MP #104 : Quelques conseils pratiques avant d’acheter vos cartes mémoires

Avec la photographie numérique, la carte mémoire a remplacé la pellicule et bien choisir sa carte mémoire n’est pas aussi simple que cela en a l’air. Choisissez votre carte sans suivre quelques conseils primordiaux, et vous courez droit au désastre. Surtout lorsque l’on sait qu’une carte mémoire peut désormais stocker toutes les photos prises pendant plusieurs années.

carte mémoire

Voici quelques conseils qui vous seront bien utiles pour vous assurez d’être bien équipé en cartes mémoires. Vous devrez y penser une fois, et ensuite vous pourrez vous concentrer sur votre prise de vue (et tous les autres réglages propres à la photographie, que nous abordons dans nos autres Mercredi Pratique).

Quel type de carte mémoire choisir ?

Avant de réfléchir au modèle et à la taille des cartes mémoires que vous allez utiliser, faisons un point sur les différents formats existants. Dans le monde des cartes mémoires pour appareils photos reflex, il existe les formats suivants :

  • Compact Flash : des cartes imposantes qui sont souvent associées à des boîtiers semi-pro ou pro tels que le Canon 5D Mark II. Ce sont des cartes rapides, mais qui commencent à disparaitre progressivement au profit du XQD.

compact flash

Une Compact Flash Lexar

  • XQD : ce format est très récent. Annoncé en 2010, il sera le remplaçant du Compact Flash et est déjà annoncé comme une fusée : jusqu’à 500 Mbytes/s en vitesse de lecture/écriture et une taille pouvant atteindre les 2 To. A l’heure actuelle, seul le Nikon D4 accepte ce type de cartes, mais les prochains boîtiers seront sûrement au rendez-vous.

XQD Sony

Une carte XQD Sony

  • Secure Digital ou SD : voici le format le plus répandu dans le monde des cartes mémoires. Les cartes SD peuvent être utilisées aussi bien dans nos compacts et hybrides que dans des boîtiers semi-pro comme le Nikon D800 ou le Canon 5D Mark III. Il faut faire attention car derrière le terme SD se cache différentes versions : la carte SD classique ne peut contenir plus de 2 Go d’espace de stockage. Au dessus, il faut acheter une carte SDHC (de 4 à 32 Go) ou bien une carte SDXC (plus de 32 Go). Attention toutefois, car un appareil compatible SD peut ne pas accepter les cartes SDHC ou SDXC, donc pensez à bien lire la notice de votre appareil.

sd card SanDisk

Une carte SD SanDisk

  • Memory Stick : ce format tend à disparaître, mais on le retrouve tout de même encore dans certains reflex Sony. Normal me direz-vous, car le Memory Stick est un format propriétaire Sony, qui a fait pester plus d’un photographe (ou possesseur de smartphone) à ne pas vouloir utiliser les formats ouverts que sont le SD.

memory stick

une Memory Stick Sony

Bien entendu, il y a d’autres formats de cartes qui existent, comme le microSD, mais nous n’en parlons pas dans cet article car aucun boîtier reflex n’utilise cette technologie.

Pensez donc à vérifier le type de cartes acceptées par votre appareil.

Profitez du double logement de votre boîtier reflex

Si vous avez un appareil pro (1D, 5D Mark III, D800…) ou récent et haut de gamme (D600, D7000, Alpha 900…), vous avez de la chance, votre boîtier dispose d’un double logement pour cartes mémoires. Certains utilisent deux cartes SD ou bien un mélange SD, CF et XQD, cela n’a pas d’importance. Quelle est l’utilité de ce système ?

