Test pCloud : le stockage cloud à vie est-il vraiment une bonne affaire pour les photographes ?

399 € pour 2 To à vie : promesse tenue ? Notre verdict après 5 ans d'utilisation.

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Aujourd’hui, le stockage cloud est devenu un poste de dépense récurrent pour les photographes, et pas que. 10 € par mois ici, 12 € là… Au bout de quelques années, la facture s’alourdit sérieusement. C’est précisément ce modèle que pCloud, une entreprise suisse fondée en 2013, a décidé de bousculer avec une approche radicale : un paiement unique pour un accès à vie. 399 € pour 2 To, et on n’en parle plus.

Chez Phototrend, on suit pCloud depuis plusieurs années. En 2020, nous avons franchi le pas en souscrivant à l’offre de stockage 2 To à vie. Depuis, on l’utilise au quotidien pour de l’envoi de centaines de RAW, de la sauvegarde automatique d’un Mac, la synchronisation entre machines, le partage de galeries

Après plusieurs années d’utilisation intensive, et après avoir vu le logiciel évoluer, il était temps de livrer notre verdict. Cette solution européenne parvient-elle réellement à concurrencer Google Drive, Dropbox et iCloud ? Voici notre test complet de pCloud.

Cet article n’est pas sponsorisé. Il contient des liens d’affiliation : si vous souscrivez à pCloud via nos liens, Phototrend perçoit une commission, sans surcoût pour vous. Cela ne modifie en rien notre avis éditorial.

Qu’est-ce que pCloud ?

pCloud AG est une entreprise suisse basée à Baar, spécialisée dans le stockage cloud sécurisé. Lancée en 2013, elle revendique aujourd’hui plus de 22 millions d’utilisateurs dans le monde.

Son positionnement se veut clairement européen, avec des serveurs au Luxembourg pour la région EU et une conformité avec le RGPD stricte, et surtout une alternative aux géants américains soumis au Cloud Act (voir plus bas).

Le service est accessible depuis différentes plateformes : macOS et Windows, interface web, et applications mobiles iOS et Android. Cela permet d’accéder à vos fichiers depuis n’importe quel appareil.

L’entreprise a considérablement évolué depuis ses débuts. Initialement centrée sur le stockage pur, pCloud propose désormais un écosystème complet : pCloud Crypto pour le chiffrement côté client, pCloud Pass comme gestionnaire de mots de passe, pCloud Family pour le partage entre 5 utilisateurs, et depuis fin 2024, pCloud Photos avec éditeur d’images intégré.

Point crucial pour les photographes français : vos données peuvent être hébergées exclusivement au Luxembourg, sous juridiction de l’Union européenne. Le choix de la région (EU ou USA) se fait à l’inscription et reste définitif, sauf à payer 19,99 $ de frais de migration.

Le modèle « lifetime » : payer 399 € une fois pour 2 To de stockage à vie

C’est l’argument phare de pCloud, celui qui interpelle dès la page d’accueil : le paiement unique à vie. Concrètement, vous payez 399 € pour 2 To de stockage, et c’est terminé. Aucun renouvellement mensuel, aucune mauvaise surprise dans trois ans quand le service augmente ses tarifs, même si pCloud propose aussi des abonnements au mois ou à l’année.

À l’heure où nous écrivons notre test, voici la grille tarifaire complète (avril 2026)

Premium 500 Go199 € à vie49,99 € / an4,99 € / mois
Premium Plus 2 To399 € à vie99,99 € / an9,99 € / mois
Ultra 10 To1 190 € à vie199,99 € / an19,99 € / mois

Pour situer ces prix, comparons avec la concurrence sur l’offre 2 To, celle qui intéresse la majorité des photographes stockant un minimum d’images en ligne :

  • Google One 2 To : 9,99 €/mois soit 119,88 €/an
  • iCloud+ 2 To : 9,99 €/mois soit 119,88 €/an
  • Dropbox Plus 2 To : environ 11,99 €/mois soit 143,88 €/an
  • Microsoft 365 : 6,99 €/mois pour 1 To seulement (99 €/an avec Office)
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Le calcul est facile à faire. Face à Google One ou iCloud qui facturent environ 120 €/an, pCloud devient rentable dès la quatrième année. Sur 10 ans, vous économisez 800 €. Sur 15 ans, 1 400 €. Pour un photographe qui stockera ses archives pendant des décennies, l’argument économique est massif.

L’offre pCloud Family permet de partager l’espace entre 5 utilisateurs maximum, chacun disposant d’un compte indépendant avec son propre espace privé. Pratique pour une famille, ou bien même une petite PME.

