Test Pergear Master 512 Go : une CFexpress Type B 4.0 déroutante, mais bon marché

8.3
sur 10

Lancée en juin 2025, la carte CFexpress Type B Pergear Master 512 Go adopte la norme 4.0 et veut s’imposer comme une référence en termes de performances. Disponible également en 1 To, elle promet des vitesses exceptionnelles, avec jusqu’à 3500 Mo/s en lecture et 3400 Mo/s en écriture.

Avec un rapport qualité-prix agressif, elle propose des arguments convaincants, notamment pour les photographes et vidéastes qui travaillent avec de fortes rafales ou des flux vidéo 8K exigeants. Voici notre test complet de la carte CFexpress de Type B Pergear Master 512 Go.

CFexpress Type B Pergear Master 512 Go 4.0

Présentation de la carte Pergear Master 512 Go

Pergear, société chinoise reconnue pour ses accessoires photo, a fait évoluer en 2025 sa gamme de cartes mémoires CFexpress vers la norme 4.0. Le constructeur propose désormais trois gammes distinctes : Standard, Prime et Master, cette dernière incarnant le haut de gamme de la marque.

La gamme Master se décline en deux formats : les cartes CFexpress Type A pour les boîtiers Sony, et les cartes CFexpress Type B compatibles avec un large écosystème de boîtiers haut de gamme (Nikon, Canon, Panasonic, Leica, etc.)

Dans le détail, la carte Master 512 Go promet des vitesses maximales de 3500 Mo/s en lecture et 3400 Mo/s en écriture. Des débits impressionnants à rapprocher des promesses d’une carte comme la Lexar Professional Diamond 4.0, et qui devraient permettre de décharger très rapidement de lourdes rafales photo et séquences vidéo.

Selon Pergear, la carte afficherait une vitesse minimale soutenue en écriture de 800 Mo/s, dépassant largement les certifications VPG200 et VPG400 classiques. Cependant, elle n’est pas certifiée officiellement, est-ce parce qu’elle ne peut tenir cette performance sur le long terme, ou simplement parce que Pergear n’a pas voulu payer une quelconque licence ? Nous l’ignorons.

CFexpress Type B Pergear Master 512 Go 4.0

Cette donnée est capitale pour les vidéastes qui enregistrent en 8K RAW ou en 4K 120 fps, car elle garantit l’absence de pertes d’images ou d’interruptions lors de longs enregistrements.

Bien entendu, si les cartes à la norme CFexpress 4.0 sont de plus en plus répandues, ce n’est pas le cas des boîtiers. Les appareils actuels ne pourront donc pas pleinement exploiter les capacités d’une carte comme la Pergear Master. En attendant, ces cartes seront bien pratiques pour décharger ses fichiers très rapidement sur son ordinateur.

CFexpress Type B Pergear Master 512 Go 4.0

Robustesse

La carte CFexpress Type B Pergear Master 512 Go adopte le format standard des cartes CF-B, avec des dimensions de 29,6 x 38,5 x 3,8 mm pour un poids d’environ 10 g.

Selon le constructeur, la carte est résistante aux chocs, à l’immersion dans l’eau, aux rayons X et peut fonctionner dans une large plage de températures allant de -10 à 70 °C. Les données peuvent être conservées entre -40 et 85 °C, ce qui devrait rassurer les professionnels travaillant dans des environnements hostiles. Néanmoins faute d’indice IP vraiment indiqué, nous ne nous sommes pas risqués à plonger la carte dans l’eau.

Pergear offre une garantie de 5 ans, ce qui est plus généreux que la plupart des constructeurs. Cela reste néanmoins inférieur à la garantie « à vie » proposée par certains fabricants comme Lexar ou ProGrade Digital, mais constitue un gage de confiance appréciable pour une marque relativement récente sur ce segment.