Avec deux logements, vous pouvez choisir des configurations intéressantes : par exemple, afin de sécuriser encore plus la sauvegarde, vous pouvez demander à votre boîtier d’écrire sur les deux cartes mémoires en même temps. Si vous souhaitez disposez de plus d’espace, votre boîtier peut « déborder » sur la deuxième carte une fois que la première est pleine. Enfin, si vous shootez en RAW + Jpeg, vous pouvez réserver une carte pour le RAW, et l’autre pour le Jpeg, afin de pouvoir partager rapidement les Jpeg et garder les RAW pour les traiter par exemple.

double sd slots D600

Double emplacement du D600 pour 2 cartes SD

Une dernière solution consiste à acheter une grosse carte mémoire (pourquoi pas une 256 Go) et de la laisser bien au chaud dans votre boîtier. En réglant votre boîtier de manière à ce que les photos soient copiées sur les deux cartes à la fois, vous n’aurez qu’à enlever la carte pleine pour la remplacer par une autre, tout en laissant ce backup géant dans votre boîtier. Cela nécessite un achat conséquent car une carte de grande capacité coûte encore assez cher, mais avec cette méthode vous pouvez doubler toutes vos photos. Cette solution sera surtout intéressante pour ceux qui pensaient emmener un disque dur externe « videur de cartes » avec eux.

La vitesse d’une carte, ça compte tant que ça ?

Comme souvent en photographie, cela dépend de vos besoins et de vos habitudes de prise de vue. Nous n’allons pas rentrer ici dans les détails, mais il existe de nombreuses gammes de cartes mémoires, avec à chaque fois des vitesses annoncées prêtes à faire pâlir Felix Baumgartner. Mais ce n’est pas forcément nécessaire de choisir la carte la plus rapide si vous n’en avez pas l’utilité, car qui dit carte rapide dit carte plus chère.

Si vous avez un reflex disposant d’un gros nombre de megapixels, ou alors que vous aimez prendre des photos en rafale (et que votre reflex suit avec une mémoire tampon suffisante) vous devez investir dans une carte rapide.

Si vous faites de la vidéo HD, il ne vous faut pas forcément une carte très rapide, mais plutôt une carte qui assure un débit minimumcapable de gérer un flux vidéo. Contrairement à ce que l’on peut croire, ce n’est pas la vidéo qui nécessite des cartes mémoires atteignant des pics de rapidité. Vous pouvez choisir des cartes disposant de la norme UHS-1 (ou le chiffre 1 à l’intérieur d’un U) ou qui sont de Classe 10, toutes deux assurant une vitesse minimale de 10Mo/s.

Pour s’y retrouver parmi les nomenclatures diverses et variées utilisées par les constructeurs, il suffit de se focaliser sur deux choses : l’indice de vitesse, par exemple 95MB/s, et la classe de la carte, par exemple Classe 4, Classe 6, Classe 10 etc… L’indice de vitesse correspond aux pics enregistrés avec cette carte, et la classe est le débit minimum assuré par la carte. Entre les deux extrémités, c’est un peu flou, et c’est pour cette raison qu’on vous conseille toujours de tester la carte de vos amis avant de faire votre choix.

Ne mettez pas tous vos oeufs dans le même panier

A l’occasion de la sortie de la carte SDXC 256 Go de chez Lexar, j’avais écrit un article Pourquoi je n’achèterai pas la nouvelle carte mémoire 256 Go de Lexar. L’objectif n’était pas de critiquer cette carte à capacité gigantesque qui s’oriente essentiellement vers les professionnels de la vidéo, mais plutôt de montrer que pour une stratégie d’enregistrement et de sécurité de ses données efficace, il ne valait pas tout miser sur une seule et unique carte.

Panier oeufs

Nos cartes mémoires sont de plus en plus fiables, mais vous n’êtes jamais à l’abri d’un panne matérielle, d’un incident, ou bien même d’une perte. Imaginez que vous perdez votre carte mémoire de 4 Go. C’est grave, car vous avez sûrement des photos dont la valeur est inestimable sur cette carte (profitez-en pour revoir notre article sur la sauvegarde) mais il y a de fortes chances que ces photos ne soient qu’une infime portion des photos que vous aurez shooté ces derniers mois.

Imaginez-vous maintenant avec une carte SD de 256 Go. Comme nous sommes tous un peu paresseux, il peut être tentant de laisser ses photos dans son appareil, se disant qu’on a encore de la place pour d’autres images et qu’on la videra lorsqu’elle sera pleine. Mais ce moment risque de ne jamais arriver, si par exemple on vous vole votre appareil, vous perdez votre carte, ou cette dernière tombe en rade en plein shoot photo. A ce moment là, vous aurez perdu toutes vos images, avec une probabilité infime de pouvoir les récupérer si jamais vous avez encore la carte dans vos mains (grâce à des logiciels de récupération de fichiers). Mais tout ceci aurait pu être évité en multipliant le nombre de cartes mémoires à votre disposition.