Par contre, le paiement “à vie” incite à réfléchir sur la pérennité de l’entreprise. pCloud existe depuis 2013, affiche une croissance régulière et dit avoir atteint la rentabilité en 2019, mais si jamais vous souscrivez aujourd’hui et que l’entreprise ferme demain, vous ne pourrez rien réclamer. C’est un point à prendre en compte, même si on peut dire que maintenant l’entreprise a déjà atteint une certaine légitimité dans le domaine avec 13 ans d’activité (c’est toujours moins que Phototrend, certes…).

pCloud Drive : sauvegarde et synchronisation automatiques

L’application pour ordinateur pCloud Drive constitue le cœur du système. Une fois installée sur macOS, Windows ou Linux, elle crée un disque virtuel qui n’occupe (de base) strictement aucun espace physique sur votre ordinateur, on en parle plus bas.

test pCloud

Point important pour les utilisateurs Mac : lors de la première installation, macOS vous demandera d’autoriser l’extension système pCloud depuis les Préférences Système (ou Réglages Système sur macOS Ventura et ultérieurs). Cette étape est nécessaire pour que pCloud puisse « monter » votre stockage cloud comme un disque externe dans le Finder.

Pour utiliser pCloud Drive sur les Mac dotés de puces Apple Silicon, une procédure nécessite un redémarrage en mode Recovery pour modifier la politique de sécurité (réduction de la sécurité et autorisation manuelle des extensions kernel). Depuis les récentes versions de macOS, l’activation se fait désormais simplement depuis les Réglages Système > Confidentialité et sécurité. C’était une cause de problème à une époque sur notre machine de test, mais c’est désormais révolu.

Sauvegarde automatique de dossiers

pCloud permet de sauvegarder automatiquement certains dossiers de votre ordinateur vers le cloud. Vous sélectionnez les dossiers à surveiller (par exemple votre dossier Photos, Documents, ou vos dossiers de travail), et pCloud se charge de tout sauvegarder en arrière-plan dès qu’un fichier est modifié ou ajouté.

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C’est très pratique pour avoir une copie de sécurité permanente de vos fichiers de travail sans y penser. Pour un photographe, cela signifie que vos dossiers de photos peuvent être automatiquement sauvegardées dans le cloud au fur et à mesure de vos imports. Attention, certains pourront être tentés de sauvegarder leur catalogue Lightroom de cette manière. C’est possible, mais à vos risques et périls, surtout si vous pensez travailler sur le catalogue depuis un autre ordinateur.

Au-delà du stockage de fichiers depuis un ordinateur, pCloud se positionne comme une solution de backup centralisée. Vous pouvez par exemple sauvegarder :

  • le contenu de l’applications Photo sur votre smartphone (iOS et Android) : photos et vidéos
  • vos autres espaces cloud : Google Drive, OneDrive, Dropbox, ou encore Google Photos

Ce dernier point est particulièrement intéressant pour consolider vos données éparpillées. pCloud permet d’importer le contenu de vos autres services cloud directement dans votre espace pCloud.

test pCloud

Attention toutefois : cette importation est manuelle et limitée à une fois par mois maximum par service. Ce n’est donc pas une synchronisation continue, mais plutôt une fonctionnalité de migration ou de backup ponctuel, ce qui reste très pratique pour centraliser vos archives.

Dossiers synchronisés : utile mais à manier avec précaution

pCloud propose également une synchronisation bidirectionnelle : vos fichiers sont synchronisés avec pCloud, ce qui permet d’y accéder par exemple entre plusieurs ordinateurs automatiquement. Modifiez un fichier sur votre MacBook, il sera automatiquement mis à jour sur votre Mac de bureau par exemple.

Ici encore, il faut être vigilant : cette synchronisation se fait en « miroir », ce qui signifie que si vous supprimez un fichier sur un ordinateur, il sera également supprimé du cloud et des autres ordinateurs synchronisés.

Pour des archives photo importantes, ce comportement peut être risqué. Une suppression accidentelle se propage partout. Dans ce cas, mieux vaut utiliser le mode de sauvegarde automatique unidirectionnel plutôt que la synchronisation complète. Par contre, on le verra plus bas dans le test, pCloud propose des fonctions de sécurité en cas de suppression des photos.

Stockage optimisé sur votre disque

pCloud Drive permet d’optimiser l’espace des fichiers présents sur votre disque une fois sauvegardés en ligne. Ainsi, par exemple, si vous avez un dossier de 100 Go de fichiers sur pCloud, pCloud Drive ne prendra que quelques Mo sur votre SSD interne, par défaut.

