Depuis 1994, Bayeux accueille chaque année le prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre. Le prix récompense le travail de journalistes internationaux, qu’ils se dédient à la photographie, à la presse écrite comme à la radio ou à la télévision.

Durant une semaine, Bayeux vibre au rythme de l’actualité et célèbre ces hommes et femmes de terrain qui portent jusqu’à nous les nouvelles d’un front où ils risquent bien souvent leur vie.

Pour la remise des prix de cette 28e édition, présidée par Manoocher Deghati, 40 professionnels étaient présents en Normandie les 8 et 9 octobre dernier. L’occasion pour le photojournaliste franco-iranien de rappeler l’importance de ce prix pour le public, mais aussi pour la profession : « Pour nous, reporters de guerre, qui n’avons jamais le temps de nous parler lorsque nous sommes sur le terrain, ce rendez-vous est l’occasion de discuter, de juger, de porter un regard sur notre travail et celui de nos confrères. Ces reportages sont le fruit de nos expériences et les travaux primés les meilleurs de la profession. »

« Ces reportages sont le fruit de nos expériences et les travaux primés les meilleurs de la profession. »

1er Prix catégorie photo – Jury international, Prix Nikon

C’est cette photographie de la révolution du printemps réalisée en Birmanie à Yangon pour le New York Times qui a été récompensé du 1e prix dans la catégorie photo. Le photographe birman ayant réalisé ce cliché est demeuré anonyme pour préserver sa sécurité, un rappel du péril et de la répression de l’armée birmane qui menacent bien des journalistes et militants locaux engagés en faveur de la démocratie.

Protestors Urging Police To Join The People As Thousands Gathered To Demonstrate In Support Of The National League For Democracy And Against The Coup, In Yangon, Myanmar, Anonyme © The New York Times

C’est une première pour le Prix Bayeux de récompenser un photographe anonyme. Durant la cérémonie, lors de l’annonce du gagnant, personne ne s’est levé, mais le photographe anonyme était présent dans la salle.

Le photographe avait d’ailleurs déjà remporté le Visa d’Or du festival Visa pour l’image en septembre dernier. A Visa, il expliquait son anonymat : « En tant que photojournaliste birman indépendant, je risque ma vie pour couvrir la révolution du printemps en Birmanie et la répression brutale de l’armée. Des journalistes ont été poursuivis, plus de 70 ont été arrêtés et certains ont été contraints à l’exil. Sur le terrain, nous avons cessé de porter nos casques marqués PRESSE quand nous nous sommes rendu compte que les militaires ciblaient les photographes. »

Travaillant avec Panos, sa série sur les manifestations birmanes est visible sur le site de l’agence.

2e et 3e prix catégorie photo

Le photographe gazaoui Mohamed Abed s’est vu remettre le second prix à Bayeux. Le photographe de l’AFP couvre depuis de nombreuses années le conflit israélo-palestinien, il avait d’ailleurs été victime d’une balle reçue à la jambe en 2018. Sa photographie 11 jours de bombardements à Gaza récompense son travail de longue haleine.

Le photographe français Laurent Van Der Stockt reçoit la 3e récompense pour ce 28e prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre. Son image intitulée Un mois de soulèvement palestinien avait été publiée dans Le Monde.

Prix du Public, catégorie photo

Parrainé par l’Agence française de Développement, le prix du public a distingué le photographe Abu Mustafa Ibraheem (Reuters) pour sa photographie d’un immeuble de Gaza en proie aux flammes et à la fumée suite à une frappe aérienne israélienne le 12 mai dernier.

Un mois de soulèvement palestinien © Abu Mustafa Ibraheem, Reuters

L’ensemble du palmarès du prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre est disponible sur le site de l’évènement.