Notre conseil est donc simple : achetez plusieurs cartes de taille moyenne plutôt qu’une seule grosse carte.

Evitez les marques douteuses

Après avoir dépensé plusieurs centaines voir milliers d’euros pour votre reflex et ses objectifs, la tentation peut être forte de choisir la carte la moins chère pour faire des économies de bout de chandelle. Mais ce serait courir droit à la catastrophe : une carte mémoire doit être choisie non pas pour son prix, mais pour sa qualité et sa robustesse. Ces quelques euros économisés ne vaudront pas grand chose si jamais votre carte est défaillante. Evitez donc d’acheter des cartes à bas prix sur Internet ou même des cartes sur eBay provenant de pays lointains, ce sont parfois des cartes qui n’ont pas passé les tests de performance ou de durabilité et qui essayent d’être écoulées.

Parmi les marques que nous vous conseillons, il y a SanDisk, Lexar ou bien encore Kingston. Il y a sûrement d’autres marques qui valent le coup d’être utilisées, mais nous préférons être frileux sur ce sujet plutôt que de risquer de perdre nos images.

Stratégie de rangement et autres accessoires

Si vous avez suivi notre conseil de ne pas mettre toutes vos photos sur une seule carte mémoire, vous allez sûrement vous retrouver avec plusieurs cartes mémoires qu’il va bien falloir ranger. Il faudrait également savoir quelle carte a été remplie et quelle carte est encore vide et prête à être utilisée pour ne pas perdre trop de temps lors du changement de carte. Nous nous sommes posés la question et une des solutions qui nous paraît simple est la suivante : achetez vous un porte cartes mémoires comme le modèle ci-dessous.

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Porte cartes mémoires

Ce dernier contient par exemple 3 cartes SD et 4 cartes CF et permet de tout garder sous la main, sans avoir à fouiller au fond de sa poche ou de son sac pour trouver sa carte mémoire. Bien sûr, vous risquez toujours de perdre ce petit porte-feuille en une fois avec toutes les cartes qu’il y a dedans, je vous l’accorde. Et pour savoir en un clin d’oeil si une carte a déjà été remplie, rangez-là à l’envers. Voilà un moyen rapide et simple pour savoir ce qu’il vous reste comme mémoire dans toutes vos cartes.

Pendant que nous y sommes, une fois chez vous, si vous branchez votre appareil photo à l’ordinateur à chaque fois pour vider vos cartes, vous devriez considérer l’achat d’un lecteur de cartes mémoires. A la norme USB (voire USB 3.0 si votre ordinateur le permet), ce lecteur vous permettra de décharger vos cartes sans avoir à vous occuper de votre appareil, très pratique pour économiser les batteries de ce dernier.

Les cartes que nous vous conseillons

Maintenant que vous savez à peu près quelle carte mémoire acheter, voici mes recommandations, basées sur mon expérience et les retours de photographes, des cartes mémoires les plus intéressantes actuellement sur le marché.

Pour des cartes SD rapides et pas trop chères, je vous conseille la gamme Extreme Pro de SanDisk : 8 Go, 16 Go et 32 Go. Si jamais la vitesse ne vous intéresse pas, les cartes Extreme de SanDisk sont suffisantes.

Pour les compacts flash, la gamme Extreme Pro (rapide) et Extreme (moins rapide) est un très bon choix. Pour information, à taille égale, les compacts flashs sont plus chères que les cartes SD.

Pour le moment, Sony est seul sur le marché des cartes XQD avec deux cartes de 16 Go et 32 Go. Lexar prévoit très bientôt de sortir ses cartes et on espère que la concurrence va permettre de faire un peu baisser les prix.

Conclusion

En conclusion, bien choisir sa carte mémoire n’est pas si simple et il faut y réfléchir à deux fois. Choisissez une / des carte(s) qui correspond(ent) réellement à vos besoins et ne tombez pas dans les sirènes du marketing qui vous dit qu’une carte rapide c’est toujours mieux. Ce n’est pas vrai, et mieux vaut acheter plusieurs cartes pour éviter de se laisser surprendre par une défaillance. Même si les cartes sont parfois garanties à vie, vos photos risquent d’être perdues, alors ne jouez pas avec cela.