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Les fichiers restent dans le cloud et se téléchargent à la demande quand vous les ouvrez. Pratique quand on a un MacBook avec 256 Go de stockage interne, vous l’aurez compris. C’est d’ailleurs le même comportement que Google Drive ou Dropbox.

Par contre, si vous souhaitez conserver une version locale de certains fichiers auxquels vous avez besoin d’un accès régulier, et surtout hors connexion, il est possible de faire un clic droit sur le fichier ou le dossier et de choisir “Make available offline” (ici, pCloud n’a pas traduit le texte bizarrement).

Versioning, Rewind et Extended File History

Parmi les fonctions intéressantes à explorer, mentionnons également l’historique des fichiers et la récupération de la corbeille, de 30 jours dans l’offre Premium Standard. pCloud propose également une fonction “Rewind” qui permet de revoir dans le passé jusqu’à 60 jours.

Cette fonction est pratique, une sorte de Time Machine de votre stockage en ligne, afin d’accéder à une vision de vos fichiers dans le passé.

test pCloud

Pour une protection maximale, pCloud propose également une option Extended File History (79 € en paiement unique) qui étend cette durée à 365 jours pour l’historique, la récupération des fichiers mis à la corbeille et la fonction Rewind.

Gestion des fichiers : aperçu natif des RAW et métadonnées préservées

Pour un photographe, la question critique concerne le support des formats d’images. Bonne nouvelle : pCloud génère des aperçus pour tous les formats RAW majeurs : CR2/CR3 (Canon), NEF (Nikon), ARW (Sony), RAF (Fujifilm), DNG, ORF (Olympus), RW2 (Panasonic).

Ces miniatures s’affichent instantanément dans l’interface web et les applications mobiles, sans téléchargement préalable du fichier complet. Pour parcourir rapidement une galerie de plusieurs centaines de photos et retrouver celle que vous cherchez, c’est un vrai confort.

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pCloud dispose également d’un onglet « Photos » qui filtre automatiquement vos fichiers images du reste de votre stockage, voir plus bas.

L’éditeur de photos intégré : gadget ou vraiment utile ?

Depuis fin 2024, pCloud Photos intègre un éditeur basique permettant des ajustements rapides sur ses images depuis pCloud web : luminosité, contraste, saturation, température, recadrage, 9 filtres préréglés.

Bonne surprise : l’éditeur fonctionne aussi bien sur les JPEG que sur les fichiers RAW. pCloud précise que cette fonction est encore en version beta, mais lors de nos tests, elle s’est révélée parfaitement fonctionnelle.

Honnêtement, ce n’est pas avec ça que vous allez développer vos RAW de manière professionnelle, c’est bien trop limité pour remplacer Lightroom par exemple. Pour autant, cet éditeur trouve son utilité pour des retouches express avant partage sur Instagram ou envoi rapide à un client. Vous gagnez quelques clics en évitant de faire des aller-retour pour recadrer une photo. C’est un plus appréciable.

pCloud Photos, Audio, Docs

pCloud propose deux interfaces dédiées pour naviguer dans vos contenus : pCloud Photos et pCloud Audio (sur web et mobile).

L’interface Photos affiche tous vos fichiers images (JPEG, PNG, RAW) et vidéos sous forme de galerie chronologique. Un scroll permet de naviguer rapidement entre les années, mois et jours. C’est pratique pour retrouver des photos d’une période précise, peu importe le dossier dans lequel se trouve la photo. Certaines photos sont mêmes réunies sous la forme de “souvenirs”. Et depuis peu, il est possible d’exclure un dossier de la vue galerie pour ne pas « polluer » vos images, par exemple si vous avez des captures d’écran ou des photos de vos reçus.

Petit regret : impossible de rechercher vos images par métadonnées EXIF (appareil photo, focale, ISO, etc. ou encore description). La navigation reste purement chronologique et visuelle. Ici, on est bien loin d’un Google Photos par exemple.

L’interface Audio fonctionne sur le même principe en regroupant tous vos fichiers musicaux (MP3, FLAC, etc.) dans une seule fenêtre dédiée. Pratique si vous stockez également votre bibliothèque musicale dans pCloud.

Enfin, pCloud web dispose également d’outils d’édition de fichiers Word, Excel, PowerPoint, PDF, etc, grâce à l’intégration Only Office, ce qui permet d’en faire une suite bureautique en ligne

Comme on peut le voir, pCloud est très complet et ne se limite pas au simple stockage de fichiers : le service cherche à offrir une expérience de gestion de contenus multimédia et bureautique complet.

