Bien qu’un peu technique, ce Mercredi Pratique devrait vous permettre d’appréhender facilement un concept étonnant : la photographie infrarouge. Cela consiste à capturer une partie du spectre lumineux, invisible à nos yeux, confèrant un rendu très particulier à l’image.

Trois méthodes sont réalisables pour obtenir ce genre de cliché :

  • Simuler l’effet sur un logiciel de post-traitement avec un rendu plutôt moyen
  • Retirer le filtre anti-infrarouge situé proche du capteur, directement de votre reflex. Je vous conseille de faire réaliser le bidouillage par un spécialiste, en gardant à l’esprit qu’une fois modifié, votre APN sera voué à photographier en infrarouge.
  • Se munir d’un filtre dédié que l’on visse sur l’objectif (environ 50€). Plusieurs types existent, laissant passer plus ou moins le spectre lumineux. Le plus populaire est le filtre IR de 720 nanomètres qui absorbe une bonne partie du spectre. Cette 3ème méthode est un bon équilibre pour tout amateur voulant tester l’infrarouge en recherchant un bon résultat sans condamner son appareil photo. Une prise de vue bien préparée ainsi que plusieurs étapes en post-traitement sont primordiales. Voyons ça en détail.

Sujet et prise de vue pour la photographie infrarouge

Le vert de votre photo deviendra blanc par la suite, l’infrarouge est donc particulièrement efficace sur mère nature. Le filtre baisse le piqué de l’image, pensez à utiliser une petite ouverture et toujours prendre une composition très contrastée avec un soleil au meilleur de sa forme : dans le cas contraire, les couleurs seront fades et le rendu très moyen. Ensuite? Le filtre étant opaque, le temps de pose prendra plusieurs secondes. Les conditions de prise de vue sont communes à la photo nocturne : trépied, sujet fixe, retardateur. L’infrarouge va faire batifoler votre balance des blancs, shooter en RAW !

L’appareil est bien stable, la mise au point faite : prêt à déclencher ? Avant de visser le filtre, passer en mise au point manuelle, l’APN saura faire la mise au point malgré l’opacité mais avec difficulté, ne risquons pas une photo floue. Sélectionnez le mode manuel, le filtre non transparent rend impossible la détection de l’exposition. Prenez comme base une ouverture à f/9 pour 6 secondes. Ce n’est pas une référence, chaque filtre IR a une opacité qui diffère et l’anti-infrarouge de votre appareil joue aussi son rôle. Le rendu de votre photo sera rouge, c’est normal ;).

L’étape du post-traitement

Il vous faut maintenant réajuster votre RAW, et en particulier la balance des blancs en prenant le vert de votre image comme référence. Modifier les niveaux et les couleurs (vous pouvez faire confiance à votre logiciel d’édition graphique pour réajuster avec l’option « niveaux auto », « couleurs auto »). A ce stade là, votre RAW est développé 🙂

Nous allons ensuite inverser les couches de couleurs rouge et bleu via le mélangeur de couches:

  • couche de sortie rouge: rouge 100% –> 0%, bleu 0% –>100%
  • couche de sortie bleue: rouge 0% –>100%, bleu 100% –> 0%

Le rendu final est quasiment là, c’est à ce niveau qu’on voit si tout les facteurs météo, exposition, force de l’anti-infrarouge étaient optimum (à noter que le Nikon D70 est réputé pour son anti-infrarouge faible). Dans ce cas, le bleu sera dense, le vert inexistant, remplacé par un blanc irréel. De légers voiles rouges peuvent encore résister. Comme finition, vous pouvez désaturer le rouge et magenta de votre visuel.

Vous aviez déjà expérimenter cette méthode ? Nous attendons vos retours !