Aujourd’hui s’ouvrent les 46e Rencontres de la Photographie, qui se tiendront du 6 juillet au 20 septembre 2015 dans la ville d’Arles. Ce festival mythique de la photographie écrit cette page de son histoire avec un nouveau directeur, Sam Stourdzé, dont on a — depuis avant même sa nomination — été dans l’expectative quant à l’orientation qu’il donnerait aux Rencontres. Je me souviens des Rencontres 2014 comme réellement marquées par le départ de François Hébel qui les dirigeait depuis 2001. Finalement, il semblerait que Sam Stourdzé ne souhaite pas de rupture, et soit avant tout au service de l’âme de ce festival :  les artistes, le public … la rencontre.

Rappel sur les Rencontres d’Arles

Les Rencontres de la Photographie d’Arles, plus souvent simplement appelées les Rencontres d’Arles, est un festival autour de la photographie, fondé en 1970 par le photographe arlésien Lucien Clergue, l’écrivain Michel Tournier et l’historien Jean-Maurice Rouquette. C’est toute une ville qui se transforme chaque été en un théâtre d’expositions de photographies. Les monuments historiques ou d’autres lieux inattendus sont détournés pour accueillir plusieurs dizaines d’expositions, souvent inédites. Le contenu comme le format ont fait de cet événement un incontournable à la renommée internationale qui accueille près d’une centaine de milliers de visiteurs chaque année.

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Lieux d’expositions des Rencontres de la photographie d’Arles 2014 : Parc des Ateliers (anciens ateliers SNCF) , Eglise St Blaise, Bureau des Lices (anciens bureaux de banques éclairés à la façon des chambres noires) – © L’Œil Derrière le Miroir • Photographie

La programmation des Rencontres 2015

S’il s’inscrit dans une continuité et un respect de ce qui a fait « Arles », l’ex-directeur du musée de l’Elysée de Lausanne y met néanmoins sa « patte ».

D’abord dans l’identité visuelle, puisqu’on a remplacé les — devenus célèbres — animaux et légumes colorés de Michel Bouvet par une photographie renversée en guise d’affiche du festival… Si les affiches dessinées de Bouvet ont laissé des questions sans réponses, ce nouveau choix posera de nouvelles interrogations …

Les affiches des Rencontres d’Arles dessinées par Michel Bouvet

Les affiches des Rencontres d’Arles dessinées par Michel Bouvet

La programmation est ensuite cette année resserrée autour d’une trentaine d’expositions (quand son prédécesseur en présentait une soixantaine), organisées autour de 6 grandes rubriques : Relecture, Résonances, Je vous écris d’un pays lointain, Les plateformes du visible, Les étranges collectionneurs et Emergences.

Sam Stourdzé met enfin l’accent sur le fait que les Rencontres d’Arles sont un festival. “Mais qu’est-ce qu’un festival ? Ni un musée, ni une foire commerciale ; entre ce ni-ni qui bien souvent le prend en étaux, le festival doit continuellement réaffirmer sa liberté. Tandis que la reconnaissance institutionnelle de la photographie – à laquelle les Rencontres d’Arles ont largement contribué – a conféré aux musées un rôle de gardiens du temple, les foires commerciales livrent aujourd’hui un état des lieux du marché trop souvent pris pour un état des lieux de la photographie. Le festival, lui, prend toute sa dimension dans la pluralité de ses expositions, de ses lieux, de ses artistes.” De la liberté et l’éclectisme dont Arles tire sa force, Sam Stourdzé nous propose cette année ce qu’il appelle “un décloisonnement”, en faisant évoluer la photographie au contact d’autres disciplines artistiques. En 2015, l’architecture, le cinéma et la musique feront donc « Résonances » avec la photographie à Arles. C’est ainsi que l’artiste Mathieu Chedid rencontrera Martin Parr (qui fait décidément l’actu cet été je vous en parlait ici) ou que l’exposition « Total Records » présentera la photographie des pochettes de disques.

Boz Scaggs, Middle Man, Columbia FC 36106, États-Unis, 1980. Photography by Guy Bourdin. Courtesy of The Guy Bourdin Estate, 2015.

Boz Scaggs, Middle Man, Columbia FC 36106, États-Unis, 1980. Photography by Guy Bourdin. Courtesy of The Guy Bourdin Estate, 2015.

La photographie documentaire – de plus en plus reconnue et mise en avant artistiquement – aura elle aussi sa place avec « Les plateformes du visible » qui nous emmèneront dans des univers aussi hétéroclites que « Les Paradis, Rapport Annuel » de Paolo Woods & Gabriele Galimberti et « Le Coup de foudre » de Natasha Caruana.

"Les Paradis", Paolo Woods, Delpire, 2015

« Les Paradis », Paolo Woods, Delpire, 2015

Voici donc un aperçu d’un programme riche et qui s’annonce savoureux : je ne sais pas vous mais moi j’en ai l’eau à la bouche ! J’y serai à partir de demain pour la semaine de lancement durant laquelle les photographes exposants et les commissaires accueillent traditionnellement le public et la presse au cours de visites commentées. Je vous en reparle donc très vite et avec plus de détails sur Phototrend !

De votre côté vous avez tout le temps de vous y rendre cet été puisque les Rencontres d’Arles sont présentées jusqu’au 20 septembre 2015.

Infos pratiques :
Les Rencontres de la Photographie d’Arles
Expositions accessibles tous les jours sans exception du 6 juillet au 20 septembre 2015 de 10h à 19h30, dernière entrée à 19h.
Tarifs, horaires détaillés et billetterie sur le site du festival