Tests de performance : upload et download en conditions réelles

Pour évaluer les performances réelles de pCloud, nous avons réalisé plusieurs tests de transfert depuis un MacBook Pro M1 Max en connexion Ethernet filaire sur une fibre symétrique très haut débit (838 Mbps en download, 935 Mbps en upload selon Speedtest au moment de l’écriture de cet article). L’objectif : déterminer si pCloud exploite efficacement la bande passante disponible, notamment sur les connexions très haut débit.

Vitesse d’upload pCloud

Voici les résultats pour l’upload d’un dossier reportage complet (24,72 Go, 1 238 fichiers RAW et JPEG) :

  • débit moyen : 510 Mbps (63,8 Mo/s)
  • débit maximal observé : 79 Mo/s
  • temps total : 6 min 35
  • utilisation bande passante : 55% de notre connexion upload (935 Mbps)

Premier enseignement : pCloud plafonne autour de 500-510 Mbps en upload, même sur une connexion capable de monter à 935 Mbps. Ici donc, ce sont les serveurs pCloud qui limitent la vitesse de transfert et non notre connexion.

Pour autant, pouvoir uploader en 6 minutes et demi environ 25 Go de données, soit plus de 1200 photos) est une excellente performance, qui place pCloud comme une solution de stockage très rapide.

Vitesse de téléchargement pCloud

Dans l’autre sens, pour le téléchargement d’une archive zip de 1 Go, voici les résultats de pCloud :

  • débit moyen : 138 Mbps (17,2 Mo/s)
  • temps total : 58 secondes
  • utilisation bande passante : 16% de notre connexion download (838 Mbps)

En téléchargement, le débit est nettement plus modeste et n’exploite qu’une fraction de notre bande passante disponible.

Dans la pratique, ce n’est pas vraiment gênant : télécharger 1 Go en moins d’une minute reste très correct, et ici encore, pCloud se place au même niveau que de nombreux concurrents.

Ce qu’il faut retenir

Pour les connexions haut-débit standard (100-200 Mbps) : pCloud saturera probablement votre ligne. C’est votre connexion Internet qui constituera le facteur limitant.

Pour les connexions très haut débit (500+ Mbps) : pCloud plafonne autour de 500 Mbps en upload. Vous n’exploiterez pas l’intégralité de votre bande passante, mais les transferts restent très rapides dans l’absolu – comptez environ 1 minute par 5 Go uploadés.

Contrairement à certains services cloud qui appliquent des bridages stricts par utilisateur, pCloud offre des débits confortables. Pour un photographe synchronisant ses dossiers en arrière-plan après une journée de reportage, les performances sont largement à la hauteur.

En plus de ses capacités de stockage en ligne, pCloud peut être très intéressant pour les photographes qui partagent régulièrement des galeries photo avec des proches ou des clients. En effet, en plus de permettre le partage de dossiers via un lien, ce que proposent déjà tous les autres services, il est possible de personnaliser l’apparence des dossiers partagés, une fonction appelée “Branded Links”.

Ainsi, une fois un lien partagé, il est possible de gérer les paramètres du dossier partagé. Vous pouvez ainsi autoriser les gens recevant le lien du dossier partagé à déposer des fichiers (par exemple pour un album partagé de groupe), soit pour toute personne disposant du lien, soit uniquement pour des personnes autorisées.

Il est également possible d’autoriser ou non le téléchargement des fichiers, de protéger le dossier par mot de passe, de définir une date de fin de validité du lien, mais aussi de personnaliser l’apparence du dossier, sujet particulièrement intéressant pour un photographe.

Ainsi, vous pouvez ajouter une image de couverture, un titre et une description personnalisée, et la façon dont les images s’afficheront.

Des statistiques permettent de voir combien de personnes ont consulté le dossier et téléchargé quels fichiers. Pratique pour suivre la validation client lors d’un shooting.

Attention par contre, il y a une limite : la bande passante de téléchargement pour les liens partagés est plafonnée à 500 Go/mois en Premium et 2 To/mois en Premium Plus.

Pour un photographe professionnel partageant régulièrement des galeries de JPEG, le quota Premium devrait cependant suffire. Il est cependant possible d’augmenter le trafic de liens. Dommage cependant qu’il ne soit pas possible de retirer le logo pCloud sur la base, pour disposer du service en marque blanche.