Si vous avez également réfléchi à ce sujet et souhaitez nous faire part de vos réflexions, comme toujours n’hésitez pas à discuter dans les commentaires.

Crédit photo : Flickr

Pour aller plus loin :

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16 Commentaires

  1. Salut,

    Perso je rajoute une couche : plusieurs (au moins deux) cartes moyennes (2 à 4Go) que je fais tourner en ballade de plusieurs jours : une carte jours pair, une carte jour impair … Ainsi en cas de vol/perte/météorite une partie des images ne disparait pas, si les cartes sont pas stockées au même endroit.

    Stéphane

  2. Merci pour cet article très intéressant.
    En ce qui concerne les carte mémoire à bas coût, je ne peux qu’être d’accord avec votre avis. Il y a quelques années lorsque j’ai acheté mon réflex j’ai une une carte SD de 8Go offerte avec celui-ci. Une carte sans marque à pas cher je présume.
    Après quelques utilisations la carte SD s’est ouverte en deux (les deux cotés se sont désolidarisés) fort heureusement je venais de la vider, mais bon, ça en dit long sur la qualité de ce type de carte.

  3. Salut et merci pour l’article, petite précision quand même, jetait bien parti pour prendre une Sandisk Extreme Pro (95Mo/s) pour mon 60D, jusqu’à ce que j’apprenne que le boitier ne la gère pas, donc regardez bien si le format de la carte est compatible, elle peut fonctionner (comme pour mon cas) mais pas à 100% des possibilités…

  4. Le type, les extrem pro 95Mo/s sont compatibles mais ne dépassent pas les 30Mo/s…limitation matériel du 60D (et de beaucoup d’autres malheureusement)

    • En fait il ne faut pas confondre limite du boîtier et limite de la carte.
      Dans tous les cas avant son choix, il faut vérifier les capacités de son boîtier : inutile de prendre une carte plus rapide ! Ainsi, la vitesse d’écriture et/ou la taille du buffer peuvent être des éléments limitant.

  5. Salut, bien ton articles et les liens!
    Le sujet est d’actualité ces temps-ci ;-)

  6. Bonjour,

    Sujet effectivement de saison entre salon de la photo et noel qui approchent, il va y avoir de l’achat d’appareil photo et donc de carte memoire…

    Pour ma part je tourne sur une Sandisk HC class 10 de 16 Go et en secours une ancienne Sony 4 Go en class 4 seulement…

    Je prends un risque à travailler quasiment exclusivement sur la même carte, mais je décharge sur un portable chaque soir lorsque je suis en reportage ou en vacances.

    Aymeric

  7. Bonjour, Encore un très bon article qui nous éclaire , je n’avais pas connaissance du nouveau format xqd , de quoi ringardisé le format CF .

  8. Pour moi, le 32 Go est un bon compromis. elles permettent en voyage de ne pas regarder tout le temps s’il nous restera assez de photo pour la journée. J’ai aussi noté une véritable difference entre la class 10 et la class 4. le jour ou j’ai eu la 10 cela a été une révélation dont je ne me doutait pas meme sans rafale mais rapidement …

  9. Bonjour, bon petit MP.

    Me concernant j’utilise q’une seule carte pour mes évènements d’un week-end, mais je décharge et tris mes photos sur mon MacBook Pro deux à quatre fois par week-end.

    Il faut juste trouver ce qui convient le mieux à son environnement de travail et ça façon de travailler.

  10. La bible (test des vitesses d’écriture sur différents APN):
    http://robgalbraith.com/bins/multi_page.asp?cid=6007

    j’en ai eu besoin pour choisir une carte pour le D800, avec ses gros fichiers c’était infernal avec des cartes lentes.

  11. Bon article de synthèse. Merci. A priori tu n’as pas l’air trop « Lexar ».

  12. Question bête :

    Je ne trouve pas où acheter (sur le net ou dans le réel) les petites boîtiers en plastique (souvent pas fournis) pour les cartes SD… mais tellement pratiques pour ne pas perdre les cartes.

    Quelqu’un a une idée ?

  13. Personnellement,travaillant en « RAW » j’utilise des cartes de 8Go