Performances en laboratoire

Pour réaliser notre test, nous avons utilisé le lecteur de cartes CFexpress Pergear USB 4.0, compatible avec les cartes Type A et Type B. Ce lecteur, proposé à environ 69 €, permet théoriquement de bénéficier des débits maximaux de la carte grâce à sa connectique USB-C 4.0.

Nous avons procédé à différentes mesures sur un ordinateur équipé de ports USB 4.0, à l’aide des logiciels CrystalDiskMark et AJA System Test. Nous avons également chronométré la copie manuelle d’un dossier de 269 Go comprenant des séquences vidéo en 8,3K RAW

Les mesures confirment en partie les promesses de Pergear : lors des tests synthétiques, la carte atteint 3363 Mo/s en lecture et 2592 Mo/s en écriture. Ces valeurs sont en deçà des annonces du constructeur, ce qui est souvent le cas, comme nous avons pu l’observer avec d’autres cartes que nous avons testées.

CFexpress Type B Pergear Master 512 Go 4.0

À de telles vitesses, la Pergear Master Type B se positionne parmi les cartes CFexpress les plus rapides du marché, surpassant nettement les modèles en 2.0 et rivalisant avec les meilleures références en 4.0 – même si sa vitesse en écriture reste inférieure à la concurrence.

Nous avons également vérifié la vitesse minimale soutenue annoncée à 800 Mo/s. Dans nos tests d’écriture continue sur plusieurs dizaines de gigaoctets, la carte, après un démarrage très lent jusqu’à 7 % de la copie, a ensuite maintenu une vitesse moyenne de 650 Mo/s.

CFexpress Type B Pergear Master 512 Go 4.0

Ces performances sont remarquables et dépassent largement les bases des certifications VPG400 (400 Mo/s) et VPG200 (200 Mo/s). Il est d’ailleurs surprenant que Pergear n’ait pas mis en avant une certification. Ceci étant dit, on peut remarquer que la Pergear Master se montre, dans ce domaine, néanmoins moins performantes que les meilleures cartes CFexpress, même de type 2.0. Peut-être trouve-t-on ici la réponse à l’absence de certification officielle ?

Qu’est-ce que la vitesse continue ?
La vitesse continue (ou sustained speed en anglais) correspond à la vitesse d’écriture que la carte peut soutenir lors de l’enregistrement en continu de données. Elle est importante en vidéo, notamment avec les formats toujours plus lourds proposés par les boîtiers (8K, RAW, ProRes, etc.). Une carte n’arrivant pas à maintenir une vitesse continue suffisante ne pourra donc pas enregistrer sur la durée des séquences à forts débits. Les constructeurs insistent ainsi souvent sur cette donnée.

Avec le logiciel AJA System Test, nous avons établi les framerates maximales théoriques que la carte pouvait encaisser en vidéo. En 4K UHD et codec Apple ProRes, la CFexpress Type B Pergear Master peut théoriquement supporter jusqu’à 517 fps.

Performances sur le terrain

Nous avons mis la carte à l’épreuve avec le Nikon Z8, l’un des boîtiers les plus exigeants du marché avec son capteur empilé de 45,7 Mpx, capable de rafales jusqu’à 20 i/s en RAW 14 bits.

Comme d’habitude, nous avons capturé des rafales à 20 images par seconde en RAW + JPEG (Fine ★), en testant deux niveaux de compression des fichiers RAW : sans perte et en compression haute efficacité ★.

En RAW compression sans perte + JPEG Fine ★, à 20 i/s, la carte Pergear a permis d’enregistrer environ… 38 photos avant que le tampon ne sature. Une performance près de deux fois inférieure à ce que l’on constate habituellement avec une carte 4.0

Pire, en RAW compressé sans perte, le Z8 ne peut maintenir sa cadence de 20 i/s au-delà de 84 images. Ces résultats ne sont pas sans rappeler ceux de l’Angelbird AV Pro SX, qui malgré des prétentions élevées, s’était montrée plus que limitée, voire défaillante, en pratique.