Lors de notre test, nous avons également découvert que pCloud proposait une alternative à WeTransfer, Smash ou SwissTransfer avec pCloud Transfer. Le service permet ainsi de partager des fichiers ou dossiers jusqu’à 5 Go gratuitement, sans enregistrement. Il est également possible d’encrypter les fichiers grâce à un mot de passe.

Sécurité et souveraineté : l’argument européen face au Cloud Act

Dans le contexte politique actuel, la question de la localisation des données prend tout son sens pour les professionnels français.

Architecture suisse, serveurs luxembourgeois

pCloud AG est une société suisse soumise à la législation helvétique sur la protection de la vie privée. Vos données peuvent être hébergées au Luxembourg, en plein cœur de l’Union européenne, avec conformité RGPD stricte.

Point crucial : pCloud possède ses propres centres de données et n’utilise pas d’infrastructure louée chez AWS, Azure ou Google Cloud. Selon le service, les fichiers sont répliqués en 5 copies minimum sur au moins 3 serveurs distincts, avec certifications SSAE 18 SOC 2 Type II. Un gage de sécurité, même si c’est désormais standard dans l’industrie du stockage en ligne.

Pourquoi est-ce que stocker ses données sur un serveur d’une entreprise européenne est important ? Le Cloud Act américain de 2018 autorise les autorités US à exiger l’accès aux données stockées par des entreprises américaines, quelle que soit la localisation physique des serveurs. Même si Google ou Microsoft hébergent vos photos dans un datacenter parisien, ils restent tenus de les communiquer sur réquisition américaine.

pCloud, entreprise suisse non soumise au Cloud Act, échappe à cette juridiction. Pour les photographes travaillant avec des clients sensibles (personnalités publiques, entreprises) ou simplement soucieux de confidentialité, c’est un argument de poids.

Enfin, pCloud propose également une option pCloud Encryption (49 € en paiement unique, ou disponible en abonnement mensuel à 4,99 €) qui vient ajouter un chiffrement côté client de type zero-knowledge. Vos fichiers sont chiffrés localement sur votre ordinateur avec votre clé personnelle avant upload.

pCloud n’a techniquement aucun accès à cette clé de déchiffrement. Même en cas de réquisition légale, les fichiers chiffrés seraient inexploitables sans votre mot de passe. L’inconvénient : si vous perdez ce mot de passe, vos données sont définitivement inaccessibles, sans aucune récupération possible.

Conclusion

Au final, pCloud s’impose comme une alternative crédible et mature face aux géants du stockage cloud. Après plusieurs années d’utilisation quotidienne, le constat est clair : le service tient ses promesses.

Le modèle lifetime à 399 € pour 2 To (et hors promotion) reste son atout majeur, rentabilisé en un peu plus de trois ans face à Google One ou iCloud. Les performances en upload sont excellentes, le support des fichiers RAW est convaincant avec des aperçus générés nativement dans le cloud, et les options de partage personnalisé séduiront les photographes travaillant avec des clients.

L’hébergement suisse avec serveurs au Luxembourg apporte également un argument de sécurité et de souveraineté, pertinent dans le contexte actuel.

Pour archiver, sauvegarder et partager ses photos sans abonnement récurrent, pCloud est aujourd’hui l’une des options les plus cohérentes du marché.

Côté tarifs, pCloud propose trois formules en paiement unique : 199 € pour 500 Go, 399 € pour 2 To et 1 190 € pour 10 To. Des abonnements mensuels et annuels existent aussi, de 4,99 €/mois à 19,99 €/mois selon la capacité. À noter que pCloud propose régulièrement des promotions, n’hésitez pas à vous inscrire à notre newsletter pour en être informés.

Une offre d’essai gratuit permet de disposer de 10 Go de stockage gratuit.

Test pCloud : le stockage cloud à vie est-il vraiment une bonne affaire pour les photographes ?
Fonctionnalités
8
Sécurité et confidentialité
8
Performances
9
Ergonomie et expérience utilisateur
8
Rapport qualité/prix
8
Points forts
Modèle économique sans abonnement très intéressant
Transferts très rapides
Galerie en ligne personnalisable pour le partage photo
Support fichier RAW natif dans le web
Serveurs en Europe
pCloud Drive et sauvegarde automatique
Fonctions de versions et historique 30 jours
Points faibles
Somme importante à débourser en une fois
De nombreuses options supplémentaires payantes (chiffrement, historique prolongée)
Éditeur photo "web" encore basique
Forfait "lifetime" suppose la survie de l'entreprise sur plus de 10 ans
Support client un peu lent
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