XPPen, surtout connu pour ses tablettes graphiques et ses carnets numériques, sort de sa zone de confort. Le constructeur vient d’annoncer la Pilot Pro, sa toute première console d’édition dédiée (principalement) au montage vidéo. L’objet dispose d’un grand joystick multidirectionnel, de trois molettes à retour haptique et 16 boutons programmables pour rivaliser avec les Loupedeck CT, TourBox Elite et autres accessoires d’édition qui se sont multipliés ces dernières années. Nous avons eu l’occasion de la prendre en main.

Sommaire
- XPPen change de terrain (et de cible)
- Un format compact et une ergonomie soignée
- Joystick et triple molette : le cœur du produit
- Seize boutons et une logique de « thèmes »
- Des profils logiciels déjà disponibles
- Connectivité et compatibilité
- Prix et disponibilité de la console d’édition XPPen Pilot Pro
- Notre premier avis
XPPen change de terrain (et de cible)
Jusqu’ici, XPPen visait surtout les illustrateurs et les graphistes. Avec la Pilot Pro, la marque s’adresse explicitement aux monteurs vidéo, aux créateurs de contenus, aux retoucheurs photo et aux étalonneurs. Ce premier produit d’une nouvelle gamme de « consoles d’édition » veut vous laisser la souris dans une main et libérer l’autre pour piloter la timeline, les coupes et l’étalonnage sans quitter l’écran des yeux.


L’idée d’une console avec boutons programmables n’est pas nouvelle mais XPPen y ajoute deux éléments rarement combinés sur ce segment : un véritable joystick à huit directions placé au sommet de la console, et trois molettes rotatives paramétrables avec retour haptique, là où la concurrence se contente souvent d’une seule molette associée à quelques boutons.
Un format compact et une ergonomie soignée
Avec des dimensions de 13 x 9,3 x 6,7 cm pour un poids de 251 g, la Pilot Pro se montre un peu plus imposante qu’une souris que l’on aurait affublée d’une « cheminée ». Sa robe bicolore noire et blanche tranche d’ailleurs avec les périphériques habituellement unis et nous rappelle l’écosystème PlayStation de Sony. L’assemblage du produit est très bon et les plastiques sont de bonne facture.


Les boutons sont placés de façon à être atteints sans déplacer la main, même s’il faudra une assez grande main : XPPen précise qu’en dessous de 17 cm de longueur de paume (mesurée du pli du poignet au bout du majeur), presser simultanément les boutons latéraux gauche et droit peut devenir délicat. La courbure de l’engin vise par ailleurs à réduire la pression sur le poignet. Pendant de longues sessions de montage ou d’étalonnage, ce détail peut faire la différence.


La console est explicitement pensée pour la main gauche : elle s’installe à gauche du clavier et vient compléter la souris, qui reste sous la main droite. Si vous êtes gaucher, cela vous obligera en revanche à quelques contorsions.


Sous la coque, une batterie de 1 900 mAh permet un usager sans-fil. XPPen annonce plus de quinze jours d’autonomie à raison de quatre heures de montage par jour. La recharge se fait via un port USB-C.


Joystick et triple molette : le cœur du produit
Au centre de la console, le joystick est l’élément le plus original. Il propose deux modes de fonctionnement : 4 directions ou 8 directions pour des commandes diagonales plus fines. On peut pousser à gauche ou à droite pour faire défiler la timeline à vitesse variable, vers le haut pour sélectionner des clips, vers le bas pour les couper.


Cette intégration repose sur la fonction Pilot Run (activée par défaut), qui reconnaît les modules de la page Color de DaVinci Resolve. La petite molette ajuste alors les valeurs et les curseurs, le bouton OK maintenu combiné au joystick déplace le pointeur sur la roue chromatique, et une pression sur la petite molette réinitialise le réglage. La fonction vise DaVinci Resolve 20.2, avec une compatibilité partielle sur d’autres versions.
Le sommet du joystick intègre un bouton OK et quatre micro-boutons tactiles qui servent notamment à basculer entre les profils logiciels. Autour du stick, on retrouve la grande molette ; juste à côté, une molette plus petite ; et, devant, le petit cadran. Soit trois molettes rotatives distinctes, chacune avec son rôle. Par exemple, avec le profil Premiere Pro proposé au téléchargement, elles fonctionnent comme suit :
- la molette haute vitesse pour balayer rapidement la timeline et repérer un point de coupe ;
- la molette de précision pour déplacer la tête de lecture image par image, ou faire pivoter une image ;
- le petit cadran rotatif pour zoomer et dézoomer dans la timeline.






Les trois molettes disposent d’un retour haptique réglable sur trois intensités (sans vibration, légère ou intense). À l’usage, c’est ce type de retour qui transforme une simple roue codeuse en outil de précision : on « sent » chaque cran sans regarder. La fluidité est de mise, aucune latence ne se ressent et on peut alors être beaucoup plus habile qu’avec une souris ou un trackpad classiques.
Seize boutons et une logique de « thèmes »
Le reste du châssis regroupe seize boutons programmables entourant le joystick : quatre à gauche, quatre à droite, plus un pavé directionnel de quatre touches à l’arrière et les quatre touches tactiles sur la tête du stick. Au total, on dénombre donc 19 boutons : 12 raccourcis, 3 boutons de fonction et 4 boutons tactiles, complétés par les 3 éléments rotatifs et le joystick. Le Pilot Pro peut ainsi donner accès à plus de 100 commandes accessibles dans chaque logiciel.
Le paramétrage se fait via le logiciel PilotController disponible sous Windows et macOS, qui a le mérite d’être très complet, mais parfois un peu touffu à prendre en main.