Avec 84 clichés consécutifs là où des cartes similaires peuvent atteindre 1000 images, les performances de la carte PerGear sont clairement décevantes et ne la destinent pas à la photo sportive.

Test vidéo

En 8,3K RAW 60 fps, un format particulièrement gourmand avec un débit d’environ 722 Mo/s, la carte n’a tenu que 18 secondes, là où elle aurait dû théoriquement permettre 11 minutes d’enregistrement. Une performance vraiment faible qui s’explique sans doute par une vitesse d’écriture en continu inférieure au débit requis.

Cette durée place la Pergear au niveau d’une carte moins ambitieuse, comme la SanDisk Extreme Pro 512 Go. Pourtant, une carte « seulement » CF 2.0, comme la SanDisk Pro-Cinema 320 Go affichant une vitesse en continu mesurée similaire, a pu tenir sans broncher jusqu’à saturation.

En 4K UHD à 60 i/s, avec un encodage H.265 en 10 bits, la carte permet d’enregistrer théoriquement près de 2 h 05 min. Toutefois, au bout de 10 minutes, un voyant jaune indiquant « carte chaude » s’affiche à l’écran. Et, au bout de 15 min, le voyant passe au rouge, avant que le boîtier ne coupe finalement l’enregistrement après seulement 37 minutes.

Tout cela ne fait donc pas de cette carte PerGear la meilleure alliée des vidéastes, et l’on comprend mieux pourquoi elle ne bénéficie d’aucune certification VPG.

Prix au gigaoctet

Attention, le tarif du stockage peut fluctuer dans le temps, et ces valeurs ont été relevées à la publication du test.

La PerGear Master 512 Go est affiché à environ 169 €, soit environ 33 cts / Go. La version à 1 To est proposée, quant à elle, à 319 €. Un tarif particulièrement agressif qui place le gigaoctet aux alentours de 32 centimes.

À titre de comparaison, une carte CFexpress Type B 4.0 de marque établie comme la Lexar Professional Diamond 1 To était proposée à 1000 € lorsque nous l’avons testée, soit trois fois plus chère que la carte de Pergear.

Le lecteur de cartes CFexpress A/B USB 4.0 est, quant à lui, commercialisé pour 69 €.

Conclusion

Au final, la carte Pergear Master peine à tenir ses promesses. Si les performances mesurées en laboratoire sont plus qu’honorables et presque conformes aux vitesses annoncées par le constructeur, elles ne se vérifient pas en usage réel, que ce soit en photographie ou en vidéo.

Elle ne permet pas de dépasser 100 clichés consécutifs en rafale 20 i/s. On pourrait presque s’en accomoder avec un usage modéré de la rafale, mais en vidéo, cette PerGear montre clairement ses limites. Dans le format exigeant de la 8,3K RAW avec le Nikon Z8, la carte ne peut encaisser plus de 20 secondes d’enregistrement, et moins de 40 minutes en 4K UHD 60 fps.

Ces réserves peuvent être en partie compensées par un très bon rapport qualité-prix. Avec environ 33 centimes le gigaoctet, la Pergear Master 512 Go CFexpress Type B 4.0 est la carte CF-B la plus accessible que nous ayons pu tester – ce qui explique peut-être ces compromis.

La carte PerGear Master 512 Go est proposée au tarif de 169 €.

Test Pergear Master 512 Go : une CFexpress Type B 4.0 déroutante, mais bon marché
Robustesse
9
Performances en laboratoire
9.1
Performances sur le terrain
6
Rapport prix / Go
9.2
Points forts
Très bonnes performances théoriques
Très bon rapport qualité-prix pour une carte 4.0
Points faibles
Performances sur le terrain très éloignées des promesses
Quid de la pertinence de la norme 4.0 ?
Performance en copie continue moindre qu'annoncée
8.3
sur 10