Depuis 10 ans, la revue 6Mois célèbre le photojournalisme grâce à deux éditions par an. L’année dernière, le titre lançait la première édition de son prix 6Mois du photojournalisme. Le 18 octobre, la seconde édition de ce prix récompensait de 10 000 euros les photographes ayant su conquérir le jury réuni pour l’occasion à la Galerie VU’. Voici les deux lauréats du prix.

Un jeune prix international convoité

Ouvert à l’international, sans limites d’âge, le prix 6Mois du photojournalisme couronne le regard d’auteur que peuvent porter les photographes sur l’actualité contemporaine. Pour cette édition 2021, ce sont 177 candidats originaires de 40 pays qui ont présenté leur travail au jury professionnel. Parmi eux, 12 finalistes natifs du Venezuela, d’Argentine, du Maroc, mais aussi de France, d’Italie, d’Allemagne, du Royaume-Uni, de Géorgie et d’Égypte se sont distingués.

I can’t hear the birds © Fabiola Ferrero

Les grands gagnants ex æquo du prix 6Mois du photojournalisme 2021 sont les photographes Fabiola Ferrero et Seif Kousmate. Tous deux racontent en image le quotidien de leurs communautés, au Maroc pour la série Waha de Seif Kousmate et au Venezuela pour I Can’t Hear The Birds de la photographe originaire de Caracas.

Venezuela, que reste-il ?

Avec ses clichés intimistes, Fabiola Ferrera dépeint au travers des maisons vides, quittées par sa propre famille, la chute de son pays. Ces dernières années ce sont plus de 5 millions de Vénézuéliens qui ont été contraints à l’exil par la crise économique et politique. Journaliste de formation, la photographe adopte ici un point de vue sensible mêlant histoire familiale et actualité : « Je ne me demande pas ce qui s’est passé pour que le pays de mon enfance devienne ce qu’il est aujourd’hui, mais comment cela affecte nos âmes. »

I can’t hear the birds © Fabiola Ferrero

« Je ne me demande pas ce qui s’est passé pour que le pays de mon enfance devienne ce qu’il est aujourd’hui, mais comment cela affecte nos âmes. »

Waha © Seif Kousmate

Avant que le sable n’en recouvre les traces…

Seif Kousmate a lui aussi choisi de présenter un travail riche en sensibilité. Originaire d’Essaouira, le photographe s’attache avec empathie à témoigner de la disparition des oasis marocaines dont les 2/3 ont été victimes du réchauffement climatique. L’effacement de ces zones impacte terriblement la vie des habitants de ces régions, eux aussi poussés à l’exil involontaire. En datant ses images, en y incorporant le feu destructeur ou la peau des palmiers consumés, Seif Kousmate dresse l’inventaire d’oasis entre souvenirs et mirages.

Waha © Seif Kousmate

Les lauréats et finalistes du prix 6Mois du photojournalisme ainsi que les numéros passés et présents de la revue sont à découvrir sur le site de 6Mois.