Ce Mercredi Pratique est un peu particulier, car je l’ai seulement co-rédigé. Et le deuxième rédacteur n’est autre que mon grand-père, photographe amateur passionné par les fleurs. La personne idéale donc pour m’assister dans ce MP #94 haut en couleur et en parfum !

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Matériel

1. Appareil: J’ai choisi un appareil numérique compact (Canon G12) dont j’apprécie plus particulièrement les caractéristiques suivantes :

  • Le zoom 5x : 6.1 (GA)-30.5 (T) millimètres.
  • La plage de mise au point macro : 1- 50 cm (GA).
  • Le mode automatique facile mais performant, avec désactivation du flash pour une bonne netteté, y compris des bords, avec fond légèrement estompé, contraste moyen.
  • Le format 3×2, bien adapté aux clichés verticaux.
  • Le rognage secondaire, pour mieux saisir le sujet.

Ce matériel n’est qu’un exemple et non une contrainte. Il est par exemple intéressant d’avoir une optique avec une meilleure ouverture pour travailler avec une très faible profondeur de champ (et pourquoi pas un bokeh).

2. Trépied : permet un bon cadrage, indispensable pour les vitesses d’obturation inférieures au 1/50e, et pour les petites fleurs rampantes.

3. Retardateur : évite le flou suite à l’appui sur le déclencheur 😉

4. Télécommande à distance : précieuse pour photographier les insectes posés sur les fleurs, des papillons butinant sur les fleurs de buddleia (l’Arbre des papillons) aux abeilles…

5. Pare soleil : indispensable en contre-jour pour obtenir des contrastes fidèles et exprimer la finesse de la structure florale.

6. Capteur et diffuseur de lumière : un parapluie en toile écrue, une surface mate réfléchissante blanche, un miroir… dirigé sur une zone trop ou pas assez éclairée, sont parfois intéressants pour retoucher légèrement un contraste bien localisé au moment de la prise de vue.

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Conseils pour la mise en scène 

1. Qualité de la lumière : excellente le matin, au printemps, pour mieux saisir les blancs, la violence de certaines couleurs, la transparence délicate des pétales. Recommandée en fin d’après midi, elle est plus aléatoire, mais séduisante pour souligner la fluorescence de certaines couleurs dans la pénombre (exemple : les roses de France Libre). Le recours au flash est à déconseiller, car il produit des contrastes élevés. Nous vous invitions à jeter un oeil aux Golden Hours, elles s’appliquent aussi aux fleurs.

2. Direction de la lumière : elle joue un grand rôle. Directe sur la fleur, la photo sera facile à prendre, mais elle manquera d’ombre, donc de volume. Le contre-jour est préférable, car il crée du contraste, fait avancer la fleur. Le pare soleil requis dans la partie précédente prend tout son sens.

3. Angle de prise de vue : si les images prises à la hauteur même de la fleur sont à écarter car trop plates, la vision axiale du cœur révèlera un splendide décor, tant dans son tracé que dans ses couleurs. La prise en incidence oblique dominant la fleur et dirigée vers le sol est parfaite pour un bon rendu du volume.

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4. Distance : son choix est fonction de la recherche du photographe, du type de fleur… il est judicieux de faire un cliché de la plante dans son ensemble, avant de cibler sur la fleur elle-même, et conseillé de photographier la fleur juste après son éclosion.

5. Champ : si le grand champ permet de situer la plante et ses fleurs dans son environnement naturel, un champ plus petit fera apparaître des détails, parfois très peu visibles à l’œil nu, et sera un point de départ d’images suscitant l’émerveillement, en poussant la puissance du zoom. A ce stade, l’usage de la mise au point manuelle conjuguée au même type de contrôle de l’ouverture et du temps d’obturation, permet d’accéder à des images abstraites, faites de couleurs fondues, sans graphisme précis, très séduisantes pour l’imaginaire de celui qui les regarde.

6. Eléments extérieurs :

  • Les saisons : durant l’automne et l’hiver, alors que la floraison disparaît temporairement, les fleuristes offrent au photographe le plaisir de réaliser encore de belles images.
  • Le  brouillard, la rosée, les gouttes d’eau… donnent aux fleurs une beauté mystérieuse et un rendu encore plus délicat. Le faible contraste inhérent à ce décor facilite la prise des clichés.
  • Le vent, même très léger, peut générer un flou en raison du bougé qu’il imprime aux fleurs. C’est pourquoi il faut employer un temps d’obturation rapide, ou immobiliser la fleur par un moyen disposé hors du champ de prise de vue. Ou encore tenter des effets créatifs, mais pas toujours contrôlés.
  • Les insectes, hôtes habituels des fleurs, enrichissent l’intérêt de la photo florale qu’ils animent. Veillez tout spécialement à un temps d’obturation rapide, et si nécessaire à l’emploi d’une télécommande à distance.

7. Macro : les fleurs sont un sujet idéal pour la macro, n’hésitez pas à relire notre MP spécifique et à expérimenter.

Dragonfly and the waterlily

Drops

8. Saturation et désaturation : avec des couleurs très vives et une palette souvent tout aussi large, le post-traiment peut être un moyen de donner une ambiance différente à vos images.

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Fleurs et photographies

L’usage du matériel utilisé ainsi que le suivi de ces conseils devraient permettre l’obtention de bons clichés pour les fleurs polychromes : roses françaises, roses anciennes, roses anglaises, orchidées, iris, pensées, buddleias… ainsi que pour celles à dominante bleue : lavandes, campanules, pétunias…

Pour des fleurs parées de couleurs douces à base de : rose,  bleu, jaune, blanc… la recherche d’une parfaite maîtrise de la qualité et de la direction de la lumière sera la clé pour obtenir de bonnes photos, par exemple avec la rose, le muguet, le lys de la Vierge, l’hellébore, l’œillet d’Inde, l’œillet de Chine…

Enfin, les mêmes conseils seront plus que jamais nécessaires, pour les fleurs à très forte coloration, en particulier le rouge en grande surface ; tel est le cas du géranium, du bégonia, du pavot, du rhododendron… pour lesquels la puissance de la couleur gomme souvent la finesse de l’image. Si vous avez des astuces pour mieux les capturer, nous sommes preneurs !

D’ailleurs, c’est parfois en essayant de trouver des mises en scène étonnantes ou en s’inspirant du paysage que l’on fait des clichés décalés et réussis :

Turn your Face to the Sun

Red Petals

Georges et Roman.