et bonne raison que l’appareil ne dispose pas de capteur numérique et ne peut donc pas communiquer avec le smartphone. Cela peut sembler une évidence, mais plusieurs personnes m’ont fait la remarque lorsque je leur ai dit que l’appareil était contrôlable avec le smartphone.

Le ring flash LED : bonne ou mauvaise idée ?

Contrairement aux autres appareils photo dotés d’un flash standard, Impossible a fait le choix d’un flash annulaire composé de dix LEDs (8 blanches, une rouge et une bleue). Ce flash est d’ailleurs une des caractéristiques principales de l’appareil.

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Quel intérêt d’utiliser un flash annulaire ? Par rapport à un flash simple, l’ensemble des LEDs permet d’offrir une lumière plus diffuse et plus naturelle, sans ombre disgracieuse sur les portraits par exemple. Sur ce point, c’est une réussite.

Par contre, chose inattendue, le flash de l’I-1 donne les yeux rouges à vos modèles. Imperceptible en noir et blanc, le problème se révèle véritablement gênant lorsque l’on se retrouve avec un portrait en couleur. Comment est-ce qu’Impossible a pu laisser passer cela dans ses tests ? Sur un fichier numérique, les yeux rouges se corrigent facilement, mais là, sur un papier glacé, c’est plus compliqué…

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Qualité d’image

L’I-1 est un appareil photo Polaroid. Cette phrase devrait suffire à vous fixer quant à la qualité attendue par ce type d’appareil photo. Pour l’I-1, la qualité d’image est véritablement variable.

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Durant nos tests, nous avons noté que la qualité dépendait énormément du type de film utilisé. Au format I-Type, Impossible propose un film couleur et un film noir et blanc. Le film couleur donne une image douce, peu contrastée, alors que le film noir et blanc affiche des contrastes plus francs, sans être complètement noir et blanc (plutôt Sepia).

Exemples de photos réalisées avec l'I-1 : en haut à gauche, portrait couleur au flash, en haut à droite, photo de rue en noir et blanc. En bas à gauche, photo macro en noir et blanc. En bas à droite, photo mode lightpainting en couleur.

Exemples de photos réalisées avec l’I-1 : en haut à gauche, portrait couleur au flash, en haut à droite, photo de rue en noir et blanc. En bas à gauche, photo macro en noir et blanc. En bas à droite, photo mode lightpainting en couleur.

De manière générale, la qualité d’image est en deçà de ce que l’on pourrait attendre de ce type d’appareil photo. La technologie moderne ne semble ici pas vraiment au service du rendu final de l’image. Nous avons souvent eu des images floues en raison d’une mise au point imprécise ou absente. Le rendu des couleurs est plutôt fade, comme pour mieux insister sur le côté « old school » du format Polaroid. Comparé à lui, l’Instax Wide de Fujfilm s’en sort avec des couleurs plus saturées et plus naturelles. Ici, c’est une question de goût.

Autonomie

Comment alimenter le flash et le Bluetooth du I-1 ? Traditionnellement, les appareils photo Polaroid étaient dépourvus de piles ou de batteries, cette dernière se trouvant dans les cartouches de films Polaroid. Cela avait l’avantage de ne jamais se soucier du niveau de batterie de l’appareil, mais entraînait une pollution importante, car la cartouche de film se retrouvait souvent à la poubelle.

Sur son appareil, Impossible a choisi une batterie intégrée de 500 mAh. Cette dernière n’est pas amovible, mais est rechargeable par micro-USB. Dans nos tests, nous avons été plutôt déçus de l’autonomie générale de l’appareil, surtout si vous ne vous en servez pas souvent. Impossible donne une autonomie de 2-3 jours. Pourquoi si peu ? Parce que l’appareil, pour conserver certaines informations comme le nombre de photos restantes n’est jamais éteint. Il se met en veille.

Pour économiser de la batterie, le SAV d’Impossible conseille de placer l’appareil en position éteinte, avec le flash activé et le correcteur d’exposition au milieu.

Le choix d’une batterie rechargeable & inamovible est à saluer car Impossible n’a plus à intégrer de petites batteries polluantes dans ses cartouches de films. En revanche, sur le long terme, dissocier la batterie de l’appareil est un avantage indéniable, car il est aujourd’hui possible de faire fonctionner de très vieux appareils photo Polaroid grâce à cela.

Consommables

L’Impossible I-1 utilise un nouveau type de film, les films « I-Type ». Ces films ont été conçus pour cet appareil et ne sont pas compatibles avec les anciens appareils photo Polaroid. Il est également possible d’utiliser les films Impossible Project 600 avec cet appareil.

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Les cartouches I-Type, noir et blanc ou couleur, sont composées de 8 films et vendues à 18€ l’unité sur le site d’Impossible, soit 2,25€ la photo. C’est cher, plus cher que les films Instax Wide vendus généralement aux alentours de 1€.

Synthèse des points forts et des points faibles de l’Impossible I-1

Nous avons décidé, pour simplifier la lecture de nos tests et faciliter la comparaison, de conclure nos articles par une synthèse des points forts et faibles des accessoires testés, puis d’une note sur 10. Certains points sont objectifs, d’autres plus subjectifs : nous n’avons pas LA réponse, mais vous proposons notre vision. N’hésitez pas à la compléter dans les commentaires !

Points forts :

  • mode portrait et macro réussi
  • modes avancés via l’application mobile
  • ring flash efficace en portrait
  • design et interface réussis
  • support pour trépied

Points faibles :

  • des yeux rouges en 2016 !
  • visée approximative
  • batterie qui se décharge trop vite (en mode veille)
  • qualité d’image aléatoire
  • autofocus à dompter
  • prix (appareil et cartouches de film)

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Test de l’Impossible I-1, l’appareil photo instantané Polaroid revisité
13 septembre 2016
5/10

Une chose est sûre : l’appareil photo Impossible I-1 ne laisse pas indifférent. Cet ovni, premier essai d’Impossible Project pour raviver la flamme de la photographie instantanée avec un appareil moderne, est doté d’un design et d’une interface réussie.


Malgré cela, quand il s’agit de qualité d’image, cette première version fait dans l’approximatif : photos floues, couleurs fades, inconsistances… Cela nous laisse à penser que l’appareil n’est pas encore prêt à être mis entre les mains des photographes exigeants. Et avec son prix de 299€, l’I-1 se doit d’avoir bon sur toute la ligne.


Espérons qu’Impossible, grâce au retour de ses utilisateurs, améliorera le produit dans une nouvelle version. En attendant cela, les amateurs d’instantanés qui ne veulent pas absolument le format Polaroid pourront se tourner vers Fujifilm et ses appareils Instax Wide.

5 Note globale
Impossible I-1, un premier essai pas encore transformé par Impossible Project

Une chose est sûre : l’appareil photo Impossible I-1 ne laisse pas indifférent. Cet ovni, premier essai d’Impossible Project pour raviver la flamme de la photographie instantanée avec un appareil moderne, est doté d’un design et d’une interface réussie.


Malgré cela, quand il s’agit de qualité d’image, cette première version fait dans l’approximatif : photos floues, couleurs fades, inconsistances… Cela nous laisse à penser que l’appareil n’est pas encore prêt à être mis entre les mains des photographes exigeants. Et avec son prix de 299€, l’I-1 se doit d’avoir bon sur toute la ligne.


Espérons qu’Impossible, grâce au retour de ses utilisateurs, améliorera le produit dans une nouvelle version. En attendant cela, les amateurs d’instantanés qui ne veulent pas absolument le format Polaroid pourront se tourner vers Fujifilm et ses appareils Instax Wide.

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