Festival La Gacilly 2022 : cap sur l’Orient

La 19ème édition du festival en plein air est lancée

Du 1er juin au 30 septembre 2022, La Gacilly accueillera la 19e édition de son festival photo. Pour ce nouveau rendez-vous, c’est l’Orient qui est à l’honneur.

Visions d’Orient

Alors que la situation en Afghanistan et en Ukraine demeure incertaine, La Gacilly propose de célébrer la photographie pour sa manière unique de nous rassembler tout en permettant de donner corps à bien des visions du monde. Depuis 2004, la commune bretonne continue d’affirmer son soutien à la photographie contemporaine internationale pour ce qu’elle a de plus singulier et fédérateur.

En mettant l’Orient dans son viseur, le festival désire célébrer son riche héritage culturel, mais aussi sa modernité et sa créativité multiple. Ce sont les photographes d’Iran, d’Afghanistan et du Pakistan que cette 19e édition souhaite particulièrement mettre à l’honneur, récompensant ainsi ceux dont la seule arme est leur appareil photo.

Malaisie. Près d’Ipoh. 1987. Écoliers de la secte fondamentaliste islamique al-Arqam. © Abbas / Magnum Photos

L’Iran dans le viseur

Comment évoquer ce qui fut un jour l’Empire perse sans rendre hommage à son empereur : Abbas. Disparu en 2018, le photographe membre de l’agence Magnum nous a légué des clichés mythiques dès le début de la révolution iranienne en 1979, sans jamais s’y arrêter, lui qui a parcouru le monde pour témoigner de notre rapport complexe à la divinité.

Today’s Life and War, 2008 © Gohar Dashti

Hommes et femmes (véritable défi face à des régimes dominateurs) assurent la relève avec talent. La Gacilly met particulièrement à l’honneur le travail de 2 photographes iraniennes, Gohar Dashti et Maryam Firuzi. Conférant à l’absurde, la première immortalise un couple dans un semblant de normalité en plein territoire de guerre ; la seconde interroge la notion de féminité et ses attributs dans l’Iran d’aujourd’hui.

The lake on its last legs, 2017 © Ebrahim Noroozi

À leurs côtés les images d’Hashem Shakeri et d’Ebrahim Noroozi (plusieurs fois récompensé au World Press Photo Awards) qui proposent deux séries sur l’assèchement climatique vu de l’Orient.

1963/64 © Paul Almasy / Akg-Images

Kaboul, espoirs déçus

Dans un hommage posthume au photographe Paul Almasy, La Gacilly expose ses clichés inédits d’un Afghanistan découvert dans les années 60 aux portes de la liberté et de la modernité.

© Véronique de Viguerie

Messagère de l’espoir et habituée de Kaboul jusqu’à il y a encore un an, Véronique de Viguerie propose des images lumineuses, véritables respirations au-delà d’un quotidien sous les bombes.

Burqa behind the steering wheel © Fatimah Hossaini

Exilée en France, la photographe et activiste Fatimah Hossaini n’en continue pas moins de défendre son pays et présentera sa série Sous le Voile, vision d’une féminité libre et digne.

Plein phare sur l’Afghanistan toujours grâce aux clichés réalisés au prix de sa vie par le reporter AFP Shah Marai. Wakil Kohsar est quant à lui courageusement demeuré au bureau AFP de Kaboul pour témoigner de cette nouvelle réalité à l’amer goût de déjà-vu.

© Shah Marai / AFP

Accompagner l’émergence de la photographie au Pakistan

Si la photographie reste rare au Pakistan, les images de Sarah Caron, photographe française établie au Pakistan depuis 2007 nous donne à voir une mosaïque territoriale et culturelle, entre traditions et modernité. Au Pays des Purs contient aussi l’espoir d’une ouverture à la photographie pour cette terre complexe et fascinante.

© Sarah Caron

Sur la pellicule : le monde de demain

Interroger avec lucidité les enjeux environnementaux et sociaux demeure la raison d’être du festival photographique de La Gacilly dont les mots d’ordre sont : émouvoir, informer et mobiliser.

© Mélanie Wenger

La Fondation Yves Rocher avait lancé une campagne photographique pour le vivant à l’horizon 2024. Un premier chapitre photographié par Mélanie Wenger sur les terres australes et antarctiques sera à découvrir cet été aux côtés des images poétiques du bien connu Bernard Descamps.

Iceland, 2014 © Bernard Descamps

Du Bengladesh au Congo, Gabriela Cecconi et Stephan Gladieu témoignent de la réalité écologique de ces régions soumises à des flux massifs de réfugiés ou à une pollution écrasante devenue portrait dans Homo Detritus. De l’Inde, Money Sharma nous incite elle aussi à regarder dans les yeux le niveau de pollution atteint par les mines de charbon à ciel ouvert.

Kiadi Kibeni, la femme plastique © Stephan Gladieu

Défenseurs du vivant, les photographes exposés à La Gacilly verront leurs images côtoyer celles sélectionnées par Reporter Sans Frontières pour son nouvel album vendu au profit de la liberté d’informer. 100 photographes y partagent leurs photographies d’arbres, emblème d’un éden en extinction.

La Gacilly renouvelle pour cette 19e édition sa résidence Ruralité(s). C’est Jérôme Blin qui a été le second à bénéficier de cette carte blanche offerte par le photographe à la jeunesse locale dont il témoigne de l’exode comme de l’ancrage territorial.

Plus de 320 000 personnes ont répondu présentes en 2021 pour le rendez-vous lancé par le festival. Chacun est cette année encore attendu du 1er juin au 30 septembre à La Gacilly pour ces expositions à ciel ouvert sur entrée libre.

Informations pratiques :
Festival La Gacilly
La Gacilly
Du 1er juin au 30 septembre 2022
Entrée libre, visites guidées possibles
Plus d’infos sur les expositions et la programmation sur le site du festival La Gacilly

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