Un seul appui peut déclencher une macro ou ouvrir un panneau secondaire affichant plusieurs raccourcis. Par ailleurs, l’utilisateur peut créer jusqu’à sept thèmes personnalisés, chacun regroupant un jeu complet de boutons pour un logiciel ou un type de tâche (montage, étalonnage, retouche…).


Le passage d’un thème à l’autre se fait via les touches du joystick ou automatiquement quand on change d’application. Un HUD transparent affichable à l’écran, déclenché par le bouton OK, rappelle la correspondance des boutons, bien pratique pendant la phase d’apprentissage.


Des profils logiciels déjà disponibles
Côté logiciels, XPPen livre des presets officiels directement dans le pilote pour Adobe Premiere Pro, DaVinci Resolve et CapCut. La marque met aussi à disposition une bibliothèque de profils communautaires, dont certains créés par des monteurs experts, téléchargeables depuis son site et applicables en un clic ; Photoshop et Lightroom Classic y figurent également.
Tout étant personnalisable, rien n’empêche d’utiliser dès maintenant la Pilot Pro avec After Effects, Audition, voire un traitement de texte : la console émule des signaux clavier et fonctionne avec tout logiciel gérant les raccourcis clavier. Seuls les profils prêts à l’emploi et le contrôle direct des réglages dépendront des futures mises à jour.
Pour un usage plus pensé « photo », l’intégration et le mappage de chaque commande se sont révélés assez déroutants et chronophages au premier abord. Si Lightroom Classic figure parmi les logiciels pris en charge côté profils, on attend surtout un véritable contrôle direct des réglages pour exploiter pleinement la console en retouche.


De même, toujours concernant Lightroom, malgré la présence de multiples options de personnalisation, aucune ne semble donner accès à des commandes d’édition directe des photos. On peut naviguer dans le logiciel, zoomer, sélectionner, ajouter des mots-clés, exporter, etc., mais on ne peut pas retoucher, recadrer ou encore appliquer des masques. L’outil semble donc plus approprié pour le montage vidéo que pour l’édition photo.
Connectivité et compatibilité
Sur le papier, la console couvre tous les usages : USB-C, Bluetooth 5.4 et dongle 2,4 GHz fourni dans la boîte. Le Bluetooth est par ailleurs bi-canal : on peut appairer deux ordinateurs et passer de l’un à l’autre d’un appui court sur le bouton Bluetooth.
Côté systèmes d’exploitation, le Pilot Pro est compatible avec Windows et macOS. À noter : pas de mention de compatibilité avec Linux ni avec iPadOS, ni avec les tablettes Android, ce qui pourrait limiter certains monteurs nomades.


Dans la boîte, on trouve la console, un câble USB-C vers USB-A, un adaptateur USB-A vers USB-C, le récepteur sans fil, ainsi qu’une pochette de transport.
Prix et disponibilité de la console d’édition XPPen Pilot Pro
La console d’édition XPPen Pilot Pro est disponible sur la boutique XPPen au tarif de 199 €. Jusqu’au 20 juin 2026, la console bénéficie d’une réduction et est proposée pour 189 €.
À ce prix, elle se positionne comme une alternative plus abordable que les Loupedeck CT ou encore le TourBox Elite.
Notre premier avis
Pour un pas inaugural en dehors de sa zone de confort, XPPen livre une copie étonnamment mature. La Pilot Pro ne se contente pas de cloner l’existant ; il veut bousculer des acteurs solidement installés.
Sur le plan de l’ergonomie, la console est très bien étudiée pour les longues sessions de montage. Le format incliné de l’appareil épouse la forme du poignet, tandis que la subtilité des vibrations haptiques permet de piloter « à l’aveugle » avec une précision redoutable. La navigation et l’édition sur des logiciels de montage vidéo sont clairement facilitées.


Pour la photo toutefois, cet enthousiasme initial doit être nuancé par certaines limites logicielles actuelles. Si le matériel se montre réussi, l’intégration avec les flux de travail purement photographiques est un peu moins complète. L’impossibilité d’agir directement sur les curseurs d’exposition, de contraste ou de colorimétrie dans Lightroom Classic cantonne pour l’instant l’appareil à des tâches de dérushage, de tri et de navigation.
En définitive, la XPPen Pilot Pro s’impose comme un outil très abouti. Elle comblera les monteurs vidéo et les créateurs à la recherche d’un gain de productivité accessible et immédiat. Pour les photographes en revanche, c’est une excellente fondation à laquelle il manque encore un mode de contrôle direct des réglages dans Lightroom Classic pour révéler tout son potentiel.
Contenu réalisé en collaboration avec XPPen
Il s’agit d’un contenu original créé par Phototrend avec nos critères de qualité pour présenter la nouvelle console d’édition Pilot Pro.



